Défendu par le dessinateur Charb avant sa mort, un amendement permettant de réduire ses impôts au profit des entreprises de presse d’information a été validé par le Sénat jeudi.

Un mois après sa mort, l’ex-directeur de la rédaction de Charlie Hebdo a enfin obtenu gain de cause. "L’amendement Charb" a été voté jeudi dans le cadre de la proposition de loi PS sur la modernisation du secteur de la presse. Le dessinateur Charb avait milité début décembre pour l’adoption de ce texte qui permet une réduction significative d’impôt, soit 66%, aux particuliers souscrivant au capital des entreprises de presse d’information politique et générale de moins de 50 salariés.

Précédemment adoptée à l’Assemblée nationale, le gouvernement a ainsi complété l’amendement en départageant deux niveaux d’incitation à l’avantage fiscal : 30% des sommes versées pour les titres de presse d’information politique et générale et jusqu’à 50% lorsque cet investissement vise les entreprises solidaires de presse. Les sénateurs ont adopté un amendement permettant également la défiscalisation des dons, provenant de particuliers, effectués au bénéfice d’associations ou de fonds de dotation exerçant des actions concrètes pour le pluralisme de la presse d’information.

Un hommage posthume à Charb

"S’il avait encore été en vie, Charb aurait levé le poing ce soir", a déclaré Oliver Dartigolles, le porte-parole du Parti communiste (PCF) au Figaro. "Ça lui tenait à cœur. Il en avait parlé avec Pierre Laurent (le secrétaire national du PCF, ndlr) lors de la dernière fête de l’Humanité", a-t-il confié, ajoutant qu’à l’époque, "Charlie Hebdo était étranglé financièrement". C’est donc "heureux", mais le "cœur serré", que les membres du Parti communiste ont salué cette victoire.

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Le texte, examiné en procédure accélérée, soit une lecture par chambre, et voté avec le consentement de Fleur Pellerin, la ministre de la Culture, doit à présent faire l’objet d’une commission mixte paritaire (CMP). Celle-ci sera notamment composée de sept députés et de sept sénateurs. En cas de désaccord, c’est l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot.

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