Le rôle des médias

Esope affirmait que la langue est à la fois la meilleure et la pire des choses : c'est encore plus vrai pour les médias, cette nouvelle langue. Il est juste et bon que le Canard enchaîné dévoile, chaque semaine, son lot de scandales. Mais il serait malsain que les médias "de réflexion" en restent là.

S'il y a de nouvelles informations sur "l'avidité" de François Fillon, il est normal d'en informer le public mais il n'est pas pertinent de ne dire que cela. Il ne s'agit pas de "tourner la page" et d'absoudre Fillon : le pénélopegate est dans toutes les mémoires et aura son impact légitime le 23 avril. Mais l'élection présidentielle est un événement majeur : les électeurs doivent être éclairés sur les programmes de tous les  candidats, et c'est bien là un rôle gratifiant attribué aux commentateurs de tous bords. Si on s'était restreint aux seules "affaires", François Mitterrand n'aurait jamais été président de la République.

Changeons un instant de rubrique. J'ai déjà dit que j'aimais bien les émissions du dimanche matin, sur France 2. J'attire l'attention sur celle de dimanche dernier, 19 mars, où les responsables du créneau attribué à l'Islam ont ouvert leur temps de parole à un représentant des églises chrétiennes et un de la communauté juive, un bel exemple d'oecuménisme ; le tout pour parler de la création dans les religions monothéistes. Un échange qu'il faut écouter jusqu'au bout car, au-delà des "querelles" historico-scientifiques, l'essentiel est bien : "Qu'est-ce que l'on fait, aujourd'hui, de la création ?". La suite ne peut pas faire de mal : si l'on est Français, il est opportun de connaître un peu mieux l'Islam.

De plus, et surtout, j'invite chacun à regarder l'émission du 21 mars portant sur le silence de l'église face à la pédophilie de certains prêtres. Une étude minutieuse, basée d'abord sur un travail impressionnant, mais aussi empreinte de ténacité, d'intelligence, d'audace parfois, d'impertinence, même vis-à-vis de la star incontestée, le pape actuel. Dans son éditorial de ce jour, le journal La Croix demande un peu de temps pour prendre un légitime recul : je lui fais confiance dans un domaine où il a toujours su être à la recherche de la vérité. Mais, sans attendre, je crois indispensable de hurler, haut et fort, que les prêtres pédophiles font autant de mal à la Sainte Eglise catholique romaine, et à son chef Jésus-Christ, que les terroristes ne font de mal à l'Islam et à son Dieu, Allah.

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