Un an après les élections européennes, Francetv Info a fait le point sur l’implication des élus français au Parlement. Découvrez les plus assidus et… les plus absentéistes.

Le 25 mai 2014, les élections européennes voyaient pour la première fois le Front national arriver en tête lors d’un scrutin national. Celui qui s’est rebaptisé depuis "premier parti de France" avait envoyé 23 députés au Parlement européen, soit la première délégation quantitativement, devant l’UMP (19) et le PS (13).

Un an après, Francetv Info publie les chiffres de l’implication des députés français sur leur présence dans l’hémicycle et dans les diverses commissions du Parlement européen. Les données proviennent des sites du Parlement européen ainsi que celui de Vote Watch, spécialisé dans le domaine.

Parmi les nombreuses données recueillies, celle du taux de participation aux votes en plénière. Le député le moins présent est Jean-Marie Le Pen, avec seulement 30% de présence, suivi de Renaud Muselier (UMP) avec 59% et de Jean-Marie Cavada (Nous citoyens) avec 72%. A l’inverse, les députés qui ne ratent (presque) jamais les votes en plénières sont nombreux ; presque la quasi-totalité se situe entre 80% et 100% de présence. Ils sont quatre à n’avoir jamais manqué une séance : Arnaud Danjean et Françoise Grossetête pour l’UMP, Jérôme Lavrilleux (ex-UMP), et Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy (PS-PRG).

Europe-Ecologie-Les Verts, le parti modèle

S’agissant du taux de présence en commission, le trio d’absentéistes est Florian Philippot (12%) et Jean-Marie Le Pen (15%) pour le FN, et Jean-Luc Mélenchon (17%) pour le FDG. A l’inverse, les députés qui n’ont manqué aucune commission sont Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy (PS-PRG), Mylène Troszczynski (FN), Karmia Delli (EELV), Dominique Riquet et Jean Arthuis (UDI-Modem) ainsi qu’Eric Andrieu (PS-PRG).

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Concernant les interventions en plénière, on découvre que ce sont les députés de droite et du FN qui sont les plus actifs. Sur les vingt premiers, on compte seulement un député de gauche : Jean-Luc Mélenchon, à la deuxième place (252 interventions). Ce classement révèle aussi que ce sont les partis eurosceptiques qui prennent le plus la parole, à l’image du FDG et surtout du Front national dont 11 membres se situent dans les vingt premières places avec Dominique Bilde en tête (260 interventions).

Les données montrent aussi que le parti dont les membres sont les moins absentéistes en plénière est EELV, ex aequo avec le PS-PRG (95%). Dernier, l’UDI-Modem (89%). En ce qui concerne le taux de présence en commission, EELV est toujours en première place (81%) tandis que le FDG (44%) se situe en bas de classement.

Des chiffres à relativiser

Les séances en plénière sont au nombre de quatre par mois, à Strasbourg. Pour expliquer ce haut taux de présence des députés français, Francetv Info a demandé à l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot son avis sur la question. "C'est facile d'avoir un bon score dans cette catégorie, car cela ne requiert que quatre heures de présence par mois", souligne-t-il.

Pour être rapporteur d’un rapport ou d’un avis, il faut être membre d’un groupe politique. Or, les députés frontistes sont les seuls parlementaires français à ne pas avoir de groupe, faute d’avoir pu s’entendre avec suffisamment d’autres eurosceptiques étrangers. "Tout est fait pour nous empêcher d'exister", peste ainsi le chef de la délégation frontiste, Edouard Ferrand. Ainsi du temps de parole distribué en fonction du poids de chaque groupe politique : là encore, les non-inscrits comme le FN ont très peu d’espace.

En tout état de cause, comme le rappelle le site, ces chiffres font l’impasse sur les réunions, interventions diverses et déplacements dans lesquels l’élu européen exerce aussi sa fonction.

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"De toute manière, qu'est-ce qu'un bon parlementaire ? interroge le chercheur au CNRS Olivier Costa. Jean-Luc Mélenchon est peu présent au Parlement, mais ses électeurs peuvent juger qu'il exerce mieux son mandat en étant sur les plateaux télé à dénoncer l'orientation de l'UE plutôt qu'en étant dans les couloirs de Bruxelles. De même pour le FN, qui se sert du Parlement comme tribune médiatique et dont les électeurs n'attendent pas forcément des amendements. Même chez les députés europhiles et très investis, comment départager un élu qui se consacre beaucoup aux rapports et un autre qui est responsable d'un groupe politique ?"

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