François Hollande s’est emparé de l’affaire du crash du vol AH5017 d’Air Algérie. En seulement cinq jours, le président a multiplié les annonces solennelles et les réunions de crise. Une "super communication" qui suscite quelques interrogations.

Pourquoi s’agite-t-il tant autour de cette affaire ? Souvent critiqué pour sa passivité, François Hollande est depuis quelques jours très actif. Le chef d’Etat s’est en effet emparé de l’affaire du crash du vol AH5017 d’Air Algérie. Depuis jeudi dernier et l’annonce de disparition de l’appareil, le président socialiste a ainsi annulé tous ses déplacements à venir, organisé pas moins de quatre réunions de crise en cinq jours, rencontré personnellement les familles des victimes françaises de ce crash, s’est engagé à faire ramener en France "tous les corps" et ordonné la mise en berne de tous les drapeaux tricolore pendant trois jours. Une succession de décisions qui donnerait presque le tournis.

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Une "super communication" qui intrigueD’autant que même son vocabulaire a été impacté par cette stratégie de communication, la plupart de ces phrases prononcées lors de ces discours commençant par "j’ai décidé…". Tirant toute à la couverture à soi, François Hollande n’a pas non plus laissé son Premier ministre faire la moindre annonce officielle. Au point que certains observateurs se demandent pourquoi le président tient tant à se montrer mobilisé sur cette affaire. "On peut comprendre cet hommage, il a un sens. Mais de là à en faire tout ce qui est fait (…), que le président annule son voyage à la Réunion et aux Comores au motif de cet accident est très étonnant", a ainsi estimé le sociologue Denis Muzert, ce mardi matin au micro de RTL.

Son entourage le défend de toute volonté de récupération politique"Il en va de son devoir de chef de l’Etat, des armées, de la diplomatie et de garant de l’unité nationale d’être en première ligne dans la gestion de cette crise", a de son côté fait valoir l’entourage de François Hollande, le défendant de toute récupération politique. Même son de cloche à l’Elysée, où l’on réfute toute arrière-pensée liée à la cote de popularité du chef de l’Etat, laquelle se trouve en-dessous de la barre symbolique des 25% depuis plusieurs mois. "Le rôle du président est d'être à la fois solennel dans l'expression et proche des victimes, en empathie avec elles", explique également le cabinet du chef de l’Etat.

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"Ce que François Hollande risque d’obtenir…""Je pense que les Français ne sont pas dupes et de cette scénographie", a quant à lui souligné Denis Muzet à propos de l’impact de cette "super-communication". "Loin de crédibiliser la stature présidentielle, ce type de comportement participe au discrédit du politique", a poursuivi le sociologue avant de prévenir : "ce que François Hollande risque d’obtenir, c’est d’être associé à la catastrophe".

 

 

 

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