Dans la soirée de mardi, les députés ont voté pour l’expérimentation de salles pour les toxicomanes.

Après plus de quatre heures de débats houleux entre la gauche et la droite, l’expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque, ou "salles de shoot", pour une durée de six ans maximum a été approuvée. L’article 9 du projet de loi de modernisation du système de santé de Marisol Touraine a été adopté à 50 voix contre 24, rapporte Le Monde.

Réduire les risques dus aux injections

Ces salles sont consacrées aux toxicomanes majeurs vivant en situations précaires et qui n’ont d’autre choix que de se droguer dans la rue ou des halls d’immeuble. L’objectif de ces salles est de réduire les risques dus aux injections liés à de mauvaises conditions d’hygiène comme le VIH ou l’hépatite C et fournissent des soins aux usagers de drogues marginalisés. Elles permettent également de réduire les nuisances dans l’espace public. Les salles de shoot sont en vigueur dans une dizaine d’autres Etats. La plus ancienne a été inaugurée en Suisse il y a 30 ans.

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Les professionnels des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogue (Carrud) seront chargés de s’occuper des locaux. La prise de substances illicites sera autorisée dans la limite de la consommation des toxicomanes. Ils devront cependant apporter eux-mêmes leur dose. Une équipe constituée de professionnels de la santé et du secteur médico-social supervisera les prises de drogue. Ni les consommateurs de stupéfiants ni les professionnels travaillant dans ces salles ne pourront être poursuivis par la justice.

Ces salles coûteraient 800 000 euros par an

Le projet de loi de la ministre de la Santé est vivement critiqué à droite qui défend le sevrage et l’abstinence. "Aidez plutôt les toxicomanes à guérir qu’à s’autodétruire", a déclaré le député UMP de Paris Philippe Goujon. Yannick Moreau, député UMP de Vendée, a estimé de son côté : "si on osait, on pourrait même les appeler des antichambres de la mort". Les membres de l’UMP considèrent que ces salles sont inefficaces pour lutter contre les addictions. Ils estiment que c’est "une première marche vers la dépénalisation".

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Marisol Touraine estime le prix des salles de shoot à environ 800 000 euros par an en se basant sur le projet d’expérimentation parisien. Face aux protestations de la droite, elle a rappelé que le gouvernement consacrait également 388 000 millions d’euros par an à la prévention et à la lutte contre les addictions.

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