Ancien conseiller économique de François Hollande, Emmanuel Macron a été nommé mardi ministre de l’Economie et de l’Industrie. L’aile gauche de la majorité raille d’ores et déjà l’arrivée de cet ex-banquier qui incarne l’anti-Monteboug.

Bercy a un nouveau chef, bien différent de son prédécesseur. Emmanuel Macron a officiellement pris la succession d’Arnaud Montebourg ce mercredi matin. Nommé la veille au soir, le trentenaire devra donc prendre les commandes de l’Economie et de l’Industrie et ce, en veillant à ne pas aller à rebrousse-poil des orientations de l’exécutif. Sa mission : reprendre la ligne macroéconomique de soutien aux entreprises fixée par François Hollande et s’inscrire dans la politique sociale-libérale défendue depuis plusieurs mois par le président et le Premier ministre.   

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Et si Arnaud Montebourg  n’a pas hésité à monter au créneau contre ses chefs lorsqu’il était ministre, le profil d’Emmanuel Macron laisse présager une meilleure entente.  Enarque brillant, ancien inspecteur des finances et gérant de la banque Rothschild, le patron de Bercy officiait jusqu’à mardi en tant que conseiller économique de François Hollande. A ce titre, il a d’ailleurs prôné une politique de rigueur et de soutien aux entreprises. Il a même été l’un des principaux artisans du pacte de responsabilité défendu par le chef de l’Etat. Et c’est justement pour cela qu’il a été choisi. Pour marquer un virage à 180° avec la ligne de son prédécesseur.

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La consécration d’une "politique plus droitière que jamais"Débarrassé du "Redressement productif" qui collait à l’image d’Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron suscite cependant quelques critiques au sein de la majorité, et notamment de l’aile gauche. Ce choix donne un "affichage (…) de quelqu’un dont le parcours était dans la finance, (…) c’est un symbole regrettable" a en effet raillé le frondeur Jean-Marc Germain. C’est une "provocation évidente", a de son côté estimé le député Laurent Baumel tandis que le patron du Parti communiste Pierre Laurent a regretté que nomination marque la consécration "d’une politique plus droitière que jamais".

"J'entends des critiques, des étiquettes, qui à mon avis sont dépassées, surannées", leur a répondu Manuel Valls dès mardi soir sur le plateau de France 2. Emmanuel Macron est un "beau symbole", a-t-il ensuite affirmé avant de lancer : il est "temps de se rassembler", et de faire "les réformes nécessaires" pour "débloquer le pays".

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"Jugez-moi sur les actes"Mais si l’aile gauche de la majorité ne cache pas sa déception et sa colère, la droite, elle, se frotte plutôt les mains. "Enfin un type à l'économie qui sait comment ça marche !", a en effet salué l'UMP Dominique Dord. "Cette nomination est un signal positif pour le monde des entrepreneurs" et "de nature à rassurer", a déclaré le président du Club des entrepreneurs, Guillaume Cairou. "Il connaît l'entreprise, l'économie de marché et la mondialisation", a également souligné Pierre Gattaz, le président du Medef."Je veux donner de l'oxygène à Bercy, on fonctionnera en équipe, avec Michel Sapin, on aura une voix unique", s’est quant à lui engagé Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoir. "Quand les gens sont de mon avis j'ai l'impression de m'être trompé", a-t-il ensuite confié, reprenant Oscar Wilde, avant de demander : "Jugez-mois sur les actes".

 

 

 

 

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