Ce lundi, Nathalie Kosciusko-Morizet a déploré des cas d'élèves en retard du fait de la prière matinale à Mulhouse. Des accusations approximatives. Le gouvernement et Rachida Dati demandent des précisions.

Ce lundi 2 février, Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré sur BFMTV que des enfants arrivaient "tous les jours en retard" à l'école, à cause de la prière. Des faits que le maire de Mulhouse lui a rapportés. Appuyée depuis par l'élu de Mulhouse, Jean Rottner, qui a confirmé les propos qu'on lui prêtait, NKM s'est vue adressée des critiques au sein du gouvernement et même de l'UMP.

Musulmans de France : la nouvelle polémique"Le maire de Mulhouse me dit que, dans sa ville, des dizaines d'enfants arrivent tous les jours en retard à l'école parce qu'ils sont à la prière", à déclaré NKM au micro de BFMTV (voir la vidéo ci-dessous). Sans en dire davantage, la numéro deux du parti lance cette accusation, fruit d'une nouvelle polémique à l'égard des musulmans de France. Interrogé plus tard par la chaîne, le maire de la ville a confirmé la déclaration de NKM. "Il y a effectivement des retards qui sont causés, pour quelques enfants, par des parents qui font le choix d'aller d'abord à la prière", a soutenu Jean Rottner, un peu plus mesuré. Plus tard, lorsque l'AFP lui demande le nombre de cas de retard, le maire n'a pas su donner de chiffres. "La question c'est : les règles de la République sont-elles respectées ?", s'est contenté de répondre l'élu.

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Des déclarations imprécises et critiquéesLes propos ont d'abord été critiqués sur Twitter. En effet, des internautes ont relevé que la prière du matin devait se faire à l'aube, donc qu'elle n'était en aucun cas inconciliable avec les horaires de l'école. Des explications appuyées par le président de l'Association des musulmans d'Alsace, au micro de BFMTV une nouvelle fois : "c'est faux, pour la simple et bonne raison que la prière est fixée à 7 heures moins le quart ici à Mulhouse, l'école est à 8 heures", a déclaré Zaoui Mafoudi. Remontées jusqu'au gouvernement, les approximations de NKM ont poussé la secrétaire d'Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l'Autonomie, à réagir. Des faits qui "ne sont pas exacts" d'après Laurence Rossignol, qui ajoute : "dans ces sujets là, il ne faut surtout pas se lancer dans des extrapolations, des histoires, des 'on m'a dit que'". L'opposition a également pris des précautions, Rachida Dati a demandé à sa consœur de "préciser ses propos". "Si ce n'est pas le cas, il faut faire très attention", affirmait-elle sur BFMTV.

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