Macron au pied des multinationales

Emmanuel Macron invite 140 dirigeants de multinationales au château de Versailles, pour leur demander d’investir en France ; cette ouverture est évidemment un aspect constitutif de son programme : que faut-il en penser ? Et d’abord à moyen terme ; il y a plusieurs cas de figure.

Selon moi, les entreprises telles que IKEA ou Amazon sont dans des domaines presque non délocalisables ; elles offrent à leurs employés des conditions de travail nettement moins favorables que celles proposées, en moyenne, en France ; elles pratiquent l’optimisation fiscale ce qui leur permet de payer proportionnellement moins d’impôts que les PME françaises ; du fait de leur concurrence forcenée, le nombre d’emplois qu’elles créent est très inférieur au nombre d’emplois qu’elles détruisent ; dans ce cas, je suis contre  l’implantation de telles nouvelles entreprises étrangères ; du moins, dans le cadre actuel, cautionné par la Commission européenne et par Emmanuel Macron.

Le cas de Toyota est complètement différent ; de telles entreprises sont évidemment délocalisables ; accueillir Toyota participe à la réindustrialisation de la France ; Toyota fait travailler des employés qui, sans cette implantation, seraient probablement au chômage ; je suis donc, évidemment, très favorable à cet investissement, sous réserve que les compensations proposées, officielles ou officieuses, ne soient pas exorbitantes ; mais, Toyota n’est-il pas l’arbre qui cache la forêt des destructions d’emplois.

Le cas de Google, de SAP, de Microsoft ou d’Apple est encore d’une autre nature ; c’est évidemment du travail délocalisable ; par contre, ce sont des sociétés qui, elles aussi, pratiquent l’optimisation fiscale ; en implantant des succursales en France, elles "pompent" les ingénieurs et le savoir-faire français ; de plus, et surtout, elles offrent des emplois à des diplômés dont le monde entier a besoin et qui, de toute façon, trouveraient facilement du travail ; elles n’apportent rien au marché de l’emploi français ; dans ce cas, je ne suis pas favorable à cette invasion.

Pourquoi inviter Goldman Sachs ? Enfin, il y a aussi le long terme. Selon l’ONG Oxfam, en 2017, 80 % de la richesse créée l’a été au profit de 1 % des plus riches. Au risque de prêcher dans le désert, je dis et je redis que cette prise du pouvoir mondial par les superriches et les multinationales est une orientation aussi dangereuse que ne le furent le nazisme et le communisme stalinien. C’est le retour à la Rome antique, partagée entre les patriciens et les plébéiens. Face à une telle résistible déviance, il n’y a que deux réponses possibles : la Révolution, dont l’issue n’est pas toujours réjouissante, ou la démocratie, avec ses imperfections. En contestant le « droit démocratique », les zadistes affaiblissent ce recours ; aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils sont, de fait, des alliés objectifs du grand capital. Vous n’êtes pas d’accord ? Acceptez, une seconde, de prendre du recul et de réfléchir … merci.

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