Dans une interview au journal d'extrême-droite, Rivarol, le président d'honneur du FN a livré sa pensée sur les homosexuels, Vichy ou encore le "monde blanc".

Quelques jours seulement après avoir réitéré ses propos sur les chambres à gaz - "un détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale" - et créé la polémique, Jean-Marie Le Pen a toujours le verbe sulfureux.

Dans une interview au journal d'extrême-droite, Rivarol, l'ancien président du FN est revenu, entre autres, sur des propos tenus lors de son passage chez Jean-Jacques Bourdin, sur BFMtv/RMC.

La Shoah

"Un détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale", c'est par ces mots que Jean-Marie Le Pen qualifie le génocide juif depuis 1987. Une phrase dénoncée par de nombreux ténors du parti. "On n'est jamais trahi que par les siens" fait-il savoir, sans doute en pensant à la scission d'avec Maigret en 1998. "Je ne suis pas homme à changer d'avis ni à ramper. J'ai sur cette question une opinion que je crois justifiée. Ceux qui s'appuient sur ce genre d'opérations pour porter jugement ont le plus grand tort. J'ai cessé de marcher à quatre pattes depuis l'âge de 18 mois. Je ne suis pas l'homo a plat ventrus", ironise-t-il.

Le pétainisme

"J'ai toujours oeuvré à la réconciliation des Français. (...) Pour ma part, comme je l'ai déjà dit, je n'ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître. L'on a été très sévère avec lui à la Libération. Et je n'ai jamais considéré comme de mauvais Français ou des gens infréquentables ceux qui ont conservé de l'estime pour le Maréchal". "Selon moi ils ont leur place au Front national comme l'ont les défenseurs de l'Algérie française, mais aussi les gaullistes, les anciens communistes et tous les patriotes qui ont la France au coeur", explique Jean-Marie Le Pen, qui avait fait savoir auparavant que le FN comptât dans ses rangs "d'ardents pétainistes".

Le "Monde blanc"

Il explique ensuite que nous devons nous rapprocher de la Russie "pour sauver l'Europe boréale et le monde blanc". "L'Europe boréale intègre les Slaves mais aussi la Sibérie donc je crains que les Russes puissent la garder seuls".

Les immigrés

D'une part, le fondateur du FN montre du doigt la menace d'une immigration asiatique : "Il y a un million de Chinois en France. Ce sont des gens intelligents, actifs, discrets mais néanmoins puissants et redoutables". D'autre part, il fait savoir que "nous sommes gouvernés par des immigrés et des enfants d'immigrés à tous les niveaux", tout en visant des députés UMP du Sud ("Estrosi et Ciotti à Nice, Mariani, ce sont des gens dont les parents étaient italiens…"). Mais sa cible favorite est Manuel Valls : "Valls est Français depuis trente ans, moi je suis Français depuis mille ans. Quel est l'attachement réel de Valls à la France? Cet immigré a-t-il changé du tout au tout? Qu'a-t-il apporté à notre pays? (…) Valls n'est pas un caballero, c'est un très petit monsieur.", tance-t-il.

Les homosexuels

Interrogé sur la présence d'homosexuels au sein du parti frontiste, Jean-Marie Le Pen confirme: «Il se trouve qu'il y a en effet un assez grand nombre d'homosexuels au FN, comme il y en a d'ailleurs dans les autres partis, et ceci pour une raison somme toute assez simple: c'est que ce sont des gens qui sont beaucoup plus libres de leur temps que d'autres. En général ils n'ont pas de responsabilités familiales. Et donc ils sont beaucoup plus disponibles. Comme de surcroît ils ont le sentiment d'être un peu en marge de la société, ils ont tendance à se regrouper, même s'ils se détestent les uns les autres. Ils forment une communauté.»

Une interview préparée en catimini

Le directeur de la publication de Rivarol, Jérôme Bourbon, cité par le Scan du Figaro, fait savoir que "seul son majordome et sa femme étaient au courant".

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L'interview, revue et validée le matin même de sa publication, mardi matin, s'est déroulée en deux temps, selon le Figaro. Une rencontre dans l'entre-deux tours des départementales à Montretout (la résidence de Jean-Marie Le Pen), puis un entretien téléphonique après son passage chez Jean-Jacques Bourdin.

Une nouvelle sortie pour le fondateur du FN qui ne manquera pas d'embarasser jusqu'au plus point les membres de son parti, et en premier lieu sa fille qui cherche à dédiaboliser le parti.

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