À 53 ans, Philippe Martinez prend la succession de Thierry Lepaon à la tête de la CGT. Mais qui est-il ?

Ce mardi 3 février, Philippe Martinez a été élu secrétaire général de la CGT, prenant ainsi la succession de Thierry Lepaon, épinglé pour plusieurs affaires polémiques portant sur son présumé train de vie. Ainsi, c’est ce quinquagénaire moustachu connu pour défendre les valeurs traditionnelles de la CGT  qui a été élu à la quasi-unanimité par le Comité confédéral national (CNN) du syndicat.

Proche du parti communiste

Élu à 93.4%, le nouveau secrétaire général de la CGT présente un profil "d’orthodoxe" pour Libération, tant cet ancien ouvrier automobile n’est pas connu pour son réformisme. Celui qui arbore aujourd’hui de fières bacchantes est entré chez Renault en 1982, dans les ateliers de Boulogne Billancourt. D’abord délégué syndical, Philippe Martinez va suivre le cursus honorum des leaders syndicaux et parviendra à prendre la tête de la troisième fédération de la métallurgie en 2008 (la plus importante de la CGT). Selon plusieurs médias, Philippe Martinez est proche du Parti communiste et incarne le courant d’une "vielle" CGT.

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Du côté de France Tv Info, on assure que ceux qui l’ont fréquenté brossent le portrait d’un stalinien voire d’une "taupe de la place du Colonel Fabien" (siège du PCF ndlr). Toujours selon nos confrères, l’homme a encore sa carte au parti. Cela fait-il de lui un soviétique pur jus ? Rien n’est moins sûr. Excepté son score à rendre jaloux un dirigeant bolchévique, l’homme tient à ne pas mélanger politique et activité. Pour preuve, lors d’une manifestation il a par exemple demandé à l’un de ses camarades d’ôter l’autocollant Front de Gauche qu’il arborait rapporte Paris Match. Idem lorsqu’il s’agit d’évoquer les 120 ans de la CGT. Les partis politiques qui seraient tentés de s’y inviter seront chaudement reconduit à la porte a prévenu ce dernier.  

"Bosseur" et "à l’écoute"

Derrière ce profil autoritariste, se cacherait en réalité un certain sens du compromis chez Philippe Martinez. Cité par Le Figaro, Bernard Vivier (directeur national de l’Institut du travail) écrit quelqu’un d’"ouvert à la discussion" quand Christian Garnier (délégué central chez Alstom) explique sur Europe 1 que le nouveau secrétaire général de la CGT est un homme "capable de déléguer".

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Par ailleurs, ce dernier explique que Philippe Martinez est connu pour être un besogneux, "un gros bosseur". Son projet pour la CGT n’est pas de "réformer" mais de "rectifier" le vieux syndicat a-t-il fait savoir. Reste qu’en interne, son attitude a pu poser problème, notamment à l’égard de Thierry Lepaon qu’il a lâché au dernier moment. "Beaucoup ne l’aiment pas" a confié une source au Figaro. À n’en pas douter, Philippe Martinez, qui souhaite remettre en cause certaines pratiques, devra naviguer en eau agitée. Qu’importe, on le dit adepte du canoë kayak…

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