Lors d’une interview accordée au Point la veille de sa nomination à la tête de Bercy, Emmanuel Macron s’est déclaré favorable au fait d’autoriser les entreprises à "déroger" aux 35 heures sous réserve d’un accord entre leur direction et de leurs organisations syndicales.

Des déclarations qui font l’effet d’une bombe dans l’aile gauche de la majorité. Au cours d’un entretien donné au Point lundi, soit la veille de sa nomination au gouvernement, et publié ce jeudi, Emmanuel Macron a déclaré qu’il souhaitait que les entreprises puissent "déroger" aux 35 heures si un accord entre la direction et les organisations syndicales parvient à être trouvé. "Nous pourrions autoriser, les entreprises et les branches, dans le cadre d'accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. C'est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à conditions qu'il y ait un accord majoritaire avec les salariés?", a en effet expliqué le nouveau ministre de l’Economie.

Une idée "difficile à expliquer et à porter, spécialement à gauche"A quelques heures de l’annonce officielle de sa participation au gouvernement Valls II, l’ancien gérant de la banque Rothschild n’a pas hésité à détailler son souhait. Conscient que cette idée est "difficile à expliquer et à porter, spécialement à gauche", Emmanuel Macron a toutefois assuré qu’une telle mesure permettrait, selon lui, de "sortir de ce piège où l'accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas". Fort de ses propos, celui qui a succédé à Arnaud Montebourg a poursuivi en développant : "là où être socialiste consistait à étendre les droits formels des travailleurs, la réalité nous invite à réfléchir aux droits réels de tous, y compris et surtout de ceux qui n’ont pas d’emploi". Et le ministre d’insister : "La clé de la relance, en France, est de libérer les énergies pour créer de l’activité".

"Monsieur Macron est là pour détruire ce qu'à fait la gauche avant lui"Une prise de position qui n’a pas manqué de faire bondir l’aile gauche de la majorité. "Monsieur Macron fait du Gattaz, c’est révoltant", a en effet raillé Alexis Corbière, le secrétaire général du Parti de gauche, au micro de RMC ce jeudi matin. "Monsieur Macron est là pour détruire ce qu'à fait la gauche avant lui", a-t-il vivement regretté, faisant référence à la loi sur la réduction du temps de travail de l’ex-ministre Martine Aubry. "S'il est décidé d'allonger la durée du temps de travail, vous n'avez pas le choix sinon vous perdez votre emploi, juge-t-il. Il fait mener une bataille politique contre ce gouvernement", a-t-il ensuite fulminé.

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En octobre 2012, Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, avait lui aussi évoqué les 35 heures, assurant que ce n’était pas "un  sujet tabou". Des déclarations qui avait provoqué un malaise au sein de la majorité et contraint le chef du gouvernement à rétropédaler. Alors qu’il s’est vu remettre les clés de Bercy mercredi par son prédécesseur Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron n’a pour le moment fait aucun commentaire sur cette interview. Selon les informations du Point, il n’aurait par ailleurs pas demandé à y apporter des modifications.

 

 

 

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