Le sénateur Daniel Laurent a fait part à Sud-Ouest d’une étrange solution pour éviter de devoir licencier sa fille. Il a proposé à une autre sénatrice qu’ils intervertissent leurs filles, toutes deux collaboratrices.

Les sénateurs ne peuvent plus employer conjoint et enfant comme collaborateurs et ça ne plaît pas à Daniel Laurent, parlementaire LR de Charente-Maritime. Pour éviter que sa fille ne se retrouve au chômage, le sénateur a trouvé une solution qui ne manque pas ‘’d’originalité’’ : l’échanger avec celle d’une autre sénatrice, en l’occurrence Corinne Imbert, également élue en Charente-Maritime.

"Ou je me sépare de ma fille, car la loi l’impose. Soit, avec Corinne Imbert, on intervertit nos filles et on fait un cabinet commun. Rien n’est encore décidé. La loi le permet", a-t-il déclaré à Sud-Ouest. 

Comme le constate Marianne, le fait d’intervertir des collaboratrices à cause de liens de parenté est une technique assez courante au palais du Luxembourg qui s’intitule les "emplois croisés".

A lire aussi:  Pourquoi les sénateurs sont-ils si vieux ? 

Encore faut-il que l’intéressée soit d’accord

Du côté de Corinne Imbert, c’est sa fille qui a réagi officiellement, et visiblement elle n’est pas du tout emballée à l’idée de travailler avec Daniel Laurent. "Ni troc ni inversion, le 15 mars j’envisage bien autre chose que du bidouillage. Chacun son éthique", a-t-elle posté sur Twiter.

Quant à Corinne Imbert, elle a estimé dans Sud-Ouest : "Cela porte à confusion".

Publicité
Au moment du vote de la loi sur la moralisation de la vie politique, les sénateurs ont voté un encadrement assez léger de la technique des emplois croisés. Le collaborateur parlementaire doit simplement en informer le déontologue de l’Assemblée. Les parlementaires de la chambre haute, comme le précise Marianne, n’ont pas retenu la proposition de François Bayrou qui avait proposé que l’emploi d’un conjoint ou enfant d’un autre parlementaire figure dans les déclarations d’intérêts des élus.

Vidéo sur le même thème : La droite renforcée après les sénatoriales partielles