Marine Le Pen était la semaine dernière au Canada. Un voyage officiel au cours duquel la présidente du Front National a essuyé les déconvenues et dû se contenter d’un accueil très froid, pour ne pas dire glacial. Retour sur ces quelques jours. 

Marine Le Pen se souviendra sans doute longtemps de son voyage au Canada. Accompagnée de son conseiller Sébastien Chenu, la présidente du Front national y était la semaine dernière. Un voyage officiel qui a pris des allures de voyage cauchemar.

Le maire de Québec a refusé de la rencontrerLoin de recevoir un accueil chaleureux lors de son arrivée à Québec, la leader frontiste a d'aobrd essuyé le refus de Régis Labeaume, le maire de la ville à qui elle avait demandé une audience, rapporte Paris Match. "Il n’en est pas question. Ces partis d’extrême droite qui pullulent en Europe, je trouve ça dangereux", a argué l’édile. Un premier refus suivi des réactions hostiles de manifestants venus scander "raciste, facho ! Tolérance zéro !" ou encore "Québec emmerde le Front national" au nez de Marine Le Pen.

La presse s’en est pris à elleLoin de se laisser déstabiliser, elle a ensuite opposé un "allez prendre une douche, les enfants. C’est l’heure d’aller au lit !", avant de s’en prendre à la politique migratoire du pays. Dénonçant le récent accueil de quelque 25 000 réfugiés syriens, la présidente du FN a raillé : "Je dis tout haut ce que beaucoup pense tout bas. Mais je n’ai pas besoin de l’oligarchie pour m’adresser au peuple et lui dire les vérités qu’on lui cache. On n’est pas chez les Bisounours ! (…) Ne parlez pas d’immigration choisie. Vous dires que ces gens-là s’intégrent ? Attendez de voir… L’Etat islamique infiltre les terroristes au travers des migrants".

Des critiques qui n’ont pas plu à la presse. "Toxique", "radioactive", "infréquentables", étaient les termes employés par les presse à Montréal, rapporte encore Paris Match qui précise que le quotidien Le Devoir a même publié "une caricature de Marine Le Pen, valise à la main, encerclée par des barrières sur lesquelles on peut lire ‘Danger – Quarantaine’". Outre les titres peu flatteurs de la presse, à Montréal, la leader frontiste a également dû composer avec l’annulation de la chambre qu’elle avait réservée au Mariotte Château Champlain. Effrayé par les remous qu’elle suscitait, l’hôtel a en effet préféré annulé sa réservation pour deux nuits. Autre déconvenue dans cette ville : sa visite au siège social du constructeur canadien d’avions et de trains, Bombardier, qui a elle aussi été annulée à la dernière minute.

Sa réservation d’hôtel a été annuléeSi bien que la présidente du FN en a été "réduite à faire la tournée des plateaux de radio et de télévision", souligne l’hebdomadaire. "Par ces gestes, c’est non seulement la démocratie, mais la liberté d’expression qui est en jeu. Pas plus au Québec qu’en France, Marine Le Pen ne cédera aux intimidations", a ensuite commenté le FN dans un communiqué.

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A ces déconvenues locales, s’en sont ajoutées d’autres, familiales, cette fois-ci. Son père, Jean-Marie Le Pen, avec qui elle est en froid depuis l’année dernière a en effet essayer de lui porter un nouveau coup en annonçant la création de comités "Jeanne d’Arc, au secours !", tandis que sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen a tenu des propos polémiques après les attentats de Bruxelles. Selon la députée FN, ces attaques n’auraient "probablement pas eu lieu si le FN avait été au pouvoir".

En vidéo - Une journaliste dézingue Marine Le Pen à la télévision québécoise