Acronyme (DSK, NKM), nom tronqué ou quasiment absent pour les femmes, que signifient les dénominations que les journalistes donnent aux politiques ?

Le journaliste Eric Dupin s’est intéressé à la manière dont ses confrères appelaient les dirigeants politiques et à la symbolique qui se cachait derrière chaque dénomination.

Ainsi fait-il le constat, dans un article publié sur Slate, d’une attitude différente selon qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme. "En presse écrite, par ailleurs, le simple patronyme d’une femme sonne plus bizarrement que celui d’un homme. On écrit plus facilement Hollande que Royal. Comme la trace d’une galanterie d’un autre âge…"

"La presse ne titre jamais sur les frasques de Nicolas ou François"

Cette approche différente aurait même été vue par certains "comme un signe supplémentaire de sexisme". "La presse ne titre jamais sur les frasques de Nicolas ou de François. Elle ne se gêne pas pour se gausser des faits et gestes de Ségolène, Martine, Rachida ou Najat."

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Un article du Figaro Madame s’en était d’ailleurs fait l’écho en mai. Dans le journal, la porte-parole d’Europe-Ecologie-Les Verts, Sandrine Rousseau, auteur d’un Manuel de survie à destination des femmes en politique, qui parle d’une "mise en infériorité" des femmes, explique que "cela arrive quotidiennement".

Pour Eric Dupin, homme ou femme, le constat est le même : "Dès lors qu’on s’intéresse plus aux gens, et à leur vie privée, qu’aux idées, et à leurs convictions, on finit forcément par les appeler familièrement par leur prénom."

NKM, DSK, MAM…

Les acronymes sont également d’usage quand un homme ou une femme politique à un patronyme à rallonge, tels Nathalie Kosciusko-Morizet, Dominique Strauss-Kahn ou encore Michèle Alliot-Marie. En revanche, si Valéry Giscard d’Estaing est encore appelé "VGE", jamais Charles de Gaulle ne fut affublé d’un sigle…

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L’apocope est aussi le moyen de raccourcir un nom de famille dont la sonorité apparaît in fine plus familière. Ainsi, en 2007 a-t-on assisté au duel présidentiel entre "Ségo" et "Sarko", "dans une symétrie sonore réjouissant le cirque politique" raille le journaliste Eric Dupin.

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