Jean-François Copé a annoncé lundi lors d’une conférence de presse solennelle que "l’UMP est déterminée à mettre à disposition l’intégralité de sa comptabilité" et ce, au nom de la "transparence absolue". Cependant, et malgré l’apparente bonne volonté du président du parti d’opposition, personne dans l’immédiat ne pourra mettre le nez dans les comptes de l’UMP. Découvrez pourquoi.

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La meilleure défense c'est l'attaque?  Lors d’une conférence de presse solennelle organisée moins d’une semaine après que Le Point l’a accusé d’avoir surfacturé l’UMP au profit de ses amis, le président de l’UMP a annoncé qu’il n’avait pas l’intention de se laisser faire. Dénonçant une véritable "chasse à l’homme" menée contre lui, le maire de Meaux a en effet décidé de contre-attaquer. Et pour ce faire, il compte déposer deux projets de loi visant à améliorer la transparence des finances des partis politiques. Car si Jean-François Copé veut bien ouvrir les comptes de son parti, il souhaite également que les autres lui emboîtent le pas. Pas question pour lui que l’UMP soit le seul à mettre ses documents comptables à disposition. Ainsi, et afin de "prendre au mot les donneurs de leçons de la meilleurs manière, en faisant (s)ien ces objectifs de transparence et de démocratie", il veut contraindre les partis politiques bénéficiant d’une aide publique à ouvrir, eux aussi, leurs comptes depuis 2007. Et alors que selon lui certains médias n’hésitent pas à user de "méthodes dignes de l’Inquisition", Jean-François Copé voudrait par ailleurs que tous ceux qui reçoivent une aide de l’Etat se plient également à cet exercice de transparence.

Les documents seront placés "dans un pièce scellée par un huissier"Une riposte que les ténors de la majorité ont vivement critiquée. "C’est une réponse qui, dans notre démocratie, a été particulièrement brutale, ridicule sur le fond mais qui surtout voulait jeter l’opprobre sur tout le monde", a ainsi déploré le député PS Bruno Le Roux sur iTélé. Au-delà de la méthode choisie par Jean-François Copé pour riposter,  d’autres membres de la majorité ont vivement regretté les conséquences d’une telle annonce. "Transparence sous scellée. Seule conséquence immédiate de la déclaration de Copé : personne n’aura accès aux comptes de l’UMP même en interne", a souligné David Assouline, le porte-parole du PS.

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En effet, si le maire de Meaux  a consenti à ouvrir les comptes de son parti, il acceptera en revanche de le faire qu’une fois que ses deux projets de lois auront été votés. Il s’agit, selon lui, d’un "souci d’égalité de traitement". En attendant, tous les éléments comptables de l’UMP depuis 2007 seront donc placés "dans une pièce qui sera scellée par un huissier" et "rouverte" après l’adoption des deux projets, a prévenu Jean-François Copé. En d’autres termes, personne n’y aura accès ni ne pourra vérifier les accusations du Point tant que les deux projets de lois ne seront pas votés. "Je ne sais pas ce qu'il a mis sous scellés, la vérité visiblement", a de son côté raillé Harlem Désir, le premier secrétaire du PS au micro de RTL.

La semaine dernière, Le Point a accusé Jean-François Copé d’avoir surfacturé à l’UMP des prestations en marge de la campagne présidentielle de 2012 et ce, au profit de ses amis.

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