En 1991, Edith Cresson devenait la seule et unique femme à accéder au poste de Premier ministre. Depuis son bref mandat (le plus éphémère de la Ve République), la retraitée de la politique fait peu parler d’elle. 

Les moins de 20 ans ne la connaissent pas, mais les plus âgés s’en rappellent peut-être. Et pourtant, Edith Cresson a beaucoup fait parler d’elle en 1991 quand elle est devenue la première femme à accéder au poste de Premier ministre, sous la présidence de François Mitterrand.

Une chef de gouvernement, contestée et conspuée à l’Assemblée nationale, qui n’aura même pas duré un an à son poste. Au bout de 10 mois, Edith Cresson n’est pas reconduite par le président socialiste qui lui préfère Pierre Bérégovoy. A cette époque, la femme politique avait battu un record d’impopularité (près de 8 Français sur 10 ne lui faisaient pas confiance), notamment à cause de quelques prises de parole polémiques.

Des ennuis judiciaires après son départ de Matignon

Mais François Mitterrand n’oublie pas son ancienne protégée, lui offrant en 1995 un poste à la Commission européenne. A mi-mandat, elle apprend qu’elle est victime d’un cancer, dont elle se rétablira quelques années après. Dans le même temps, elle démissionne de la mairie de Châtellerault (Vienne) dont elle fut le premier édile pendant 14 ans.

Au début des années 2000, les ennuis s’accumulent pour Edith Cresson. Inculpée pour corruption par la justice belge, elle bénéficie d’un non-lieu, mais est condamnée en 2006 par la Cour de justice européenne qui la dispense toutefois de sanction financière. La même année, elle fait partie du comité de soutien de Ségolène Royal, candidate malheureuse à la présidentielle. C’est à ce moment qu’elle décide de publier un livre, Histoires françaises, qui revient sur son expérience en politique.

Elle a été aperçue aux obsèques de Michel Rocard

En 2008, alors âgée de 74 ans, elle décide de ne pas briguer un nouveau mandat à la mairie de Châtellerault. Depuis, l’ancien Premier ministre a disparu de la vie politique, faisant quelques rares apparitions médiatiques. Dernièrement, on a pu l’apercevoir à l’hommage national rendu à Michel Rocard aux Invalides.

Concernant la politique actuelle, et surtout le retour de la gauche au pouvoir, Edith Cresson a donné son point de vue au début de l’année. Interrogée par France 2, elle se disait "inquiète de la situation de la France aujourd'hui, parce que nous avons perdu notre compétitivité et que nous avons eu des entreprises qui ont été vendues à l'étranger". Quant à la politique au sens général, l’ancienne locataire de Matignon considérait qu’elle n’a pas "suffisamment changé". "On gouverne en France de façon particulière, quelles que soient les qualités du Premier ministre, et l'actuel a beaucoup de qualités, mais il est souvent freiné" par le président, affirmait-elle.

L'Etat est toujours à ses petits soins

En février, le site Médiaparta publié un article révélant les privilèges toujours en vigueur pour les anciens présidents et ministres de la Ve République. En ce qui concerne Edith Cresson, on apprenait que la première femme Premier ministre continuait à bénéficier d’une voiture de fonction et d’une assistante. En tout, l'Etat dépense chaque année un peu plus de 40 000 euros pour ses frais.

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Par ailleurs, Edith Cresson est, depuis 2001, à la tête de la Fondation pour les écoles de la 2e chance, qui accueillent des jeunes à partir de 18 ans sortis du système scolaire depuis plus d'un an, sans diplôme et sans qualification.

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