Réuni ce week-end pour son Université d’été, le parti de Marine Le Pen doit faire face à des frondes dans la région PACA et à l’Est, toutes dirigées contre Florian Philippot.

Difficile rentrée politique pour le Front national version "sans Jean-Marie Le Pen". Alors que le parti réalise de très bons scores aux élections intermédiaires, que sa présidente Marine Le Pen est donnée en tête du premier tour de la future présidentielle, l’éviction du président d’honneur ne sait pas faite sans déchirure.

Seule la moitié des sympathisants FN approuve son exclusion

La menace d’un départ de plusieurs cadres et militants pro-Jean-Marie Le Pen est ainsi redoutée. Signe de cette fracture au sein du parti, un sondage Ifop pour Le Figaro indiquait le 23 août que seule la moitié des sympathisants FN approuvait l’exclusion du chef historique prononcée trois jours plus tôt, contre 22 % qui s’y disaient opposés.

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Jean-Marie Le Pen n’excluait d’ailleurs pas en juillet dernier une candidature dissidente en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) pour les régionales de décembre, face à sa petite-fille, Marion Maréchal-Le Pen. Mais cette semaine, sa petite-fille a déclaré dans Var-Matin que ce dernier lui avait confirmé "qu’il ne partirait pas pour les régionales. Et il est inconcevable que ses soutiens partent sans lui…". Seulement, selon France 3 Côte d’Azur, une liste dissidente menée par Michel Cotta, ancien dirigeant du FN dans la région, est bien en train de voir le jour.

Florian Philippot dans le viseur

La situation est pourtant brûlante dans le Sud-Est où Jean-Marie Le Pen, qui réalise de très bons scores dans la région, compte de nombreux soutiens. Tout récemment encore, le 31 août, Christiane Pujol, une élue FN des Bouches-du-Rhône, a rendu sa carte pour rallier "le FN légitime de Jean-Marie Le Pen" tout en dénonçant dans un communiqué les "dérives politiques (…) de l’ancien gauchiste Florian Philippot". Christiane Pujol, encartée au FN depuis 1984, assure que "de très nombreux militants et adhérents suivent la même voie pour reconstruire le mouvement, le seul qui défendra les Français."

La menace de listes dissidentes en PACA, où des élus favorables à Jean-Marie Le Pen affichent des velléités dans ce sens, est en effet très forte. Ces derniers réclament également la démission de Florian Philippot, responsable à leurs yeux du changement de la ligne politique du parti et de l’éviction du cofondateur historique du Front national.

Le torchon brûle aussi à l’Est

Le Front national est maintenant sous la menace de deux fronts contestataires. En effet, Dominique Biry, un ancien cadre du parti, qui déplore "le programme économique gauchiste" du vice-président, espère pouvoir créer une liste dans la région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne. "Il nous manque 28 personnes", sur 169 colistiers pour former la liste, explique à Planet.fr Dominique Biry qui assure que parmi les 141 personnes qu’il a réunies se trouvent d’anciens frontistes.

Tout comme les dissidents de PACA, ceux-ci fustigent l’exclusion de Jean-Marie Le Pen ainsi que "le changement de programme du Front national" ou encore les propositions économiques jugées "gauchistes". En ligne de mire : Florian Philippot. "Politiquement, il est l’homme à abattre", déclare Dominique Biry qui qualifie ce dernier de "parachuté" et d’"ignoble personnage".

Les listes dissidentes ? "Une partie de bluff"

De son côté, Florian Philippot fait mine de ne pas être inquiété. "Ça n’est pas une liste dissidente, mais une liste d’extrême droite, comme il y en avait déjà aux régionales de 2010.", déclare-t-il au Figaro. "Il s'agit là de copains de Carl Lang (ancien numéro 2 du FN), et de nuls qu'on a virés (Dominique Biry dit avoir démissionné en avril) pour le bien du Front national. Ça fera 1%... Si liste il y a.", raille-t-il.

Contacté par Planet.fr, Bruno Bilde, le conseiller spéciale de Marine Le Pen, assure que ces velléités de listes sont "une partie de bluff" car les dissidents doivent faire "des millions de voix pour que leur campagne soit remboursée." "A chaque élection, surtout les régionales, on a toujours des listes dissidentes qui finissent par faire 1 % des voix.", résume-t-il.  

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Même si ce dernier assure que "Marine Le Pen n’est pas du tout inquiète et qu’au FN c’est un non-sujet", ces dissidences seront sans doute dans un coin de la tête de Marine Le Pen dimanche, lors de son discours à l’Université d’été du FN, où celle-ci devrait préciser la ligne du parti pour les élections régionales et les années à venir.

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