Sur le plateau de BFM TV lundi 22 septembre, Marine Le Pen a salué les "débuts remarquables" des maires FN. Planet.fr fait le tour des villes frontistes pour vérifier ce constat. Cette semaine : Le Pontet.

L’élection du maire FN du Pontet (Vaucluse) a été annulée ce jeudi 16 octobre. C’est donc la fin (pour le moment) pour Joris Hébrard qui devra se représenter devant les électeurs s’il veut être réélu. Dès le 4 avril, la très courte victoire du maire frontiste avait été contestée par Claude Toutain, son opposant UMP qui dénonçait plusieurs irrégularités. Parmi celles-ci, la distribution de tracts à la veille du second tout "afin d'empêcher les adversaires d'y répondre" explique l’avocat de ce dernier ou encore des "listes d’émargement litigieuses".

Ce sont ces listes qui ont porté préjudice à Joris Hébrard dans la mesure où sur celles-ci, dix-sept signatures "ne semblent pas être apposées par la même main entre les deux tours" a précisé Philippe Parisien, le rapporteur public de la décision de justice.

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Mais depuis son élection, de nombreuses critiques sont venues émailler son court mandat. De l’élection à son annulation, Planet.fr dresse les polémiques qui ont vu le jour depuis sa prise de fonction.

La hausse de ses indemnités

C’est la première polémique, et non des moindres, qui a émergé dans cette ville de 17.000 habitants. En cause, l’augmentation de 44% de son salaire pour des indemnités à 3281 euros brut par mois. L’enveloppe consacrée aux adjoints et conseillers municipaux avait elle aussi augmenté de 9%. Le jeune élu de 31 ans avançait l’argument d’une rémunération "anormalement basse" qui suffisait à son prédécesseur cumulard mais non à lui.

Finalement, cette mesure a été retoquée en août par la préfecture du Vaucluse qui l’a jugée contraire au code des collectivités territoriales. Un camouflet pour Joris Hébrard qui, au mois de juin, créait une polémique toute aussi symbolique : la suppression de la gratuité dans les cantines.

La suppression de la gratuité de la cantine

"Les petits cours d'eau font les grandes rivières" disait Joris Hébrard pour justifier la fin de la cantine gratuite pour les familles les plus démunies. Selon lui, cela permettrait de faire des économies à hauteur de 30.000 euros. Il n’en fallait pas moins pour que son opposant, Claude Toutain, mette le doigt là où ça fait mal.

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"On touche les familles les plus défavorisées, monoparentales, les gens au RSA ou en fin de droits au chômage, alors que le maire s'est octroyé une augmentation de salaire de 44%, soit 1000 euros, qui aurait permis de financer 500 repas par mois" s’insurgeait alors le leader de l’opposition. Une décision symbolique, rappelant celle de Robert Ménard sur la garde d’enfants de chômeurs, qui précédait alors une autre mesure tout autant controversée.    

Quand la mairie lâche le Téléthon

Vendredi 29 septembre, Le Dauphiné Libérénous apprenait que la commune dirigée par Joris Hébrard se désengageait du Téléthon. C’est par mail que la mairie a prévenu l’association La Goutte de Sang ponténienne qui organise cette manifestation depuis 10 ans. Voici ce qui y était écrit : "Suite à votre demande, nous vous faisons part que la municipalité ne souhaite pas s’engager pour la manifestation du Téléthon 2014.Toutefois, si votre association souhaite participer au Téléthon, les installations pourront être mises à  votre disposition (sans apport humain, ni financier)".

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Pour justifier cette mesure, l’édile mettait en avant l’état désastreux des finances de la ville. Un constat pour le moins réaliste dans la mesure où la commune compte près de 50 millions de dette. Le coût de la participation était estimé à 20.000 euros par le directeur de cabinet du maire cité par Le Lab. C’est beaucoup, mais sans doute moins que le recrutement de 6 policiers supplémentaires comme l’avait alors prévu Joris Hébrard.

L’annulation de l’élection

Ce jeudi 16 octobre, le tribunal administratif de Nîmes a annulé l’élection du maire FN. Malgré cette décision administrative pointant des irrégularités, le désormais ex-édile frontiste ne désespère pas et compte bien récupérer son siège de premier magistrat de la ville. En effet, Le Monde indique que, dans un premier temps, il va saisir le conseil d’État pour contester l’annulation de son élection.

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En cas d’échec, il se représentera avec le soutien des cadres frontistes qui, eux, ne doutent pas de sa réélection. Son opposant, Claude Toutain, a d’ores et déjà fait savoir qu’il comptait rassembler les forces politiques hostiles au FN pour ne présenter qu’une seule liste face au maire sortant. Dans ce cas, ça pourrait devenir compliqué pour Joris Hébrard. En mars dernier, il avait gagné de quelques voix et de surcroît, dans une triangulaire…

 

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