"Dans même les politiques ont un père", Emilie Lanez explore la relation qu’on les principales figures de la politique française avec leur père. Un récit nourri d’analyses et d’anecdotes sur leur enfance.

Planet : Comment vous est venu l’envie d’explorer ce pan de la vie des politiques ? Emilie Lanez*: "Pour mon précédent livre, j’avais travaillé avec le pédiatre Aldo Naouri, lequel a beaucoup planché sur la place du père. En parlant avec lui, je me suis rendue compte que la problématique de la transmission, de l’autonomie et de l’autorité m’intéressait aussi. Et comme je suis journaliste politique (au Point, ndlr), j’ai eu envie d’aller regarder de ce côté-là, d’aller voir comment cette relation avait construit les personnalités politiques françaises, de voir de quoi elles étaient faites.

Planet : Certaines ont semble-t-il eu plus de chance que d’autres… ?Emilie Lanez : Oui, c’est certain. Mais toutes ont, je pense,  eu une relation d’amour. Même si parfois cette relation est malade ou déficiente il y a toujours de l’amour. Aucun d’entre elles n’a par ailleurs souffert d’un père mort : elles ont toutes grandi avec une figure paternelle. Aussi, elles ont tous profité d’une relation forte même quand leur père était sévère ou absent. D’une manière générale, je dirais que la relation qu’elles ont avec leur père, qu’elle soit bonne ou mauvaise, a toujours énormément compté pour elles.

Planet : Quels sont celles qui ont une relation vraiment compliquée avec leur père ?Emilie Lanez : Nicolas Sarkozy est celui qui a la relation la plus abîmée, la plus compliquée et la plus lourde avec son père. ‘A part d'un père, je n'ai manqué de rien’, a-t-il d’ailleurs dit un jour… Une citation qui résume bien les choses. Sa relation avec Pal est loin d’être simple et c’est sans doute ce qui explique, entre autres, sa voracité en politique. Le président de l’UMP a beaucoup à réparer.

Si l’on s’intéresse à son rival de 2012, on constate qu’il a lui aussi une relation compliquée avec son père mais que celle-ci est beaucoup moins douloureuse. Quand il était enfant, son père, Georges Hollande, n’était pas gai. C’était quelqu’un de très pessimiste, râleur mais il aimait son fils et savait le lui signifier à sa manière. Leur relation n’était pas commode mais elle était infiniment plus simple que celle de Pal et Nicolas Sarkozy.

Planet : Votre livre contient plusieurs anecdotes sur ces relations. Pouvez-vous nous en dévoiler quelques-unes ?Emilie Lanez : Il y a par exemple Marisol Touraine, la ministre de la Santé qui, même à 55 ans, laisse son père choisir ses tenues. Il y a aussi Pierre Moscovici qui, jusqu’à ce que Serge, son père décède en novembre dernier, lui rendait visite trois à quatre fois par semaine. Ils se voyaient également tous les dimanches. Ce qui n’est pas rien pour quelqu’un qui avait véritablement un emploi du temps de ministre !

Planet : Y-a-t-il une histoire qui vous a plus marquée que les autres ?Emilie Lanez : Je dirais que c’est celle de François Bayrou et son père. Cet homme était un paysan très cultivé. Il emmenait son fils avec lui dans les champs de maïs et tous les deux en profitaient pour décliner des poèmes ou faire du calcul mental. Il avait une relation très saine, basée sur l’échange et l’enseignement de certaines valeurs.

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Planet : Quelle conclusion tirez-vous de l’écriture de ce livre ?Emilie Lanez : Un poète anglais a écrit que ‘L’enfant est le père de l’homme’. Je suis assez d’accord avec lui. Hommes et femmes politiques sont tous extrêmement marqués par leur relation avec leur père et cela les explique aujourd’hui".

*Emilie Lanez est l’auteure de Même les politiques ont un père (éd. Stock)

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