Nicolas Sarkozy a estimé dans une tribune publiée ce jeudi dans Le Point qu’"il faut suspendre immédiatement les accords de Schengen I", lesquels ont permis la libre circulation des biens, des services et des personnes entre les pays signataires. A la veille des élections européennes, Planet.fr fait le point sur une facette controversée de l’Union Européenne.

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Marine Le Pen, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon ou plus récemment, Nicolas Sarkozy, tous répugnent les accords de Schengen. "Il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration", a estimé ce jeudi l’ex-chef de l’Etat dans les colonnes du Point. Trente ans après la signature, les crises  économiques et financières qui ont successivement frappé l’Europe ont eu raison -dans l’opinion seulement- de cette convention. L'occasion de revenir sur les fondements de ce traité controversé.

La ligne directrice des accords de Schengen prévoit la libre circulation des biens, des personnes et des services et du capital entre les pays membres de l’espace Schengen. 

• Lire aussi : Nicolas Sarkozy : "Il faut suspendre immédiatement Schengen I"

Un traité à l'objectif économique

Signé le 14 juin 1985, le traité de Schengen a initialement réuni la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas -lesquels avaient déjà un accord de libre circulation- la France et l'Allemagne. Dans les textes, ces accords programment la suppression progressive des contrôles aux frontières communes et la mise en place de  la libre circulation des ressortissants des pays signataires. Sa création a été motivée dans les années 80 par des raisons économiques : pouvoir créer une Europe forte économiquement qui puisse rivaliser avec les Etats-Unis, le Japon et les pays émergents (Chine, Russie, Brésil...). Alors que le traité devait être effectif cinq ans plus tard, la mise en vigueur de la convention de Schengen entre en vigueur en 1995 avant d'être définitivement entérinée lors du traité d'Amsterdam en octobre 1997. Ce dernier inscrit dans les institutions européennes le principe de libre circulation des personnes au sein de l'espace Schengen en échange d'une surveillance renforcée aux frontières extérieures de la zone.

Si les accords de Schengen sont une part désormais intégrée de l'Europe, certains pays de l'espace Schengen ne sont pas membres de l'UE. C'est le cas de la Suisse, de l'Islande, de la Norvège et du Liechtenstein. Et certains pays membres de l’Union ont par ailleurs refusé d’intégrer l’espace : Royaume-Uni et Irlande. 

Un accord critiqué 

En France, les accords Schengen sont actuellement virulemment critiqué par une bonne partie des formations politique. Les partisans du protectionnisme tels qu’Arnaud Montebourg (PS) et Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) accusent les accords Schengen d’être à l’origine d’une concurrence déloyale, de nombreuses délocalisations et de la baisse des investissements économiques en France. L’UMP et le Front National estiment, quant à eux, l’espace Schengen responsable de l’arrivée de 200.000 sans-papiers chaque année.

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La position de l'Union Européenne sur les accords de Schengen ne devrait pas changer après le scrutin. Les deux favoris à la présidence de la commission européenne Martin Schulz (Socialiste) et Jean-Claude Juncker (Parti Populaire Européen) n’envisagent en effet pas de remise en cause des accords de 1985.

A voir sur ce thème : Marine Le Pen jette les accords de Schengen à la poubelle 

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