Nicolas Sarkozy n'a rien compris

Stupéfiant ! Nicolas Sarkozy a eu plus de trois ans pour réfléchir et il est encore convaincu que les Français sont des imbéciles. En 2012, les deux tiers des Français ne se faisaient aucune illusion sur les capacités de François Hollande. Celui-ci a tout de même été élu : cela révélait le rejet viscéral de Nicolas Sarkozy.

Dans son livre, Nicolas croit suffisant de reconnaître des erreurs de "com" alors que c'est le cœur de sa politique qui est condamné. D'ailleurs, tout le monde a bien compris que les "conférences" de Sarkozy sont payées, non pas pour leur intérêt propre, mais pour conforter leur auteur dans son rôle de mercenaire du grand capital.

Tout homme a besoin d'être "reconnu", valorisé. Chez Nicolas Sarkozy, ce besoin naturel est devenu un complexe d'infériorité exacerbé. Certes, page 138, il écrit "Le temps garde la mémoire de l'action et fait disparaître commentaires et critiques". Il ne faut pas s'y tromper : ceci n'est qu'un éclair fugitif de lucidité. Sa vérité est au bas de la page 135 : "Sans doute les innombrables pamphlets qui stigmatisaient ma violence et mon agressivité ont-ils fini par m'inhiber". Ou encore, page 162 : "Ce qui prouve que je suis plus sensible à la critiques des journalistes que je ne veux bien le reconnaître".

Plus de la moitié du livre La France pour la vie est un recueil d'états d'âme, la complainte d'un amoureux éconduit. Mais que veut-il offrir à sa belle, que propose-t-il à la France ?

Il veut encore nous faire croire que  la dette abyssale qu'il a laissée est due à la crise de 2008. Il nous promet monts et merveilles dans les domaines où il n'a absolument rien fait, comme la simplification des normes (page 225) et des contrats ou la limitation du nombre des agents territoriaux (page 221).

Et il y a encore pire : il veut jeter la France dans le lit du capitalisme avare pur et dur comme un amant livre sa maîtresse à plus dépravé que lui-même. Il veut, évidemment, supprimer l'impôt sur la fortune sans rien proposer à la place. Pas un mot pour condamner, ou seulement endiguer, les profits scandaleux des multinationales. Il prône la suppression des 35 heures, et donc des RTT (page 230).

Son credo est clair : "Je crois toujours que la seule façon de gagner plus, c'est de travailler davantage... Travailler plus et travailler mieux seront les deux objectifs prioritaires de notre politique sociale". (page 231)  

Dans le domaine de l'éducation, le projet de Sarkozy serait un désastre assuré. "C'est la raison pour laquelle je crois absolument nécessaire d'augmenter de 25% le temps de présence des enseignants dans les lycées et collèges". (bas de la page 249)  "Il faut donner davantage de responsabilités au chef d'établissement... Le renforcement de l'échelon local" (page 251).  

Redisons-le, si Alain Juppé reste dans le même registre, ce qui semble à craindre, cela ouvrira un boulevard pour Marine Le Pen. Eh oui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, si Marine le voulait, elle pourrait se retrouver au centre dès 2017 ou, au plus tard, en 2022 ; avec une gauche idéologique écartelée entre Christiane Taubira et Manuel Valls et une droite affiliée aux Républicains d'outre-Atlantique, la liberté en moins.

En vidéo sur le même thème :Le mea culpa de Nicolas Sarkozy

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