Aujourd’hui à la tête d’une petite fortune, le cofondateur du Front national a pourtant eu une enfance difficile. Né dans une famille pauvre, il a dû s'orienter vers des métiers manuels comme mineur de charbon ou encore marin pêcheur.

Actuellement dans le viseur de la justice avec sa fille pour avoir, selon la Haute autorité pour la transparence de la vie politique, sous-évalué leur patrimoine d’environ 60 %, Jean-Marie Le Pen est également visé par une procédure judiciaire pour l’existence d’un compte en banque caché en Suisse, sur lequel le "Menhir" aurait placé 2,2 millions d’euros, dont 1,7 million en lingots d’or.

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Si la fortune importante de Jean-Marie Le Pen est aujourd’hui au centre des interrogations, le cofondateur du Front national n’est pourtant pas né avec une cuillère en argent dans la bouche.

De la Résistance au travaux manuels difficiles

En effet, Jean-Marie Le Pen, né en 1928, est le fils de Jean Le Pen (1901-1942), patron pêcheur et conseiller municipal à la Trinité-sur-Mer (Bretagne), et d’Anne-Marie Hervé (1904-1965), couturière et fille de paysans. En 1942, il perd donc son père pendant la Seconde Guerre mondiale, à cause d’une mine allemande, et se retrouve pupille de la Nation. Jean-Marie Le Pen perdra ensuite sa mère vingt-trois ans plus tard ; il est alors âgé de 37 ans.

Deux ans après la mort de son père, le jeune Jean-Marie, élève boursier dans un collège jésuite, veut s’engager dans la Résistance. Mais âgé de 16 ans, le colonel Henri de La Vaissière, chef militaire des Forces françaises de l'intérieur (FFI) du Loir-et-Cher, refuse en lui disant : "Désormais, ordre est donné de s'assurer que nos volontaires ont bien 18 ans révolus. Tu es pupille de la Nation : songe à ta mère."

Pour assurer sa subsistance, celui qui deviendra le cofondateur du Front national enchaîne les métiers manuels harassants de son époque : marin pêcheur de chalutier, mineur de charbon, métreur d’appartements, ou encore ambulant des PTT. 

Dans les années 1970, la chance sourit à Jean-Marie Le Pen

Dans les années 1950, Jean-Marie Le Pen s’engage dans l’armée et prend même l’initiative auprès du président Auriol d’organiser une colonne de secours d’étudiants volontaires pour porter assistance aux populations sinistrées lors d’inondations aux Pays-Bas. Il sert comme officier dans le 1er Bataillon étranger parachutiste en Indochine. Devenu député de Paris à 27 ans – le plus jeune de l’Assemblée – en 1956, Jean-Marie Le Pen quittera son mandat pour se porter volontaire pour rejoindre le 1er REP durant la guerre d’Algérie.

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Redevenu député, il ne quittera plus le monde de la politique, cofondant en 1972 le Front national. C’est dans ces années que la chance autant que la fortune lui sourissent. Il fait alors la rencontre d’un certain Hubert Lambert, héritier de la société de ciment éponyme. Celui-ci se prend d’amitié pour le futur dirigeant du FN ; il faut dire que l’héritier est l’auteur de nombreux articles dans des revues nationalistes. Mais l’homme meurt sans descendance en 1976, à l’âge de 42 ans. Cependant, dans son testament, celui-ci a pris soin avant de mourir de léguer son patrimoine à Jean-Marie Le Pen.

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