Pour 2017, le suspense est total

Pour 2017, rien n'est joué. Les sondages ne révèlent que l'instant présent ; ils ne tiennent pas compte des événements futurs. Actuellement, Alain Juppé fait la course en tête. Jeudi soir, sur France 2, il est apparu solide et bien dans ses bottes. J'ai déjà dit que sa sincérité est peu contestable mais il n'a pas changé. La solidité peut devenir de la rigidité.

C'est certainement le candidat qui aura le plus de mal à modifier son programme en fonction de l'opinion. La question lancinante est déjà dans les tuyaux : ce programme est-il à la hauteur de la situation ? Sur cette question fondamentale, L'Emission politique sur France 2 m'a semblé assez décevante mais ce n'est pas Alain Juppé le responsable.

Aux antipodes d'Alain Juppé, Nicolas Sarkozy est hyper-réactif. Sa brève intervention vendredi sur France 2 bouscule les lignes : il propose d'organiser deux référendums, probablement "d'opinion", l'un sur l'arrêt, momentané, du regroupement familial et l'autre sur les "fichés S" "les plus dangereux". On peut gager sans risques qu'il a d'autres tours dans son sac.

Selon moi, la première conséquence de ces initiatives va être de considérablement renforcer la position de Marine Le Pen. Une partie de la France "catho-progressiste" se prépare à sortir l'artillerie lourde : refuser d'accueillir l'étranger est contraire aux valeurs de la bonne nouvelle de Jésus-Christ. On ne cite personne, mais suivez notre regard. L'intervention de Nicolas Sarkozy enfonce cette ligne Maginot : croire que l'ouverture déréglée des frontières n'est pas la bonne solution est un choix technique et non une option idéologique. Si on ajoute à cela que le programme de Marine commence à être solide et qu'il est amendable, Marine Le Pen peut encore rêver à un triomphe dès 2017. Sinon en 2022 si c'est Alain Juppé qui est élu et s'il se contente d'appliquer son programme actuel.

Et François Hollande ? Faut-il l'enterrer ? Sûrement pas. C'est lui qui a le pouvoir et ce n'est pas lui qui aura des états d'âme pour en abuser, quels que soient les dommages potentiels pour la France. Tout d'abord, il va se déclarer candidat le plus tard possible : cela lui permet d'effectuer déplacements et interventions aux frais du contribuable et hors des comptes de campagne. Il va multiplier les cadeaux électoraux, payables après mai 2017. J'ai déjà dit qu'il ira visiter nos aviateurs pour Noël et qu'il bénéficiera de quelques commémorations électoralement rentables.

Il peut aussi s'agiter sur la scène internationale : les déplacements de Jean-Marc Ayrault à Moscou et Washington sont purement à usage interne. Enfin, il peut surprendre tout le monde par une initiative audacieuse, par exemple en proposant de taxer les multinationales ce qui serait plus crédible que de hurler "mon véritable adversaire, c'est le monde de  la finance !". Il ne faut pas oublier que, même déçu, un homme de gauche reste un homme de gauche. C'est d'ailleurs encore plus vrai pour une femme. A l'heure décisive, c'est le choix du cœur qui s'imposera.  

Et il y a tous les autres. Pour 2017, tout est possible. Les indécis feront la différence. Dans mon livre EXIGEZ La Réforme, ma première proposition était d'arrêter provisoirement le regroupement familial : on en parle. Il reste des dizaines d'autres suggestions à discuter : EXIGEZ d'être écoutés.    

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