La France orpheline

Le premier enseignement de cette élection est la stupéfiante solidité de la Constitution mise en place par le général de Gaulle : avec 17% des inscrits, Emmanuel Macron va avoir la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Mais cette constatation ne doit pas en occulter une autre : la moitié de la France est orpheline et ne sera pas représentée dans la susdite assemblée.

Habituellement, les "têtes de série" sont élues dès le premier tour, ce qui assure une certaine stabilité à la représentation nationale ; cette fois-ci, il n'y en a (presque) pas. La plupart des candidats soutenus par Emmanuel Macron seront élus "par défaut", c'est-à-dire faute d'adversaire crédible.

La France insoumise est la seule à résister au tsunami, mais certaines des propositions de Jean-Luc Mélenchon sont beaucoup trop extrémistes pour avoir le soutien du peuple français : Jean-Luc Mélenchon peut-il s'adapter, et son électorat suivra-t-il une telle évolution ?

Benoît Hamon et Jean-Christophe Cambadélis, les "chefs" des socialistes, sont éliminés dès le premier tour : c'est plus qu'un symbole.

La droite classique a perdu ses deux leaders naturels, Alain Juppé et François Fillon ; on ne voit pas qui peut les remplacer ; et, ce qui est plus grave, elle est incapable de trouver un créneau entre En Marche et le Front national.

Mais, c'est pour celui-ci que la défaite est la plus sévère ; Marine Le Pen paie cash sa prestation déplorable entre les deux tours de la présidentielle ; sa base électorale, habituellement d'une solidité exemplaire, s'est effritée.

Faut-il, pour autant, l'enterrer ? Je ne pense pas. D'une part, elle est la seule des leaders de son camp à pouvoir espérer l'onction du peuple. D'autre part, elle reste le seul rempart contre les fléaux qui inquiètent le petit peuple : l'immigration massive, l'insécurité, l'afflux des travailleurs détachés, l'acceptation des contraintes débiles imposées par l'Union européenne, la vente de la France aux "investisseurs" étrangers, la soumission aux exigences surannées des syndicats, la voracité des multinationales, etc. François Miterrand avait une collection de casseroles bien plus alarmantes qu'une simple défaillance lors d'un débat : il a tout de même été quatorze ans président de la République Française.

L'avenir de Marine Le Pen, et des autres, dépend de la réponse à la question essentielle : que va faire Emmanuel Macron ?  Inch'Allah !