L’ancienne ministre UMP sort ce mercredi un livre dans lequel elle compile ses mémoires et ses anecdotes sur les présidents de la Ve République. L’occasion pour Roselyne Bachelot de montrer, une fois encore, l’étendue de ses talents en matière de franc-parler.

Un pavé dans la mare. Prenez des anecdotes croustillantes sur la vie politique et le franc-parler d’une ancienne ministre, et vous obtiendrez le livre de Roselyne Bachelot. L’ex-membre du gouvernement de François Fillon sort ce mercredi ses mémoires, La petite fille de la Ve, aux éditions Flammarion. Un ouvrage dans lequel celle qui est aujourd’hui journaliste télé raconte, entre autres, un souvenir sur chacun des présidents qui ont marqué la Ve République.

"Bon, vous vous mettez en chasse. Il me faut un Noir"

Parmi les "pépites" de ce livre, on retient notamment le souvenir d’une conversation de Nicolas Sarkozy en petit comité, l’année de sa victoire à l’élection présidentielle. "Les amis, j’ai rencontré Barack Obama, le maire de Chicago. Ce type est le futur président des Etats-Unis", aurait alors lâché celui qui était alors chef de l’Etat. "Nous nous sommes regardés, incrédules. Un noir, président des Etats-Unis ?", raconte Roselyne Bachelot. Et l’ex-ministre de poursuivre en écrivant les propos que l’actuel président de l’UMP auraient ensuite tenus : "Vous n’y connaissez rien. J’ai aussi discuté avec Condoleeza Rice, une femme formidable. Bon, vous vous mettez en chasse. Il me faut un Noir, ou mieux, une Noire !". "Du Sarko tout craché : une intuition fulminante, la capacité à mobiliser et l'absence totale de surmoi", commente Roselyne Bachelot six ans après.

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Le sonotone de Jacques ChiracAussi, grâce à Roselyne Bachelot, apprend-on également que Jacques Chirac est équipé d’un sonotone depuis 2003 mais aussi qu’à l’époque l’Elysée avait tenté de le cacher pour ne pas compromettre ses chances de briguer un troisième mandat. "Tout la presse bruissait de la rumeur : le président qui devenait dur d’oreille, était appareillé", écrit Roselyne Bachelot qui revient ensuite sur la fois où, au micro de RTL, elle a commis une bourde à ce sujet : "Quelle a affaire. Entre démentis grotesques et demi-aveux, l’Elysée a atteint le sommet du ridicule. Je n’ai pas réalisé, sur l’instant, que je mettais à mal une stratégie savamment échaudées par l’entourage du président afin de rendre possible un troisième mandat".

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Les conquêtes de MitterrandLe livre de Roselyne Bachelot s’attaque par ailleurs à l’image de François Mitterrand qui, toujours selon l’ex-ministre, "multipliait les conquêtes" dans les années 1940. "Les élus, les patrons, les curés mais aussi les femmes chaviraient. Le futur président de la République avait un charme ravageur, toutes en étaient folles et il multipliait les conquêtes", assure la journaliste télé. Et celle-ci d’affirmer : "Il était de notoriété publique qu'il avait pour maîtresse l'épouse d'un marchand de bestiaux du Bazois. Le maquignon étant parti avec son troupeau pour Paris, l'épouse, pensant être tranquille, fit un jour venir son amant à la maison. Quand, dans la nuit, le cocu rappliqua, Mitterrand dut se résoudre à sauter par la fenêtre et explosa la verrière en contrebas avant de prendre la fuite en se blessant assez sérieusement au visage. Le lendemain, on le voyait à la foire du chef-lieu, le visage couturé mais avec de grandes lunettes noires, souriant et serrant les mains le plus naturellement du monde".

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