L’affaire Cahuzac fait trembler le sommet de l’Etat. Alors que beaucoup se demandent si le gouvernement pouvait vraiment ignorer que l’ancien ministre du Budget possédait un compte à l’étranger, d’autres accusent ouvertement Pierre Moscovici de l’avoir blanchi.

 François Hollande a dénoncé dans une déclaration diffusée hier à la télévision « un outrage fait à la République », beaucoup se demandent aujourd’hui si le président de la République et son gouvernement pouvaient vraiment ignorer la situation. Mais une autre figure est désormais mise en cause : Pierre Moscovici. Le ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac est en effet accusé d’avoir blanchi l’ex ministre du Budget.

« Pierre Moscovici a instrumentalisé l(administration fiscale »Edwy Plenel, fondateur du site Mediapart, lequel avait révélé en décembre dernier l’existence du compte suisse de Jérôme Cahuzac, affirme que Pierre Moscovici « a instrumentalisé l'administration fiscale pour protéger Jérôme Cahuzac ». La cause de ces accusations, le document adressé par la Suisse aux autorités françaises le 31 janvier dernier, attestant que Jérôme Cahuzac n’avait pas détenu de compte bancaire chez UBS entre 2006 et 2013 (les délais de prescription en matière fiscale ne permettant pas de remonter avant 2006). Un document qui fuite dans la presse et prouve ainsi que Jérôme Cahuzac est blanchi. Mais pour Mediapart Pierre Poscovici et l’administration fiscale française seraient allés un peu vite en besogne, aucune demande d’entraide n’ayant alors été adressée à Singapour, où l’ancien ministre du Budget avait transféré son compte.

« Je n’ai pas jamais eu la volonté de blanchir ou d'innocenter Jérôme Cahuzac »Pierre Moscovici se défend pourtant de toute manœuvre visant à blanchir son ministre délégué. « L'administration fiscale a été exemplaire, transparente, volontaire et diligente » a-t-il déclaré mercredi après-midi dans un entretien à l’AFP. « Je n’ai pas jamais eu la volonté de blanchir ou d'innocenter Jérôme Cahuzac ». A l’Assemblée, la séance des questions au gouvernement a elle aussi été source de tourment pour le ministre de l’Economie et des Finances.  « Oui ou non, l'administration fiscale a-t-elle été instrumentalisée pour entraver la justice et étouffer cette affaire ? Oui ou non Pierre Moscovici, ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac, a-t-il voulu le blanchir en utilisant les prérogatives liées à ses fonctions ? » interroge Christian Jacob, président du groupe UMP.

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Le gouvernement dans la tourmente« Si vous voulez à tout prix chercher une mise en cause, je trouve vraiment que vous frappez à la mauvaise porte » riposte Pierre Moscovici. « Nous n'avons rien cherché à blanchir, à couvrir ou à excuser ou à innocenter. Au contraire, cette administration et moi-même avons été constamment au service de la vérité, de toute la vérité. C'est cela que nous avons fait et j'en suis fier ! » Reste que le vent souffle toujours très fort au sommet de l’Etat et fait tanguer le pouvoir : Jean-François Copé réclame un remaniement ministériel, Marine Le Pen elle la dissolution de l’Assemblée.  

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