Alors qu'il est candidat à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy ne parvient à trouver une ligne claire concernant l'épineuse question du mariage gay.

En expliquant que François Hollande avait "utilisé des homosexuels contre les familles", Nicolas Sarkozy a réussi l’exploit de provoquer la colère des associations LGBT tout en décevant les associations anti-mariage gay. D’un côté, il a repris le champ lexical favori des militants de la "manif pour tous" qui opposent homosexualité et famille tout en restant flou sur une éventuelle abrogation de la loi s’il était reconduit à la fonction suprême.

En clair, il est dénoncé d’une part pour avoir tenu "des propos clairement homophobes" (SOS Homophobie) et d’autre part pour ne pas avoir su clairement se prononcer contre la loi Taubira. Comment dans sa course à la tête de l'UMP Nicolas Sarkozy se retrouve coincé sur cette question qui divise tant la droite ? Éléments de réponses.

Un thème qui divise l’UMP

Lors des débats portant sur le mariage pour tous, l’UMP peinait à afficher une unité à l’égard de la contestation de cette loi si ce n’est pour s’accorder sur la critique stérile de la forme ou pour dénoncer des mesures qui n’étaient pas inscrites dans le texte présenté par Christiane Taubira (PMA et GPA).

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Plus d’un an après son adoption, les divisions qui minaient l’UMP ne sont toujours pas effacées, loin s’en faut. Ainsi, plusieurs cadres continuent à militer pour une abrogation pure et simple de la loi. Parmi les soutiens de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez et Henri Guaino font partie de ceux qui plaident pour un retour en arrière. Or, pour d’autres, le débat est clos.

Ceux qui ne souhaitent pas l’abrogation

Le problème est le suivant pour Nicolas Sarkozy : ses soutiens ne sont pas tous pour l’abrogation du mariage gay. Parmi les plus emblématiques, Nathalie Kosciusko-Morizet qui s’était abstenue au moment du vote. Ce matin sur BFM TV, elle a indiqué que pour elle, il n’était pas question de revenir en arrière. Du côté de la fidèle sarkozyste Nadine Morano, même son de cloche. L’eurodéputée avait indiqué dès 2013 que l’abrogation de la loi sur le mariage pour tous "ne sera pas la priorité".

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Au sein du parti d’opposition, le député Frank Riester (favorable au mariage gay) a par ailleurs souligné le caractère ambigu des propos tenus par Nicolas Sarkozy sur le plateau de France 2: "il fait une sortie un peu sidérante pour ne pas dire choquante entre homosexuels et familles" a-t-il déclaré. Preuve s’il en est que la position de l’ancien chef de l’État reste pour le moins incomprise dans son camp.

Ne pas se faire doubler sur cette question

Si Nicolas Sarkozy entretient le flou sur le mariage gay, c’est parce que le courant de ses opposants et plutôt bien représenté à l’UMP. En outre, l’un des principaux opposants au mariage pour tous, Hervé Mariton, se trouve candidat face à lui pour la présidence du parti.

Ce dernier n’a d’ailleurs pas manqué de railler le caractère ambivalent de la position de Nicolas Sarkozy à l’issue de son interview sur France 2 : "On a eu droit hier sur le mariage à une réponse particulièrement alambiquée, si quelqu’un a compris quelque chose à la sortie, félicitations !" s’est amusé le député de la Drôme au micro de RMC.

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Ainsi il est question pour Nicolas Sarkozy de ne pas laisser tomber le potentiel électoral des anti-mariage gay ayant pu observer les critiques dont a fait l’objet son autre adversaire, Bruno Le Maire, dans le viseur des associations anti-mariage pour tous qui lui reprochent son abstention lors du vote et sa volonté de ne pas abroger la loi.

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Du coup, Nicolas Sarkozy attend pour se prononcer sur cette question qui divisera immanquablement son camp. Selon son jeune porte-parole Gérald Darmanin, l’ex-chef de l’État pense que c’est une question "trop compliquée pour répondre par oui ou par non". Il n’empêche, il devra à un moment ou un autre trancher sur cette question qui dépasse largement les enjeux liés à la conquête d’appareil.

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