Macron, le nouveau comte de Chambord

J’ai vérifié : le gîte, en basse saison et petite semaine, coûte sept cents euros, ce qui est tout à fait raisonnable ; de plus, cela fait une excellente pub pour le patrimoine de la France. Donc, moi, je suis pour.

Mais, évidemment, l’essentiel est ailleurs. Par ses exigences et sa position dominante, Amazon détruit, en profondeur, la partie fragile de notre tissu des PME ; et il y a bien pire. Ceci nous donne une petite idée de ce que sera la France quand les très riches et les multinationales y auront pris le pouvoir. Que fait Emmanuel Macron ? Bercy "ose" demander dix millions d’euros à Amazon, c’est-à-dire une goutte d’eau par rapport aux superprofits de cette pieuvre non délocalisable. Le jour où Emmanuel Macron affrontera sérieusement les multinationales, je commencerai à croire en lui mais, on n’en est pas là, loin s’en faut.

Et la causerie du dimanche soir ? Sur la forme, un mauvais polar, mal filmé et mal découpé ; certes, les deux acteurs étaient "en marche" mais à un train de sénateur essayant de se motiver ; les adieux sur le pas de la porte ont été particulièrement laborieux ; il était 22h40 et Emmanuel Macron était pressé de larguer son hôte pour aller travailler, la nuit, comme il l’aime ; les maquillages eux-mêmes laissaient percer la lassitude des années qui passent. Laurent Delahousse nous a habitués à beaucoup mieux.

Et sur le fond ? Pas grand-chose. La remise en ordre de l’audio-visuel me laisse perplexe ; les médias, pour une bonne part, sont déjà à la botte de notre cher président : que veut-il de plus ?

Le relookage écologique ne coûtait pas bien cher ; on va fermer les centrales thermiques et/ou à charbon ; on lève un voile pudique sur l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ; on va confier l’avenir des centrales nucléaires à des experts "indépendants".

L’avenir de la France se joue en partie à l’étranger ; certes, mais faciliter l’accueil des travailleurs européens au détriment des Français peu diplômés ne me semble pas une bonne piste.

"Bachar est l’ennemi du peuple syrien. Mon ennemi, c’est Daech" ; je ne suis pas certain que cette formule ciselée plaise à tout le monde et qu’elle éclaire, si peu que ce soit, l’orientation de la diplomatie française. Notre président parle à tout le monde : très bien ; il sera sûrement écouté avec politesse.

La réforme du travail mise en place dès le début du quinquennat donnera ses fruits dans deux ans : on en reparlera ; sur ce point, l’insistance du président pour affirmer qu’il a été courageusement à l’essentiel dès le début veut-elle dire qu’il croit qu’il a suffisamment mis les mains dans le cambouis et qu’il peut désormais se focaliser sur son aura internationale ?

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