Sur décision de Manuel Valls qui évoque une "ineptie ubuesque", le coût de la protection des personnalités politiques est pointé du doigt. L’ancien ministre Michel Charasse s’est vu retirer trois policiers qui étaient chargés de sa protection.

Il n’y a pas de petites économies. Les restrictions sont à l’ordre du jour. La réforme de la protection rapprochée des politiques parait engagée. Depuis plus d'un mois, Michel Charasse, membre du conseil constitutionnel et ancien ministre du budget sous Mitterrand, s’est vu retiré les trois policiers chargés de sa protection. Cela faisait plus de vingt ans qu’ il était accompagné de cette escorte.

Qui finance ?

La cour des comptes estime qu’un un policier du SPHP (service de protection des hautes personnalités), coûte environ 71000 par an à l’Etat (au contribuable), hors salaire.  Le SPHP créé en 1935 (anciennement SVOSHP) comprend près de 770 policiers et manquerait d’effectif. En juin 2010, un rapport de la cour des comptes mentionnait parmi les personnalités bénéficiant de cette protection : Jean Pierre Raffarin, Charles Pasqua, Bernadette Chirac, Ségolène Royal, Ingrid Betancourt ou encore Laurence Parisot. Aucun membre de la famille de François Hollande ne bénéficie des services du GSPR, groupe de sécurité attaché au SPHP. Par tradition française, les anciens Premiers ministres et ministres de l’Interieur peuvent en bénéficier, et cela, à vie.

Des dérives

L’UCLAT (unité de coordination pour la lutte antiterroriste) détermine sur une échelle de 1 à 4 la menace et assigne le nombre d’agents mis à la disposition de la personnalité. Il existe des passe-droits pour les amis des ministres et du président. Nicolas Sarkozy, alors en fonction, avait détaché des officiers pour la sécurité de sa mère "Dadu". En avril 2013, l’escorte du fils de Valérie Trierweiler avait fait scandale. L’Elysées avait réagi immédiatement : “Il y a de bonnes raisons pour que le fils de Mme Trierweiler soit suivi par des policiers. ’étendre sur le sujet.”

Quand on sait que l’ancien président Nicolas Sarkozy bénéficie d’une équipe de 9 policiers d’élite, la note peut paraître lourde.

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"La fonction exige un véritable travail d'équilibriste entre la mission de protection et celle de domestique", estime Gérard Desmarets, auteur d'un Manuel de la protection rapprochée.Frederic Lagache, secrétaire national du syndicat de police Alliance avouait déjà en mai 2009 : "certains de mes collègues disent qu'ils doivent sortir le chien, acheter la baguette ou conduire Madame faire son shopping". Le cas de Michel Charasse était déjà cité. La Cour estimait que sa protection n'était "pas justifiée par un niveau de menace suffisant".

D’après RTL, Manuel Valls souhaiterait poursuivre ce "grand nettoyage".

 

©PATRICK KOVARIK / AFP

Ci-dessous, la vidéo du lapsus de Manuel Valls sur le retour de la droite 

 

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