Inconnu du grand public, Olivier Régis, un ancien banquier passé par le Parti radical et l'UMP, prétend avoir déjà rassemblé les 500 parrainages nécessaires pour se présenter. 

Il a 52 ans, il est simple conseiller municipal à Bezons (Val-d'Oise), et il se lance dans la campagne présidentielle. Jusque-là, rien d'étonnant au vu des nombreuses candidatures que l'on voit tous les jours. Mais Olivier Régis a une particularité : il est, selon ses dires, le premier candidat à avoir atteint, début janvier, le seuil des 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle.

Le fondateur du mouvement Aimer la France, ancien banquier d'affaire, a décidé de rentrer en politique en 2003 après avoir constaté les dérives du système financier. Il s'est engagé au Parti radical puis à l'UMP, et vient de claquer la porte des Républicains. Nous avons pu lui poser quelques questions sur son engagement.

Planet - Pourquoi vous présentez-vous à l'élection présidentielle ?

Olivier Régis : Notre pays a besoin d’idées nouvelles et d’un débat démocratique fort. Les Français sont passionnés de politique mais ne se retrouvent plus dans leurs représentants élus à la tête de l’Etat qui pendant plusieurs années nous ont menés dans le mur en acceptant notamment de voter des budgets en déséquilibre jusqu’à nous imposer une dette colossale qui s’élève à plus 2 200 milliards d’euros aujourd’hui. Ces dernières années, j’ai souvent voulu apporter des propositions issues de mes expériences professionnelles, de mes origines aveyronnaises… de la vraie vie tout simplement. Un jour, un député réélu maintes fois avec qui je discutais de la dette, m’a répondu : "Olivier, la dette on s’en fout !". Non, je suis désolé, la dette, on ne s’en fout pas ! C’est ce qui prive la France de sa souveraineté, de sa liberté d’investir, de grandir, de rayonner, de s’imposer dans le concert des nations ou même au sein de l’Union européenne parfois. Comme de nombreux pères de famille, je ne veux pas laisser cette dette à mes enfants. Il faut agir !

Planet - Comment avez-vous réussi à récolter autant de signatures en étant inconnu ? 

Olivier Régis : L’expérience acquise au Forum pour la Gestion des Villes et des Collectivités Territoriales pendant 12 ans et à travers 300 conférences locales m’a permis de rencontrer de nombreux élus, de comprendre leur quotidien et de constater que bien souvent le bon sens dont ils font preuve dans la gestion de leur territoire est rarement le bon sens appliqué dans les décisions d’Etat. Je pense que les maires adhèrent aux idées pragmatiques et concrètes que je défends, tout simplement… notamment concernant la mesure qui consiste au remboursement de la dette publique et l’investissement dans les territoires.

Planet - Diriez-vous que vous êtes un pragmatique plutôt qu'un idéologue ? 

Olivier Régis : Evidemment, un pragmatique ! De droite ou de gauche ? Je suis avant tout un gaulliste social, fier de mon pays et qui veux redonner cette énergie à la France, aux Français de défendre leurs valeurs, leurs atouts, leurs talents, sans tomber dans la déprime populiste ou extrémiste. En 1944 et 1958, le général de Gaulle a voulu un Gouvernement d’Union Nationale… Dans les moments importants de son histoire, la France s’est toujours mobilisée pour remettre en ligne l’intérêt général, droite et gauche rassemblées. Aujourd’hui nous sommes à un de ces moments historiques si nous ne voulons céder au populisme et aux extrêmes. J’aime la France. C’est d’ailleurs le nom que nous avons donné à notre parti : "Aimer la France". Je veux de l’action, de la concertation, de la solidarité, de l’élan, de l’optimisme pour mon pays.

Planet - Si vous êtes élu président, quelles seraient vos premières mesures ?

Olivier Régis : Il y a deux priorités majeures dans mon programme, l’une sociale et l’autre économique. Tout d’abord, je défends la parité universelle. La parité doit s’imposer à toutes nos institutions. Nous ne pouvons laisser aujourd’hui 50% de la société regarder les hommes décider pour tous ! Pour cela, j’imposerai l’élection de députés en binôme homme-femme (avec la division par 2 du nombre de circonscriptions). 

Concernant la mesure économique majeure, il s’agit du remboursement citoyen de la dette. L’Etat doit aujourd’hui faire face à la réalité et passer par la "commission de surendettement". Chaque citoyen a attaché à lui entre 15 000 et 50 000 € de dette publique accumulée depuis 30 ans. Selon leurs revenus et à taux zéro, les citoyens doivent prendre en charge cette dette pour que nous puissions retrouver notre liberté et notre puissance économique. En contrepartie, l’Etat ne pourra plus s’endetter pour fonctionner. Et les 44 milliards d'euros d’intérêts d’emprunt que nous payons par an actuellement pourront être injectés dans l'investissement sur les territoires. Infrastructures, fibre, aménagement, énergie durable, santé…. nous pourrons ainsi nous mettre à niveau et regagner notre attractivité. Ce remboursement vertueux de la dette publique a également comme objectif de faire baisser les impôts et les charges à moyens terme grâce à une vraie reprise de contrôle de la dépense publique.

Planet - Un ancien banquier qui se présente à la présidentielle contre le FN et la bipolarisation, ça rappelle quelqu'un... n'avez-vous pas peur d'être dans l'ombre d'Emmanuel Macron ?

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Olivier Régis : Nous n’avons pas le même parcours. Fils d’Aveyronnais de Paris, j’ai été élevé dans le monde de la limonade et du café. Rien ne me prédestinait à faire de études et occuper des responsabilités importantes dans la finance ou dans d’autres métiers. Certes, j’ai été banquier mais toujours tourné vers le financement de l’économie publique (vendre de la dette d’Etat, je connais !), mais j’ai également dirigé le Forum pour la Gestion des Villes et des Collectivités Territoriales. Aujourd’hui, je dirige une école qui rattrape les élèves en difficulté que l’Education nationale n’a pas pu aider. Avec mon école et cette candidature, je veux redonner aux autres un peu de ce que la République m’a apporté. 

Planet - En cas de non qualification pour le second tour, appellerez-vous à voter pour un candidat ?

Olivier Régis : Pas de politique-fiction ! En France et dans de nombreux pays démocratiques, les résultats électoraux ont donné la preuve que la surprise est toujours possible !

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