La folie des petits élus

Mardi, 13 octobre 2015, la Cour des comptes a rendu son rapport sur la gestion des collectivités territoriales. Ce signal se veut "alarmant". En clair, "l'inconscience prodigue" des élus est terrifiante.

Parmi des dizaines d'indicateurs au rouge vif, je ne donnerai qu'un seul exemple : pour les collectivités territoriales, les dépenses de personnel, au cours des dernières années, ont augmenté de plus de 5% par an et cette dérive s'accentue. Augmenter le coût des fonctionnaires ou des "para-fonctionnaires" n'est pas une charge pour la seule année en cours mais un boulet qu'il faudra traîner jusqu'à l'abandon du système des retraites.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller sur le site de la Cour des comptes et vous inscrire : c'est gratuit et relativement simple et rapide. Ensuite, vous avez accès à tous les documents officiels que vous pouvez télécharger gratuitement. Le rapport précité fait 5 mégaoctets.

Les petits chefs - je veux dire les "petits élus" et leurs sbires -  sont-ils agressifs ? Non, au contraire. Pour être élu, ou réélu, il ne faut pas lésiner sur les sourires, les promesses ... et les subventions dès qu'on a le pouvoir. Se croient-ils malhonnêtes ? Non.

En fait, ils sont fous : le mot n'est pas trop fort. Sur le pont du Titanic, ils serrent les paluches et jaugent les petits-fours. Les plus économes remplacent le champagne par la clairette de Die ou le mousseux du terroir. Ils inondent les médias de complaintes accessoires alors que la France vogue sur une dette abyssale et va droit vers l'iceberg. L'effondrement sera aussi brutal que celui de la Grèce mais il n'y aura pas assez de canots de sauvetage : la France pèse trop lourd. Les plus fragiles seront noyés et les autres devront embarquer sur un autre navire, en acceptant une autre échelle de valeurs et en abandonnant toutes les "conquêtes" sociales françaises, à commencer par le système des retraites. Les plus riches, eux, n'ont presque rien à craindre, tout au plus un surcroît de mépris.

Le petits élus ne sont pas les seuls responsables : de Chirac (sinon avant) à François Hollande, les gouvernements successifs se sont bien gardés d'imposer des règles budgétaires aux élus locaux. Qui plus est, la lutte contre cette initiation massive à la corruption larvée ne figure dans aucun des programmes électoraux pour les joutes à venir : pour être candidat au pouvoir suprême, il faut obtenir l'accord de cinq cents élus. Le système est cadenassé. A propos, qui a fait voter cette loi anti-démocratique et contraire à l'esprit de la Constitution élaborée par Charles de Gaulle ? Je rappelle que, pour être remboursé de ses frais de campagne, il faut dépasser la barre des 5% : cela suffit pour dissuader les candidats farfelus.

Les Français les plus compétents et les plus dynamiques partent à l'étranger et ils sont remplacés par des migrants sans formation : les meilleurs de ceux-ci ne se trompent pas de bateau : ils choisissent l'Allemagne, à quelques exceptions près.

De Juppé à Fillon, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, si un candidat proposait de remettre vraiment de l'ordre, il serait élu ; mais, pour l'instant, on ne voit rien venir.On dit que la France a tout pour réussir. C'est presque vrai ; il ne lui manque qu'un seul rouage : des élus et des syndicalistes lucides, courageux et responsables.

En vidéo sur le même thème :Fonctionnaires : la Cour des comptes dénonce le dérapage des effectifs

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