Alain Juppé, François Fillon ou encore Bruno Le Maire ont décidé de s’attaquer au chantier de l’éducation nationale considérée jusqu’alors comme "un bastion" de la gauche.

La couverture du Parisien magazine montrant Alain Juppé sur une table d’écolier avait fait grand bruit. Dans l’hebdomadaire, l’ancien Premier ministre y dévoilait ses mesures pour l’école, consignées dans son livre, Mes chemins pour l’école (aux éditions JC Lattès).

Alors que celui-ci était resté coi lors de la polémique contre la réforme du collège, il annonce vouloir "mettre le paquet" sur l’école primaire et augmenter le salaire des enseignants du premier degré de 10 %. La réforme de l’éducation nationale est même selon lui la "mère de toutes les réformes".

François Fillon et le retour de l’uniforme scolaire

De son côté, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, publie dans Le Point son Manifeste pour la France qui regroupe les cinq grands thèmes qui lui tiennent à cœur. Or parmi la libéralisation de l’économie, le rôle de l’Etat, la maîtrise de l’immigration, et la place de la France dans l’Union européenne, se trouve l’éducation nationale.

François Fillon fait ainsi plusieurs propositions : les chefs d'établissement se verraient confier une large part d'autonomie, le port ou non de l'uniforme scolaire serait fixé par les conseils d'administration des établissements, le baccalauréat ne serait plus "bradé" et les carrières dans l'enseignement seraient mieux rémunérées, tandis que les profs du secondaire seraient incités à enseigner non plus une mais deux disciplines. 

Bruno Le Maire et la sanction des parents

Enfin, pour l’ancien ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, la question de l’école est plus ancienne. On se souvient de ses montées au créneau durant la présentation de la réforme du collège et de son débat télévisuel avec le ministre Najat Vallaud-Belkacem. L’Express a comptabilisé près de quinze interventions sur le sujet, sur son site, pour la période mai-juin.

Mais Bruno Le Maire n’est pas que dans l’offensive, il fait aussi quelques propositions, comme sanctionner les parents qui contestent l’autorité, autonomiser les établissements, ou encore augmenter le temps de travail des enseignants.

Pour la droite, l’éducation n’est plus un bastion réservé à la gauche

Si les trois concurrents à la primaire interne des Républicains en vue de 2017 prennent à bras le corps la question de l’éducation nationale, c’est en partie pour se distinguer de leur principal adversaire, Nicolas Sarkozy. "Avec les magistrats, les médecins et les agriculteurs, les profs font partie des catégories auxquelles Nicolas Sarkozy ne pourra pas s'adresser", analyse pour l’Express un proche de François Fillon, persuadé que ces professions en veulent encore à l'ancien chef de l'Etat.

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Mais cette offensive de la droite dans l’éducation n’est pas anodine. "Jusqu’ici, les socialistes détenaient un magistère moral sur l’école. L’éducation était leur domaine réservé. Aujourd’hui, ils ont perdu la recette", analyse Annie Genevard, député (Les Républicains) et tout juste démissionnaire du Conseil supérieur des programmes qu’elle accuse d’être sous l’emprise idéologique de Najat Vallaud-Belkacem.

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Les candidats de droite ont aussi en mémoire le sondage de l’Ifop paru mi-juin indiquant que seuls 26 % des professeurs seraient prêts à voter pour François Hollande, soit une chute de 18 points en trois ans. Un boulevard pour les trois candidats à la primaire qui entendent cultiver leur "centrisme" contrairement à… Nicolas Sarkozy.

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