La manière dont François Hollande a traité l’affaire Leonarda suscite non seulement les critiques de l’opposition mais aussi celles du Parti socialiste. Déjà fragilisé dans les sondages, le président de la République va-t-il réussir à redresser la barre ?

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La goutte d’eau qui fait déborder le vase. C’est peut-être bien le rôle que pourrait finalement jouer l’affaire Leonarda au sein du quinquennat de François Hollande. En effet, alors que le chef de l’Etat souffre d’une côte de popularité en berne (23% de Français satisfaits selon le dernier baromètre Ifop-JDD) et cumule déjà plusieurs couacs, cet épineux dossier n'arrange rien. Et les membres de son propre camp se mettent même à contester son autorité. A l’instar d’Harlem Désir qui a demandé le retour de la collégienne, de sa mère et de ses frères et sœurs alors même que le président de la République venait d’annoncer que seule la jeune rom pouvait revenir sur le territoire. Et si le premier secrétaire du PS a ensuite retiré ses propos, son intervention n’en a pas moins été interprétée comme un désaveu public de François Hollande. Interrogé par TF1, le politologue Jérôme Fourquet a expliqué craindre une "débandade dans le propre camp" du président.

La réponse de Hollande "mécontente tout le monde"A gauche, les politiques se demandent en effet quelle mouche a piqué François Hollande. "C’est une réponse qui mécontente tout le monde et qui n’a ni un sens politique ni un sens juridique", a ainsi déploré le député PS Malek Boutih, tandis que le porte-parole du PCF, Olivier Dartignolles, a regretté que "la ligne Valls dans la continuité dus sarkozysme, est confortée alors qu’il faut changer la loi et mettre fin sans délai à toutes les expulsions de jeunes étrangers scolarisés".

Même les étudiants expriment leur ras-le-bolMais si la gauche peine à avancer en rangs serrés, la droite monte également au créneau.  Ainsi, Rachida Dati n’a pas hésité à déclarer sur France 3 que François Hollande avait "violé la Constitution" en proposant à Leonarda de revenir en France, tandis que Marine Le Pen a estimé sur France 2 qu’il avait "humilié" le pays. "On a bien vu la faiblesse, la fragilité de ce personnage qui, sous la pression de quelques étudiants gauchistes, est venu violer non seulement des décisions administratives, mais aussi la loi", a-t-elle considéré. Selon elle, on aurait même "touché le fond". Et la gronde ne menace pas uniquement chez les politiques. Même les étudiants s’y mettent. Des milliers d’entre eux sont en effet descendus dans la rue pour protester contre la décision du gouvernement à l’égard de Leonarda.

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Un électrochoc pour le président ?A seulement quelques mois des élections municipales et européennes, l’affaire Leonarda tombe mal. Lâché par son camp et vivement critiqué par l’opposition, François Hollande va-t-il avoir un électrochoc ? Cette affaire va-t-elle marquer un véritable tournant de son mandat ou bien va-t-elle l’enfoncer un peu plus bas dans les sondages ? De président taxé d’inertie à  président qui agit, il ne tient qu’à François Hollande de franchir le pas.

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