Interrogée sur les débordements constatés en marge de la qualification de l'Algérie, Marine Le Pen a livré son analyse pour endiguer le problème. Pour elle, il s'agit de "mettre fin à la double nationalité".

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Dimanche, au micro d’Europe 1, Marine Le Pen a donné sa version sur les incidents observés en marge de la qualification de l’Algérie. Sa solution, "mettre fin à la double nationalité" et "arrêter l’immigration". Une vraie fausse idée presque aussi vieille que le Front National. Cette proposition fait-elle sens au regard de la situation de notre pays ? Rien n’est moins sûr. Explications.

Quelques chiffres

Pour qu’une telle décision puisse avoir de l’effet, regardons tout d’abord le nombre de binationaux présents sur notre territoire. Pour cela, rien de mieux que l’Ined, l’institut national des études démographiques. Selon l'institution, les binationaux "représentent 5% de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 50 ans".

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Toujours selon cette étude la corrélation "binationalité/rejet du pays" est loin d'être établie. "On observe peu d'impact de la double nationalité sur le sentiment d'être Français. Les immigrés doubles-nationaux se sentent autant Français que ceux qui ont abandonné leur ancienne nationalité (82 % dans les deux cas)" conclut ainsi l'Ined.

À la lecture de cette étude, la motivation même de la proposition de Marine Le Pen se vide de sa substance. Mais ce n’est pas fini.

Est-ce réalisable ?

Comme le rappelle FranceTVInfo, au regard du nombre de cas particuliers, une telle mesure serait très complexe à mettre en œuvre. Premièrement, les conditions d’accès à la nationalité françaises sont nombreuses (droit du sol, naturalisation, mariage, obtention de la nationalité à 18 ans…). Ainsi comment procéder ?

Ceux qui sont nés avant cette loi seraient-ils concernés ? Les binationaux de l’Union Européenne sont-ils assujettis à cette solution ? Si non, sur quels critères juridiques et légaux justifier que la France puisse faire le tri entre différentes nationalités (sans que cela nous soit par exemple reproché par la CEDH) ? Quid des Français qui vivent à l’étranger et qui jouissent de ce statut ?   

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Outre stigmatiser une part de la population comme ceci est dénoncé par SOS Racisme, la proposition faite par Marine Le Pen, élaborée en son temps par son père, relève plus de l’écran de fumée que de la réelle proposition de bon sens.

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