Invité à "La Nouvelle Edition" de Canal +, Michel Rocard a prodigué ses conseils. François Hollande et Martine Aubry étaient les principaux concernés.

Il ne fréquente plus autant les plateaux de télévision qu’avant. Pourtant, Michel Rocard a encore des choses à dire, notamment à ses anciens collègues. Invité de La Nouvelle Edition mercredi sur Canal +, l’ancien Premier ministre socialiste a été interrogé sur la possibilité de voir François Hollande se représenter en 2017. "Je ne pense ni qu’il le souhaite, ni qu’il le puisse, et moi-même, je lui déconseillerais", a-t-il rétorqué, regrettant par ailleurs que 2017 ne se résume qu’au "nom des hommes", rapporte l’AFP. "Ne se concentrant que sur cela, on perd des éléments de jugement", a-t-il précisé.

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Alors que Martine Aubry sort de son silence de deux ans pour faire part de sa volonté de changer de politique économique, Michel Rocard s’est permis de lui glisser un mot : "Je lui dirais de réfléchir au destin de son père, et d’accepter ce que son père avait accepté et compris, que nous sommes certes dans une économie fort imparfaite, mais de marché, et qui va le rester".

Jacques Delors avait été ministre de l’Économie et des Finances sous François Mitterrand avant de devenir président de la Commission européenne en 1985. À la question de savoir si la maire de Lille se trompe dans ses déclarations, l’ancien Premier ministre répond par l’affirmative.

La sociale-démocratie en progrès

Si François hollande et Martine Aubry ne sont pas dans les bonnes grâces de celui qui a été à la tête du gouvernement de 1988 à 1991, il en est tout autre chose avec Manuel Valls. Il a ainsi reconnu parler "de temps en temps" à son "ami proche". L’actuel Premier ministre n’a jamais caché être issu du mouvement rocardien. Mais pour celui-ci, la nomination de Manuel Valls n’a rien d’une revanche, appréciant toute fois que les "idées social-démocrates sont en train de l’emporter, y compris à gauche".

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Pourtant, Michel Rocard n’est pas forcément des plus optimistes, précise l’AFP. "Le dégât qu’a subi notre pays pour ne pas savoir se réformer est grave", a-t-il estimé. "Nous devons être le dernier pays développé qui n’enseigne pas l’économie à l’école, au lycée", a-t-il dénoncé, regrettant par la même que "le gouvernement (soit) pratiquement interdit de faire des choses à trop long effet".

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