Malgré la volonté affichée de Nicolas Sarkozy, le changement d’appellation du parti de droite se heurte à plusieurs écueils : justice, moqueries, orthographe…

Le nouveau nom du principal parti de droite doit être dévoilé le 30 mai à l’issue d’un vote des militants se déroulant deux jours avant. Nicolas Sarkozy a tout fait pour que le nom "Les Républicains" soit accepté par le bureau politique en place de "UMP". Seulement, ce changement de nom se heurte à plusieurs obstacles auxquels le président de l’UMP n’avait sans doute pas pensé.

Les cadres du parti pas convaincus

"Ça fait un peu américain, non ?", déplorait Henri Guaino, ancienne plume du président Sarkozy, à propos de ce nouveau nom. De leurs côtés, Xavier Bertrand a déclaré ne pas être "fan" de cette appellation ; Luc Ferry voulait une référence explicite à la France ; Nadine Morano souhaitait que l’UMP s’appelât "Rassemblement pour le peuple de France" ; Gérard Longuet a déclaré que ce changement de nom ne "réglait rien, notamment vis-à-vis du FN : on peut être républicain et d’extrême-droite" ; François Fillon a regretté une confusion avec les Républicains américains ; Quant à Alain Juppé, il a chargé son entourage de dire tout le mal qu’il pensait de ce nouveau nom.

La base militante pas franchement enthousiaste

En plus des ténors du parti, de nombreux élus locaux se sont également montrés sceptiques. Pis, les sympathisants UMP eux-mêmes ne sont pas franchement enthousiastes à l’idée que leur parti changerait de nom. Selon un sondage Odoxa pour i-Télé, ils sont un peu plus de la majorité (56%) à préférer que l’UMP… reste l’UMP. Egalement, lors d’un questionnaire adressé par Nathalie Kosciusko-Morizet aux militants, ceux-ci se déclaraient pour le statu quo. 

Le recours en justice contre "Les Républicains"

Mais Nicolas Sarkozy a un obstacle devant lui plus inquiétant : la justice. En effet, celle-ci vient d’accepter d’examiner en urgence la légalité de l’utilisation du nom "Les Républicains" sur la demande de plusieurs organisations et élus de gauche. Le recours est lancé par le collectif "Nous sommes les Républicains" qui compte notamment dans ses rangs l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement. Ce nom, "aucune partie du peuple français ne peut en revendiquer l'usage exclusif", précisent les avocats du collectif.

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Dans le même registre, l’UMP doit faire face à une famille qui a déposé un recours en justice contre ce changement de nom. La famille s’appelant "Républicain" estime que l’adjectif républicain appartient à tous les Français.

Une appellation sujette aux railleries

Il n’y a pas que les ténors de droite qui trouve que "Les Républicains" sonne trop américain. Le Parti socialiste en a fait un argument pour attaquer son opposant politique. Ainsi, le parti a dévoilé une affiche qui servira à parasiter le congrès de l’UMP sur laquelle on peut voir Nicolas Sarkozy sur un cheval, le tout sur un fond aux couleurs du drapeau états-unien surmonté de cette phrase : "Et maintenant, les Républicains".

Même angle d’attaque du côté du FN où Marine Le Pen à singé le choix du président de l’UMP : "C’est un choix qui consiste à se calquer sur le modèle politique américain. Je ne comprends absolument pas, sauf s’il s’agit de répondre à une sorte de fascination puérile de Monsieur Sarkozy qui, probablement, aime les Indiens, les cow-boys, les cheeseburgers et les Nike…"

D’autres, au sein de l’UMP, craignent que les plus virulents transforment la nouvelle appellation en "Les Ripoublicains", pour faire référence aux nombreux scandales financiers qui entourent le parti.

Un problème de syntaxe

Plus prosaïquement, "Les Républicains" pose un problème de dénomination et d’ordre syntaxique. En effet, comment réduire ce nom en sigle ? C’est tout bonnement impossible.

De plus, comme l’indique Libération, dans le formulaire envoyé aux militants du parti cette semaine à l’approche du congrès, l’appellation "Les Républicains" n’est présente qu’une seule fois, à l’article premier. Dans les 59 autres articles, il n’est plus question que de "Mouvement". Les équipes chargées de préparer le congrès ont eu du mal pour changer les statuts en vigueur.

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Dès l’article 2, il a bien fallu se rendre à l’évidence, souligne le quotidien : à la place de "l’Union (pour « Union pour un Mouvement Populaire ») a pour objet de concourir à l’expression du suffrage universel", il était impossible, avec la meilleure volonté du monde, d’écrire que "les Républicains concourent à l’expression du suffrage universel".

Enfin, les militants se déclareront-ils adhérents à "Les Républicains" ou aux "Républicains" ?

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