Pourtant de bords politiques différents, l’ancien président de la République et l’actuel Premier ministre sont souvent comparés. L’occasion de se pencher sur ces points qui les font se ressembler. 

"On le compare à Sarkozy. Sarkozy, lui, est intelligent. Pas Manuel". Voici ce que Pierre Moscovici aurait récemment lâché à propos de son ancien collègue au gouvernement, d’après les bruits de couloirs compilés par Anna Cabana, dans son livre à paraître le mois prochain et dont le JDD se fait l’écho cette semaine.

Une déclaration qui illustre, une fois encore, les relations tendues entre le chef du gouvernement et l’ancien ministre de l'Economie, et qui rappelle également la comparaison que l’on fait souvent entre Manuel Valls et Nicolas Sarkozy. En effet, depuis que le socialiste a été nommé Premier ministre, son parcours et son attitude sont souvent comparés à ceux de l’ex-locataire de l’Elysée.

Ils ont tous les deux commencé tôtLe premier point commun qui apparaît entre les deux hommes est le fait qu’ils ont entamé très tôt une carrière politique. Ils ont "en commun d'être des apparatchiks déguisés en rénovateurs. En apparence, l'un et l'autre ont eu l'air d'hommes neufs, de transformateurs de la vie politique. Mais en réalité, l'un et l'autre ont commencé extrêmement tôt, extrêmement jeunes, une carrière d'apparatchiks dans leurs partis respectifs", expliquait le politologue Thomas Guénolé au Figaro.

La même stratégie de surmédiatisationL’autre point commun entre Nicolas Sarkozy et Manuel Valls réside en leur stratégie de surexposition. Tous les deux passés par la case ministre de l’Intérieur, ils ont profité de ce mandat pour multiplier les déplacements sur le terrain, les interviews et les rencontres. "Comme Nicolas Sarkozy lorsqu'il occupait la fonction, Valls est devenu populaire en multipliant les déplacements sur le terrain pour donner aux Français l'impression d'agir sur tous les fronts", écrivait Le Point il y a trois ans. Tous les deux usent de la même "tactique de la sidération médiatique, précisait de son côté Thomas Guénolé. Cela consiste à occuper les médias tous azimuts moyennant un matraquage de slogans (…) Cependant, depuis sa défaite de 2012 Nicolas Sarkozy a rompu avec cette tactique pour passer à la ‘méthode Pilhan’ plus classique de la parole volontairement rare pour rester précieuse".

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"Ils incarnent tous les deux l'autorité"Outre leur rapport aux médias, l’actuel chef du gouvernement et le patron du parti d’opposition partagent également une certaine incarnation du pouvoir. "Ils incarnent tous les deux l'autorité", écrivait Le Point. Le magazine poussait même la comparaison jusqu’à voir en eux la même "virilité républicaine" : lorsque le socialiste "marqu(ait) un taureau au fer rouge (…) en Camargue" en 2013, ou quand Nicolas Sarkozy "montait un cheval aux Saintes-Maries-de-la-Mer devant une charrette de journalistes" en 2007.

"Ils ont une posture bonapartiste de chef martial et autoritaire, d’homme providentiel volontariste, de combattant solitaire au service du peuple cerné par les immobilismes et les conservatismes », avançait quant à lui le politologue auprès du Figaro. Le spécialiste soulignait cependant que "c’est en partie une imposture".

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Leurs moitiés artistiques Dans leur vie personnelle, Manuel Valls et Nicolas Sarkozy ont aussi un point commun. Tous les deux sont en effet mariés à une artiste : Carla Bruni est auteur-compositeur, tandis qu’Anne Gravoin est violoniste.

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