La présidente du Front national est fortement pressentie pour accéder au second tour de l’élection présidentielle en 2017, mais sa course pourrait être semée d’embûches.

Même ses adversaires le reconnaissent : oui, Marine Le Pen est pratiquement assurée d’être au second tour lors de l’élection présidentielle de 2017. Invité samedi dernier à On n’est pas couché, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a été formel : "Le Front national sera au second tour de l’élection présidentielle." Même avis pour le centriste Hervé Morin, qui a déclaré lundi sur France 2 que "pour l’instant, très clairement, Marine Le Pen est au second tour." "Ne vous préoccupez plus de François Hollande. Ils sont finis, ce n'est pas rattrapable.", a même lancé samedi Nicolas Sarkozy en faisant des Républicains "la seule alternative au FN".

Marine Le Pen : "Je ferai tout pour que cela arrive"

Il est vrai que les enquêtes d’opinion en général sont plutôt flatteuses pour le FN mais pas seulement. Le Journal du dimanche a récemment fait sa Une avec un sondage choc : un Français sur trois (31 %, soit 4 points de plus que l’année dernière) serait prêt à glisser un bulletin "Marine Le Pen" en 2017.

Du coup, Marine Le Pen – si elle n’en était pas déjà persuadée – se voit de plus en plus passer le premier tour. "Je me vois au second tour de la présidentielle et je ferai tout pour que cela arrive.", a-t-elle déclaré dimanche dernier dans l’émission "C politique" sur France 5. Et l’eurodéputé a même émis le souhait de voir comme concurrent Alain Juppé, "chaînon manquant" entre les Républicains et le PS.

Comme un avant-goût de la présidentielle, Marine Le Pen s’est offert le 7 octobre un échange viril avec François Hollande dans le Parlement européen, traitant ce dernier de "vice-chancelier" d’Angela Merkel. Piqué au vif, le président a lancé une charge contre "le souverainisme" mais a fait du même coup de Marine Le Pen son opposante privilégiée.

Le FN n’a pratiquement aucun obstacle en vue de la présidentielle

Pour le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite, Marine Le Pen n’a pas vraiment d’obstacles devant elle avant l’élection présidentielle. "Peut-être les procédures judiciaires en cours (sur le financement du FN, NDLR)", concède-t-il à Planet.fr sans trop y croire. "De plus, ce qui est nouveau pour la prochaine élection présidentielle, c’est que le nombre de parrainages nécessaires pour se présenter semble acquis pour le FN après son bon score aux municipales.", explique-t-il.

Bien que Jean-Yves Camus se garde de pronostiquer l’arrivée de Marine Le Pen au second tour, le politologue balaie les possibles embûches sur le chemin de la présidente frontiste. Les frasques de Jean-Marie Le Pen ? "Je pense que le plus dur a été son éviction et qu’il ne fera pas de candidature surprise." ; une candidature concurrente de Nicolas Dupont-Aignan alors ? "Je ne pense pas non plus. Le président de Debout la France, contrairement à Marine Le Pen, souffre d’un déficit de notoriété et, eu égard à son passif, il est toujours considéré comme un homme de droite.", soutient le spécialiste de l’extrême droite.

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Reste le score du Front national aux régionales, où Marine Le Pen est candidate dans le Nord, qui pourrait entamer sa crédibilité en cas de défaite. "Mais là encore, tout dépend de la manière dont elle aura été battue. Si c’est « à la loyal », c’est-à-dire dans une triangulaire, ou bien à la faveur d’un désistement socialiste ou de la droite.", explique le politologue. Réponse en décembre prochain…

Vidéo sur le même thème : Marine Le Pen tacle François Hollande : elle s'explique sur LCI

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