Alors que s’ouvrait le procès de l’affaire des "mariages chinois", l’ancien édile de Tours a été retrouvé mort par la police, ce mardi matin. Retour sur cette figure emblématique d’Indre-et-Loire.

Né à Tours en Indre-et-Loire le 11 septembre 1947, d’une mère préparatrice en pharmacie et d’un père pâtissier, Jean Germain était titulaire d’un doctorat en droit. Il a par la suite été maître de conférences en droit constitutionnel et en finances publiques. Le professeur a ensuite été nommé président de l’université François-Rabelais de Tours en 1988 avant de devenir inspecteur général de l’Education nationale en 1993, comme le souligne Metronews.

Une figure emblématique de Tours

Père de deux enfants, Jean Germain a commencé sa carrière politique deux ans plus tard en se présentant aux élections municipales de 1995. Il avait réussi à prendre la place de l’ancien ministre gaulliste, Jean Royer, maire de Tours depuis 36 ans. Jean Germain occupera cette fonction pendant trois mandats avant d’être battu aux dernières municipales par le candidat UMP Serge Barbary. L’ancien maire de Tours était sénateur d’Indre-et-Loire depuis 2011. Il était également vice-président de la Commission des Finances. Lors de l’élection présidentielle de 2007, il avait apporté son soutien à Ségolène Royal. Avant de soutenir François Hollande en 2012 qu’il conseillait sur les questions d’éducation.

Lire aussi - Procès des "mariages chinois" : accusé, l'ancien maire est retrouvé mort

Jean Germain avait cependant suscité plusieurs polémiques. En 2013, il cumulait deux mandats et plus de dix fonctions, ce qui faisait de lui le second édile français cumulant le plus de mandats et fonctions, d’après L’Express. En 2013, il avait été mis en examen pour l’affaire des "mariages chinois". Il devait comparaître ce mardi devant la cour pour "complicité de prise illégale d’intérêts et détournement de fonds". Son corps a été retrouvé sans vie ce mardi matin après la découverte d’une lettre d’adieu. Dans cette dernière, il expliquait : "Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à tous ceux qui m'aiment. Mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement, quotidiennement. Il est des êtres, j'en suis sûr, pour lesquels l'injustice et le déshonneur sont insupportables. Soyez sûrs que je n'ai jamais détourné un centime, que je ne me suis pas enrichi, que j'ai toujours œuvré pour ce que je pensais être le bonheur des Tourangeaux. Je laisse ce courrier à mes proches, qui, je l'espère, pourront comme ça comprendre".

Ami proche de François Rebsamen et de Manuel Valls

Publicité
François Rebsamen s’est dit ému du suicide de son ami très proche, comme le rapporte Le Lab. Il a rendu hommage au "camarade", qu’il a connu dans les rangs du parti socialiste, qui "symbolisait l’honnêteté". Le ministre du Travail a déclaré : "Je suis persuadé qu’il a été victime d’une manipulation, d’un règlement de comptes, de ragots". "C’était un honnête homme, quelqu’un qui était d’une intégrité totale", a-t-il ensuite ajouté. Le Premier ministre a également fait part de sa tristesse : "Je perds un ami, nous étions très liés. Je pense à lui, c'est un jour très triste". Manuel Valls a quant à lui salué la mémoire d'un homme "extraordinaire" qui "portait en lui une part de cette douceur du centre de la France".

Vidéo sur le même thème : Mort de Jean Germain: "le suicide ne fait pas de doutes", estime le procureur