La ministre de l’Education, invitée sur France 2 mercredi, a répondu sans détours à la tribune assassine de l’ancien président de la République sur la réforme du collège.

"Je n'ai rarement vu une tribune avec autant d'énormités". Najat Vallaud-Belkacem est catégorique en ce qui concerne les critiques de Nicolas Sarkozy sur la politique menée par le gouvernement actuel.

Dans un texte publié mardi dans le Figaro, l’ancien président avait égratigné les programmes de l’Education nationale : "Sans cap, sans politique et sans vision, l’Education nationale a erré pendant quatre ans, de ministre en ministre et de réforme en réforme (…) Désormais, l’école n’est plus chargée de transmettre des savoirs et de former des esprits - nos pédagogues ont décidé que l’élève devait construire lui-même son savoir - mais de promouvoir des ‘activités ludiques et citoyennes’! ".

Il a enfin estimé que "l’école que chacun rêve de voir sanctuarisée a été transformée imperceptiblement en un lieu d’expérimentation sociale dont les parents et les enfants sont en réalité les cobayes".

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La réponse de Najat Vallaud-Belkacem

Une tribune assassine à laquelle la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem a vivement répondu sur France 2, mercredi. "(L’ancien président, ndlr) remet en cause la réforme des rythmes scolaires, en disant c’est affreux de laisser des enfants avec des animateurs non formés, en parlant du périscolaire", a expliqué la ministre.

Pourtant "Nicolas Sarkozy, c’est celui qui a supprimé la formation des enseignants (…) Donc qui a envoyé, lui il trouvait ça tout à fait normal, des enseignants sans aucune formation dans les classes", a-t-elle argué.

"De qui se moque-t-on ?"

Elle poursuit : Nicolas Sarkozy "dit, c’est terrible, parce que ces dernières années le nombre d’heures de français à l’école primaire, là où on apprend les fondamentaux, n’a cessé de se réduire, c’est scandaleux.".

"Mais Nicolas Sarkozy, c’est celui qui a fait la semaine de quatre jours, c’est-à-dire qui a supprimé une matinée à l’école primaire, c’est-à-dire une demi-journée où on apprenait justement du français. (…) Mais de qui se moque-t-on ?", s’est-elle indignée.

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"Il raconte des bêtises sans nom, par exemple sur l’histoire, quand il dit que dans les nouveaux programmes on a fait disparaître la chronologie. Non seulement c’est faux, mais c’est ce qu’il avait fait lui", a-t-elle rappelé.

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