La proposition de loi visant à pénaliser les clients des prostituées sera soumise au vote de l’Assemblée le 4 décembre prochain. Mais la question divise la classe politique : PS, UMP, écologistes, UDI, tous les groupes politiques s’interrogent.

La proposition de loi visant à sanctionner pénalement les clients des prostituées sera soumise au vote de l’Assemblée le 4 décembre prochain. Si la mesure, soutenue par les députées PS Maud Olivier et Catherine Coutelle, ainsi que par l’UMP Guy Geoffroy, devrait largement être adoptée, elle n’en divise pas moins la classe politique, et le débat sur le plus vieux métier du monde agite au sein de l’opposition comme de la majorité.

De nombreuses questions« Plus on s'avance vers le vote, plus on voit des interrogations monter dans chaque famille politique. Les poncifs qui traversent la société sur 'le plus vieux métier du monde' traversent aussi l'institution parlementaire » reconnait ainsi Guy Geoffroy. « Il y a des positions divergentes entre nous sur deux points : la pénalisation du client et la possibilité de régularisation des personnes qui sortent de la prostitution » a expliqué Chrsitian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée. Certains craignent en effet que la sanction des clients ne poussent les prostituées à se clandestiniser encore plus, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’ « une avancée dans la lutte contre la traite des êtres humains ».

Le PS « ultra-majoritaire »Du côté des élus PS, le vote devrait être « ultra-majoritaire » selon Catherine Coutelle, mais des questions sont néanmoins soulevées. « Est-ce que les souteneurs ne vont pas mettre les prostituées dans des caravanes à l'extérieur des villes, dans des appartements où elles n'auront, alors là, plus aucun contact avec les associations ? » s'interroge ainsi Bernard Roman. Les écologistes devraient se prononcer majoritairement contre ce texte. Les députés de Front de gauche devraient eux voter pour, et à l’UDI « la liberté de vote » sera totale.

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Que prévoit le texte ?Le texte prévoit notamment une amende de 1 500 euros, qui pourra être doublée en cas de récidive. Le recours à des prostitués mineurs ou vulnérable, une infraction qui existe déjà, sera lui considéré comme une « circonstance aggravante », et sera passible d’une amende de 45 000 euros, l’éventuelle peine de prison qui pouvait aller jusqu’à 3 ans a elle été supprimée. « Un stage de sensibilisation aux conditions d'exercice de la prostitution » pourra toutefois être « une alternative aux poursuites ».

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