Ce lundi 25 août, Arnaud Montebourg a annoncé qu’il quittait son poste de ministre de l’Economie alors que Manuel Valls avait remis la démission de son gouvernement à François Hollande dans la matinée. Si l’on regarde l’histoire de la Ve République, il apparaît que cette date du 25 août est fatidique pour les ministres frondeurs. Petit rappel avec Planet.fr. 

L’histoire se répète-t-elle ? Comme le souligne Le Canard enchaîné de cette semaine, Arnaud Montebourg n’est pas le premier ministre à "reprendre sa liberté" un 25 août.

Jacques Chirac : le 25 août 1976

En 1974, Jacques Chirac est nommé Premier ministre par Valéry Giscard d'Estaing, mais au fil des mois, les tensions se multiplient et ce dernier devient un rival. En janvier 1976, le président effectue un remaniement ministériel alors que son Premier ministre est contre. Entouré de ministres frondeurs, il se sent de plus en plus isolé. Jacques Chirac est également confronté, entre autres, à la crise économique survenue après le premier choc pétrolier de 1973. Conseillé par ses collaborateurs, Jacques Chirac remet sa lettre de démission à Valéry Giscard d’Estaing le 26 juillet 1976 mais ne la rend officielle que le 25 août de la même année. Il commente sa décision lors d’une conférence de presse : "Je ne dispose pas des moyens que j’estime aujourd'hui nécessaires pour assumer efficacement mes fonctions de Premier ministre et dans ces conditions, j'ai décidé d'y mettre fin".

Alain Madelin : le 25 août 1995

19 ans plus tard, alors que Jacques Chirac est devenu président de la République, Alain Madelin est son ministre de l’Economie et des Finances.Ce dernier souhaite remettre en cause "un certain nombre d'avantages" sociaux. Il s’en prend également aux retraites des fonctionnaires qu’il souhaite aligner avec celles du public. Sur Europe 1, il attaque la famille au RMI qui "gagne plus que, sur le même palier, la famille où l'on se lève tôt le matin (...) pour gagner le Smic". Suite à ces déclarations dénoncées par les syndicats, Alain Juppé se désolidarise de son ministre qui démissionne le 25 août 1995, soit trois mois après sa prise de poste.

En route vers les présidentielles ?

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Avec son discours de lundi, Arnaud Montebourg est donc le troisième ministre à quitter le gouvernement un 25 août, après Jacques Chirac et Alain Madelin. Coïncidence ? Ces derniers se sont tous deux présentés aux élections présidentielles. Si le second n’a obtenu que 3,91% des suffrages aux élections de 2002, le premier est devenu président de la République en 1995 et l’est resté jusqu’en 2007. Un chemin tout tracé pour Arnaud Montebourg ?

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