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Les électeurs iraniens se sont rendus en masse aux bureaux de vote pour ce rendez-vous électoral : L'enjeu du scrutin est de décider entre poursuivre la politique d'ouverture conduite par le président sortant Hassan Rohani, ou bien favoriser les investissements nationaux comme le souhaite le candidat conservateur Ebrahim RAissi. Hoessein Dehghan, ministre iranien de la Défense : 'Les préoccupations des gens sont claires : ils veulent la paix, la sécurité, la croissance et le développement. La nation ne veut pas de chômage pour les jeunes et souhaite que toutes les couches de la société soient débarrassées de la pauvreté.' Certains électeurs ont attendu plus d'une heure avant de pouvoir voter. La vice-présidente iranienne y voit le signe de l'unité du pays. Masoumeh Ebtekar, vice présidente iranienne : 'Les gens votent aujourd'hui pour dire que l'Iran est toujours debout, que les Iraniens sont là pour soutenir le développement de leur pays. Voter, c'est exprimer l'intégrité, l'unité et la puissance nationale. En participants, tous les groupes de la société se rassemblent, quelque soit leur religion ou leur ethnie' Les hommes et les femmes votent séparément dans les bureaux des mosquées, mais sont ensemble dans ceux des écoles. 'Nous avons eu une vie difficile, une enfance marquée par la guerre, mais malgré tout, nous espérons que le résultat convienne aux jeunes' explique une électrice. Jawad Montazeri est le correspondant d'Euronews à Téhéran : 'Le décompte des voix commencera à l'issue de la journée de vote et les résultats diront si les électeurs choisissent de poursuivre sur le chemin de la modération avec Rohani ou s'ils préfèrent un autre chemin avec son concurrent Raissi.
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Le président iranien sortant, Hassan Rohani, a voté ce matin à Téhéran pour ce scrutin où il est candidat pour un deuxième mandat. Hasan Rohani fait valoir qu'il est parvenu à faire chuter l'inflation, qu'il a négocié l'accord sur nucléaire et il propose de poursuivre sa politique d'ouverture. De son côté, le candidat conservateur Ebrahim Raissi est un religieux proche de l'ayatollah Ali Khamenei : il ne met pas en cause l'accord sur le nucléaire, mais estime qu'il n'a pas profité aux Iraniens les plus défavorisés. Comme son principal concurrent Hassan Rohani, Ebrahim Raissi s'engage à respecter le résultat du scrutin. Ebrahim Raissi, candidat à l'élection présidentielle iranienne : 'Si le résultat n'est pas celui espéré par l'un des candidats, par exemple si pour quelque que raison que ce soit ce n'est pas le résultat que je souhaite, cela ne doit pas être une raison pour perturber le processus électoral.' Outre le scrutin présidentiel, les 56 millions d'électeurs iraniens sont appelés aux urnes pour des élections municipales et notamment à Téhéran, Machad et Isapahan, les grandes villes qui sont aux mains des conservateurs. Les résultats définitifs sont attendus dimanche.
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L'Iran élira son nouveau président le 19 mai. L'ancien président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé qu'il pose sa candidature, ce qui serait son troisième mandat. Sa réélection contestée en 2009 a déclenché les plus grandes protestations nationales depuis la révolution 1979. Javad Montazeri d'Euronews l'a rencontré peu avant l'annonce par le Conseil de Gardiens de la Révolution, en charge de valider la désignation des candidats pour l'élection présidentielle. Javad Montazeri, Euronews : 'Docteur Ahmadinejad, bonjour et merci de répondre aux questions d'Euronews. Puis-je commencer en vous demandant quels changements vous avez pu constater en Iran depuis la fin de votre dernier mandat ?' Mahmoud Ahmadinejad : 'Au nom de Dieu, je voudrais saluer vos auditeurs et téléspectateurs, vous-même et vos collègues. Il y a beaucoup de différences entre le passé et le présent. Le monde change constamment . Aucun jour n'est le même dans la vie d'un individu et la même règle s'applique aux nations. Cependant, je ne pense pas que nous sommes devenus plus forts politiquement ou économiquement.' Euronews: 'Un des problèmes pendant votre présidence était les sanctions économiques et internationales qui ont été dures pour l'économie du pays. Après l'accord sur le nucléaire, il a été dit que beaucoup de sanctions ont été soulevées et que les problèmes étaient résolus. Je voudrais vous demander votre avis sur l'accord portant sur le nucléaire.' Mahmoud Ahmadinejad: 'C'est un accord légal qui a été signé entre l'Iran et plusieurs pays. En Iran, il a été approuvé par des institutions officielles et le Leader Suprême a annoncé son engagement. Donc, c'est maintenant un document légal. Mais en termes des espérances qui ont été créées et les entretiens portant sur le nucléaire, il a été présenté comme s'il allait résoudre tous les problèmes du monde et que toutes les sanctions de l'ONU aussi bien les sanctions illégales unilatérales et collectives sur l'Iran seraient levées, que les relations seraient rétablies et que chaque problème serait résolus. À mon avis, on n'a pas donné les informations exactes à la nation. Et ensuite nous avons vu que ce qui avait été dit ne s'est pas réalisé. Les sanctions ont continué, de nouvelles sanctions ont été imposées, certaines ont été prolongés. Dans l'accord, la capacité d'un suivi légal n'a pas été prévue.' 'Je pense que partout où des accords mondiaux atteignent un tel niveau, on doit fournir au peuple les véritables informations et on doit leur demander leur avis parce que, au final, ce sont les gens qui sont affectés. Mais selon l'Agence internationale de l'énergie atomique, les Iraniens ont accompli leurs engagements mais l'autre partie, non, et je pense qu'ils devraient le faire.' Euronews: 'Pourquoi avez-vous décidé de faire un pas en avant et vous présenter pour la troisième fois pour un mandat de président? Il y a quelque temps, le leader iranien l'Ayatollah Ali Khamenei vous a déconseillé de participer aux élections. Après cela, vous lui avez envoyé une lettre annonçant formellement que vous n'aviez aucune intention de déposer votre candidature à l'élection. Alors pourquoi avez-vous décidé de vous présenter finalement à la présidence? Beaucoup voient votre décision comme un défi à l'Ayatollah Khamenei. Quelle est votre réponse à cela?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Vous savez, c'est le devoir de chaque individu de participer à la vie de la société. Et on ne peut pas imposer à quelqu'un ne pas y participer. Il y a de la liberté en Iran. Quelqu'un qui a une idée et un plan peut participer et se soumettre aux votes des gens. Quelqu'un qui pense qu'il ou qu'elle peut faire quelque chose, peut faire un meilleur travail ou a de meilleures idées pour diriger le pays et lui faire faire un pas en avant, et je ne suis pas une exception. Comme j'ai dit le jour de l'enregistrement de ma candidature, le Leader de la Révolution n'a pas rendu une ordonnance, il a donné un conseil, en précisant ' Nous ne disons pas aux gens de participer ou non '. En plus, la situation a totalement changé. Ce n'est plus bipolaire, mais multi-polaire. De toute façon, j'ai annoncé le jour de l'enregistrement que je m'engageais avec mon ami et Frère Hamid Baghaei, mon ancien Vice-Président.' Euronews: 'Etes-vous confiant pour votre candidature, et qu'elle sera approuvée par le Conseil des Gardiens?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Il n'y a aucune raison... (interrompant Javad) Pourquoi donc?' Euronews: 'le Leader a clairement a soutenu votre candidature aux élections de 2009. Il semble aujourd'hui que vous n'avez pas le même soutien qu'à l'époque. Qu'en pensez-vous ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Il a soutenu chaque gouvernement et soutient le gouvernement actuel. S'il n'avait pas été là, le gouvernement actuel n'aurait pas pu signer l'accord sur le nucléaire ou avancer dans ses projets.' Euronews: 'Ma question suivante porte sur vos deux candidats rivaux principaux de l'élection 2009. Que pensez-vous au fait qu'ils sont toujours sous l'assignation à domicile, huit ans après l'élection ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Je l'ai dit auparavant, je n'aime pas que quelqu'un, et cela n'importe où dans le monde, soit en détention ou en prison. Je n'aime pas ça.' Euronews: 'C'est tout ce que vous avez à répondre ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Vous m'avez demandé mon avis et je vous l'ai dit: non, je n'aime pas ça, et c'est mon avis.' Euronews: 'Dans les médias et dans quelques cercles politiques, il est dit que votre candidature ainsi que celle de votre ancien vice-président M. Baghaei ne sont pas sérieuses et qu'elles sont simplement une tentative pour gagner une sorte d'immunité contre les charges de corruption politique et économique ? Que répondez-vous à ces critiques ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Vous savez j'ai une remarque d'ordre général pour les politiciens du monde entier. Pour être impliqué dans la politique, vous devez être véridiques, avoir des valeurs humaines et morales. Le recours à d'autres moyens ruinera le travail en politique. Les mensonges, les accusations, répandent des rumeurs qui sont très mauvaises. Nous avons des rivaux à l'intérieur du pays qui ne savent rien faire d'autre que de nous saper. Ils lancent des accusations contre nous sans aucune preuve. Heureusement, grâce à Dieu, aucune preuve n'a été présentée pour l'instant, autant dire qu'elles n'existent pas tout simplement.' 'La vie de M. Baghaei a été scrutée minutieusement. Beaucoup de commissions et de groupes institutionnels différents ont examiné son profil mais rien n'a pu être trouvé sur lui. Cependant, il y a quelques personnes qui pensent que, en retransmettant des informations fausses, ils peuvent les faire ressembler à la réalité. Il n'y a aucune procédure légale contre lui. Quelqu'un peut être le sujet d'accusations, mais il n'est pas difficile de faire valoir un argument contre quelqu'un. Vous devez simplement déposer une plainte, obtenir un numéro d'enregistrement et c'est le début d'une procédure légale. Mais ceux qui ont déposé n'ont pu prouver quoi que ce soit contre moi, M. Baghaei ou mes amis, et ils ne pourront jamais faire ainsi.' Euronews: 'Vous venez d'une faction ultra conservatrice, les Principlists, mais aujourd'hui...' Mahmoud Ahmadinejad (interrompant): 'Qu'entendez-vous par ' faction Principlist ' ?' Euronews: 'La faction qui se fait appeler ainsi...' Mahmoud Ahmadinejad: 'Ce n'est pas ça. Les Principlists ne m'ont pas soutenu du tout. J'ai toujours été lié à différents politiciens différents et au peuple sans jamais changé ma manière d'être. Mais si par Principlist vous voulez dire être engagé sur un ensemble de principes, alors vous pouvez le dire, à coup sûr. Je suis très engagé sur un ensemble de principes et de valeurs, et je ne suis pas enclin à les abandonner pour des rivalités politiques. Enfin, mon but est d'améliorer la situation pour le peuple, mon pays et le monde.' Euronews: 'Pensez-vous être populaire dans la société iranienne ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'J'ai une bonne relation avec le peuple. Vous devez regarder dans votre propre propre coeur pour trouver la réponse. Si vous aimez les gens, les gens vous aimeront en retour.' Euronews: 'Je veux dire : si vous obtenez l'approbation du Conseil des Gardiens, pensez-vous que cela vous fasse gagner en popularité ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Oui, je pense que les gens me donneront leur confiance' Euronews: 'Vous avez envoyé une lettre à M. Trump après qu'il son élection à la Présidense des États-Unis. Que contenait cette lettre et avez-vous obtenu une réponse ?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Vous n'avez pas lu cette lettre?' Euronews: 'Si, mais je veux l'entendre de votre bouche.' Mahmoud Ahmadinejad: 'M. Trump a fait des revendications et des promesses. Je lui ai rappelé ses promesses et lui ai expliqué comment il pourrait les accomplir. Je l'ai fait comme un devoir humain. Nous tous avons un tel devoir, à rappeler aux autres. Je l'ai fait comme un devoir. Cela n'a pas d'importance s'il l'accepte ou pas - j'ai fait mon devoir. Je lui ai dit quelle façon est juste et quelle façon est mauvaise.' Euronews: 'Et a t-il répondu?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Je ne m'attends pas à ce qu'il me réponde, c'est de la diplomatie publique et la diplomatie publique n'exige pas la réponse exclusive. L'idée est de s'adresser au monde entier en visant une personne.' Euronews: 'A propos de la situation en Syrie, après la récente attaque de missile américaine. Où pensez-vous que cela va mener?' Mahmoud Ahmadinejad: 'Je pense que M. Trump a choisi le chemin de la guerre malgré les promesses qu'il a faites à son peuple. Je l'ai déjà dit et je le dis à nouveau : cette guerre mènera certainement à la chute de l'hégémonie américaine dans le monde.' 'Je crois qu'il y a beaucoup de raisons à cela mais je l'expliquerai une autre fois.' 'L'Iran, les Etats-unis, la Russie, l'Arabie Saoudite, la Turquie - nous tous doivent se donner la main pour travailler à la sécurité, au dialogue et à la paix en Syrie. Et deuxièmement, pour aider à accomplir la volonté et la souveraineté du peuple syrien. Nous devons respecter la souveraineté syrienne et laisser le peuple choisir ce qu'ils veulent et nous devrions accepter leur choix. Personne, personne n'est au-dessus du peuple Syrien, personne.' Euronews: 'Comment avez-vous passé votre temps depuis la fin de votre mandat?' Mahmoud Ahmadinejad: 'J'étudie, j'enseigne à l'université. Je poursuis des recherches dans mes champs d'études politiques, économiques et internationaux. Une partie considérable de mon temps est consacrée à rencontrer des gens ordinaires aussi bien que des personnalités nationales ou internationales. Je fais aussi de l'exercice physique, je voyage et il m'arrive aussi de m'amuser...' Euronews: 'Merci Dr. Ahmadinejad.'
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A quelques jours de l'élection présidentielle en Iran, Euronews a rencontré l'ancien président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. A 61 ans, il a créé la surprise en s'inscrivant pour la présidentielle malgré l'avis contraire du guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei. Il évoque l'accord trouvé avec les Etats-Unis et 5 grandes puissances sur le nucléaire. 'À mon avis, on n'a pas donné les informations exactes à la nation. Et ensuite nous avons vu que ce qui avait été dit ne s'est pas réalisé. Les sanctions ont continué, de nouvelles sanctions ont été imposées, certaines ont été prolongés. Dans l'accord, la capacité d'un suivi légal n'a pas été prévue', a expliqué Mahmoud Ahmadinejad. Notre journaliste, Javad Montazeri, a aussi pu l'interroger sur les conséquences de l'attaques américaine en Syrie. 'Je crois que Monsieur Trump a choisi la voie de la guerre au lieu des promesses qu'il avait faites au gens. Je l'ai dit avant et je le répète : cette guerre conduira sûrement à la fin de l'hégémonie mondiale des Etats-Unis. L'Iran, les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie Saoudite, la Turquie, nous devons tous oeuvrer main dans la main pour travailler principalement sur la sécurité, le dialogue et la paix en Syrie. Et ensuite, pour aider à réaliser la volonté et la souveraineté du peuple Syrien', a déclaré Mahmoud Ahmadinejad.
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La course à la présidentielle en Iran. Les inscriptions sont désormais ouvertes pour tous les candidats potentiels à ce scrutin qui doit se dérouler le 19 mai prochain. Ils ont jusqu'à samedi pour s'enregistrer. La liste officielle des candidats retenus sera annoncée le 27 avril prochain. Ils auront alors trois semaines pour faire campagne. Parmi les candidats et ils sont très nombreux, le conservateur Mostafa Mir Salim. 'Je me présente à vous soutenu par un parti politique qui a 50 ans d'expérience. Je suis venu pour récupérer et vous rendre la part de la Révolution islamique qui est la vôtre', a dit l'ancien ministre iranien de la Culture. Autre figure importante sur la longue liste des candidats potentiels, le blogueur Mehdi Khazali, connu ces dernières années pour ses critiques virulentes et récurrentes à l'égard de l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad. 'Dans mon gouvernement, nous devrons chercher à éliminer les tensions avec le monde entier et à établir une interaction mutuelle positive. Ne devenons pas hostiles envers ceux que nous prétendons nous être historiquement redevables', a dit Mehdi Khazali. Le président modéré Hassan Rohani, élu en 2013 avec le soutien des modérés et réformateurs, devrait se présenter pour un second mandat de quatre ans. Et ce, même si les difficultés économiques et les menaces du président américain Donald Trump d'imposer de nouvelles sanctions ont provoqué de nombreux doutes sur sa stratégie d'ouverture vers l'Occident.
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La Syrie, le Yémen, la production de pétrole, sont les grands sujets qui ont occupé les conversations de Vladimir Poutine et de Hassan Rohani. En visite à Moscou, le président iranien a affiché sa très bonne entente avec son homologue russe. Les deux pays se sont mis d'accord pour réduire leur production de pétrole, afin, disent-ils, de stabiliser le marché mondial. 'Les grandes compagnies russes, a dit Vladimir Poutine, ont conclu une série d'importants accords sur le développement de larges exploitations pétrolières et gazières en Iran. Nos pays vont coopérer dans le cadre du Forum des pays exportateurs de gaz. Nous allons coordonner nos efforts pour stabiliser les marchés pétroliers'. Pour le président iranien, il s'agit de la neuvième visite en Russie. C'est aussi sa dernière en tant que président avant les prochaines élections en Iran. Hassan Rohani : 'Les décisions que nous avons prises ces derniers mois et aujourd'hui montrent que nous continuons de développer nos relations bilatérales dans les domaines culturel, économique et scientifique de manière stratégique'. Concernant la Syrie, les deux présidents ont annoncé la reprise prochaine des pourparlers qu'ils patronnent, avec la Turquie, au Kazakhstan.
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C'est autour de cette table, à Astana, que la coopération entre Moscou et Téhéran s'est consolidée ces derniers mois. Les deux puissances et la Turquie ont volé la vedette aux Etats-Unis et pris l'avantage sur les négociations de paix en Syrie, alors que les Nations-Unies piétinent. Les deux alliés de Bachar El Assad s'affichent très clairement dans les rues d'Alep, tombée grâce à leur soutien militaire. Ici, les bombes russes ont largement aidé à la reconquête de la ville, et la présence iranienne est bien visible. Ces affiches en pleine rue de portraits de Assad, Poutine, Khameini et Nassrallah, du Hezbollah libanais, redéfinissent à elles seules la géopolitique locale. En laissant Moscou utiliser une de ses bases militaires pour lancer ses jets sur la Syrie, Téhéran s'était rapidement positionné.Sur le terrain syrien, l'Iran et la Russie qui n'ont jamais été des alliés traditionnels, se sont retrouvés autour d'intérêts communs. D'aucuns évoquent l'arc chiite Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth auquel aspire la république islamique, et que Moscou soutiendrait face à l'axe sunnite, pourvoyeur de djihadistes, bêtes noires de Poutine : la Turquie, la Jordanie, l'Arabie Saoudite et d'autres pays du Golfe persique, soutenus par Washington. On schématise, mais du point de vue de la Realpolitik entre l'Iran et la Russie, ce sont des ennemis communs assurément. Et c'est bien suffisant pour nourrir les craintes d'Israël. Avant la visite programmée de Rohani à Moscou, Benjamin Netanyahu avait lui aussi fait le voyage (9/03) pour mettre en garde Vladimir Poutine sur les prétendues prétentions iraniennes dans la région, et notamment la possibilité que Téhéran cherche à construire des structures militaires permanentes en Syrie. Quelques jours auparavant, l'Iran testait ostensiblement les missiles S-300, enfin délivrés par la Russie l'an dernier, dix ans après la signature du contrat. Une livraison qu'Israël avait tenté de bloquer, craignant qu'ils n'atterrissent entre les mains du Hezbollah. Mais n'en déplaise à Tel Aviv, outre des intérêts stratégiques et conjoncturels, Moscou et Téhéran ont aussi des intérêts économiques communs. Concurrents sur le marché énergétique, ils n'ont ni l'un ni l'autre intérêt à la baisse des prix du pétrole. Echange de technologie, vente d'armes, etc, sont aussi au programme. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a augmenté de 80 % l'an dernier par rapport à 2015, pour atteindre 2,2 milliards de dollars américains. Reste que si la guerre en Syrie et des liens économiques permettent un rapprochement de Moscou et Téhéran, la vision géostratégique de Poutine est plus large, elle inclut Ankara et Washington dans l'équation, et Téhéran reste sur ses gardes. C'est sans doute pour cela que c'est la neuvième fois en quatre ans que le président iranien Hassan Rohani rencontre le chef du Kremlin.
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L'hymne national iranien a retenti pour l'entrée en fonction du Parlement ce samedi à Téhéran. Pour l'occasion, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a exhorté dans un message les élus à résister aux 'ruses' des ennemis de l'Iran. De son côté, le président Hassan Rohani a déclaré que pour atteindre la croissance économique l'Iran devait s'entendre avec le reste du monde. 'Avec ces élections, le peuple a dit vouloir une amélioration du niveau de vie et des relations avec le monde extérieur basées sur la paix et la dignité' a-t-il ainsi déclaré. Le Parlement iranien doit élire dimanche ou lundi son président et son bureau : seul ce résultat pourra dire qui des conservateurs ou des réformateurs alliés aux modérés détiennent la majorité dans la nouvelle assemblée : pour l'heure, l'équilibre des forces au Parlement reste incertain.
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Environ un tiers des électeurs iraniens étaient appelés aux urnes ce vendredi pour le second tour des élections législatives. Seuls 68 des 290 sièges que compte le Parlement sont en lice, la grande majorité des candidats ayant été élus dès le premier tour, qui avait été marqué par la défaite des ultra-conservateurs et par la victoire, à Téhéran, des candidats réformateurs et modérés, favorables à la politique d'ouverture d'Hassan Rohani. A la recherche d'une majorité à l'assemblée, les alliés du président iranien sont toutefois au coude-à-coude avec les conservateurs modérés. Ce scrutin intervient trois mois après l'entrée en vigueur de l'accord sur le nucléaire, qui a entraîné la levée d'une grande partie des sanctions internationales contre le régime de Téhéran. Mais les Iraniens peinent encore à ressentir les effets dans leur vie quotidienne. Le chômage touche 11% de la population, essentiellement des jeunes. Avec AFP Cinq choses à savoir sur le second tour des élections législatives en Iran https://t.co/EFlrrebdSh- Guérard Jean-Charles (@GuerardJean) 29 avril 2016
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Rome ne veut pas manquer les opportunités d'échanges avec l'Iran. Matteo Renzi est en visite à Téhéran depuis ce mardi, et ce pour deux jours. Le Premier ministre italien, accompagné d'une large délégation, veut renouer les liens avec la République Islamique, dont il était le premier partenaire commercial européen avant la mise en place des sanctions économiques levées l'été dernier. Ces échanges commerciaux, qui ont pesé jusqu'à sept milliards d'euros dans la balance commerciale italienne, avaient été divisés par quatre au cours de la dernière décennie, avant l'accord sur le nucléaire iranien. Le chef du gouvernement italien a rencontré Hassan Rohani, qui s'était rendu dans la capitale italienne trois mois plus tôt. Le Président iranien avait alors signé des contrats à hauteur de vingt milliards de dollars avec son partenaire européen dans les secteurs pétrolier et naval, et dans celui des transports. Renzi arriva in Iran per visita ufficiale: stretta di mano con Rohani https://t.co/641fUHkDuV- la Repubblica (@repubblicait) 12 avril 2016
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L'Iran affirme avoir testé à titre dissuasif de nouveaux missiles balistiques, l'un d'entre eux portant la mention 'Israël devrait être effacé de la surface de la Terre', selon deux agences de presse iraniennes. Les tirs ont en fait été effectués par le corps d'armée religieux des Gardiens de la Révolution, et ont atteint des cibles situées à 1.400 km de leur base de lancement souterraine. 'Inacceptable' pour Joe Biden, le vice-président américain, en visite en Israël : 'Nous sommes unis dans l'idée qu'un Iran doté de l'arme nucléaire représente une menace absolument inacceptable pour Israël, la région et les Etats-Unis. Je veux redire ici - parce que je sais que les gens en doutent - que nous agirons s'ils violent l'accord'. Ces tests de missile, pourtant, sont sans rapport avec l'accord sur le nucléaire iranien trouvé au plus haut niveau international en juillet dernier. Mais c'est bien en rapport avec le programme de missiles balistiques de l'Iran que les Etats-Unis ont annoncé en janvier de nouvelles sanctions.
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Secrétaire général du Haut conseil iranien pour les droits de l'Homme et conseiller de premier plan auprès du Guide suprême, Mohammad Javad Larijani évoque avec nous, les droits de l'Homme et la politique étrangère de son pays. Il justifie les nombreuses exécutions commises dans le pays, notamment de mineurs. Lors d'une 'précédente interview il y a deux ans'http://fr.euronews.com/2014/11/07/l-iran-est-victime-d-un-terrorisme-med..., nous avions déjà évoqué avec Mohammad Javad Larijani, les nombreuses atteintes aux droits de l'Homme en Iran commises par des instances liées au gouvernement et à l'appareil judiciaire. Il avait promis le changement. Depuis lors, les Nations-Unies et Amnesty International ont pointé du doigt quantité de violations de ce type, notamment le fait que les exécutions dans le pays n'ont jamais été aussi nombreuses. Fariba Mavaddat, euronews : 'L'an dernier, il y a eu 900 exécutions en Iran : elles ont notamment concerné un certain nombre de mineurs qui étaient de simples enfants au moment des faits qui leur sont reprochés.' Mohammad Javad Larijani, du Haut conseil iranien pour les droits de l'Homme : 'Les exécutions qui ont lieu en Iran se font dans le cadre de la loi. Il faut souligner que 90% de ces cas ont à voir avec des délits liés aux stupéfiants.' 'Il y a une grande différence entre un enfant et un mineur' Fariba Mavaddat : 'Actuellement, d'après Amnesty International, 160 mineurs sont sous le coup d'une condamnation à mort. Certains le sont depuis sept ans. D'après vous, comment peut-on se sentir quand on grandit en attendant d'être exécuté ?' Mohammad Javad Larijani : 'Tout d'abord, il y a une grande différence de concept entre un enfant et un mineur.' Fariba Mavaddat : 'A 17 ans, on est encore mineur d'après le Pacte international relatif aux droits civils et politiques...' Mohammad Javad Larijani : 'Un mineur peut être assez proche du statut légal d'une personne majeure : il se peut qu'il l'atteigne quelques mois plus tard. Une personne de moins de 18 ans, en principe, ne peut pas être condamné à mort sauf si le juge la considère suffisamment capable de porter la responsabilité de ses actes.' No reservation, no exception. Stop sending juvenile offenders to the death row HassanRouhani #Iran #DeathPenalty pic.twitter.com/rXqyxSdRzo- Amnesty Iran (AmnestyIran) 4 mars 2016 Fariba Mavaddat : 'Comment est-ce possible qu'un juge puisse statuer deux ou trois ans après les faits que telle personne dans de telles circonstances, dans telle situation, avait à ce moment-là, la maturité d'esprit suffisante ?' Mohammad Javad Larijani : 'La procédure ne débute pas trois ans après les faits. Elle démarre immédiatement après que le délit a été commis. Dans certains cas - dans la plupart des cas -, la justice a besoin d'un psychologue, d'un médecin pour établir l'état physique et mental de la personne en cause.' Mineur au moment des faits, Saman Naseem a été exécuté pour 'activité terroriste' Fariba Mavaddat : 'Permettez-moi de citer l'exemple de Saman Naseem qui a été arrêté quand il avait 17 ans, puis exécuté l'an dernier. Son délit : 'Inimitié à l'égard de Dieu.' J'aimerais vous demander : 'Dieu ne peut-il pas se débrouiller seul face à un enfant ?' Mohammad Javad Larijani : 'C'est un intitulé. Cet intitulé correspond à un certain nombre de délits pour lesquels la peine capitale peut être prononcée. Quelqu'un comme Naseem, malheureusement, a été pris pour activité terroriste en réalité.' Fariba Mavaddat : 'M. Larijani, en toute franchise, n'avez-vous pas fait des erreurs quand vous aviez 16, 17 ou 18 ans. Des choses que vous regrettez aujourd'hui ?' Mohammad Javad Larijani : 'Il m'arrive de faire des erreurs et de me dire ensuite : 'Oh mon Dieu, je préfererais ne pas les avoir faites.' Le système de sanction en Iran n'est pas fondé sur la revanche, mais sur la réhabilitation.' Fariba Mavaddat : 'C'est pour ça que des mineurs sont exécutés ?' Mohammad Javad Larijani : 'C'est pour cette raison qu'il y a beaucoup d'exemptions pour les mineurs. Mais ils s'y exposent, par exemple en cas d'activités terroristes.' 'La liberté d'expression illimitée n'est pas raisonnable' Fariba Mavaddat : 'Passons à un autre sujet : la liberté d'expression. Facebook est bloqué, des bloggers sont régulièrement interpellés et emprisonnés et la moindre critique envers le système ou envers le Guide suprême peut se solder par une lourde peine.' Mohammad Javad Larijani : 'Eh bien, la liberté d'expression illimitée n'est pas raisonnable et nulle part, elle n'est garantie. Les gens peuvent critiquer l'ensemble du gouvernement de fond en comble sur les questions de gouvernance et de politique...' Fariba Mavaddat : 'Evoquons les élections à présent : les résultats du dernier scrutin montrent que les modérés et les réformateurs ont obtenu la majorité au Parlement, mais c'est quelque chose de théorique puisque le Conseil des Gardiens de la Constitution a le dernier mot et un droit de veto sur toutes les lois adoptées au Parlement et dans les faits, ce Conseil composé de conservateurs rend le Parlement inopérant.' Mohammad Javad Larijani : 'Le rôle du Conseil n'est pas d'intervenir dans les décisions. Ses membres ont simplement deux choses à faire : établir si la loi est contraire à la Constitution et si elle est conforme aux préceptes de l'Islam. Le Conseil des Gardiens est une institution complémentaire qui examine si la loi respecte ou non la Constitution.' Fariba Mavaddat : 'Parlons économie. L'Iran est en train de s'ouvrir à des contrats avec de firmes internationales de l'énergie comme BP et Shell. Comment expliquer que ces négociations se passent derrière des portes closes et dans un absolu secret ? Vous savez, le pétrole est une richesse nationale. Tout ce pétrole jusqu'à la moindre goutte appartient aux Iraniens. Pourquoi ne pourraient-ils pas être informés des termes dans lesquels on vend leur richesse ?' Mohammad Javad Larijani : 'Premièrement, il est du devoir du gouvernement de conclure ces accords et quand il est en train de négocier un accord, je ne crois pas que ce soit courant de le faire en public.' 'On lutte très fortement contre la corruption' Fariba Mavaddat : 'Les Iraniens ont le droit d'avoir accès à ces informations. Sinon, on pourrait accuser les négociateurs et les autorités iraniennes de pots-de-vin et de corruption.' Mohammad Javad Larijani : 'Les pots-de-vin, cela fait partie de la corruption qui peut se produire ailleurs dans le monde. On n'est de toutes façons, pas à l'abri de telles pratiques, que les négociations se fassent publiquement ou non. On doit avoir un système de contrôle capable d'empêcher les pots-de-vin.' Fariba Mavaddat : 'Est-ce que ce système de contrôle existe aujourd'hui en Iran ?' Mohammad Javad Larijani : 'Oui, on lutte très fortement contre la corruption. Mais la corruption est une maladie internationale, une maladie mondiale. On ne peut pas l'éradiquer, mais on peut la réduire, on peut la contrôler.' 'On n'a jamais envoyé de soldats en Syrie' Fariba Mavaddat : 'Vous êtes aussi un conseiller de premier plan sur les questions internationales auprès du Guide suprême. Pourriez-vous me dire pourquoi ces deux dernières semaines, l'Iran a retiré presque tous ses soldats de Syrie et n'y a maintenu que 700 conseillers militaires ? Quel accord avez-vous conclu avec d'autres acteurs dans cette région ?' Mohammad Javad Larijani : 'On n'a jamais envoyé de soldats là-bas. On aide la Syrie à préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale.' Fariba Mavaddat : 'Où en sont vos relations avec la Turquie et l'Arabie saoudite ?' Mohammad Javad Larijani : 'On ne peut pas échapper au fait que nous sommes voisins. On est capable de nous défendre nous-mêmes, mais ce n'est pas suffisant. Il faut empêcher la région de sombrer dans le chaos.' 'Ceux qui ont créé cet 'Etat islamique' paieront un prix élevé, qu'il s'agisse des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne ou des pays de la région' Fariba Mavaddat : 'Rapidement, parlons de l'organisation Etat islamique. Elle a été plutôt utile - pourrait-on dire - : elle vend le pétrole qui ne pourrait pas facilement être vendu autrement sur le marché, et ce pour plusieurs raisons. Parmi lesquelles, les sanctions à l'encontre de l'Iran. L'organisation dispose de ses propres banques pour faciliter les transactions financières. Donc finalement, si la coalition et l'Iran voulaient vraiment détruire l'Etat islamique, ce serait facile.' Mohammad Javad Larijani : 'Je pense que ce dont vous parlez, c'est l'ironie de la situation. Ces gens sont des parasites qui ont été formés pour atteindre des objectifs politiques, mais aussi économiques. C'est une situation nouvelle, mais je crois que ceux qui ont créé ce prétendu Etat islamique, le financent et le soutiennent, paieront un prix élevé, qu'il s'agisse des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne ou des pays de la région. Ce ne leur sera pas profitable à terme.'
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Le chef de la diplomatie iranienne insiste pour que les accords de Munich pour un cessez-le-feu en Syrie soit respecté. Après s'être entretenu hier à Bruxelles avec son homologue européenne, Federica Mogherini, Javad Zarif doit prendre ce matin la parole devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.
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La République islamique a annoncé hier qu'elle octroierait des visas de 30 jours aux étrangers débarquant dans ses aéroports. Tous sont les bienvenus à l'exception de ressortissants de neuf pays : la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Jordanie, le Canada, l'Irak, la Somalie, le Bangladesh, l'Afghanistan, et le Pakistan.
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Cette semaine, les télévisions européennes ont braqué leurs caméras sur la visite du président iranien en Europe. RTP Le président iranien Hassan Rohani a été reçu par l'Italie et la France, une première depuis que les sanctions internationales liées au programme nucléaire de l'Iran ont été levées. Des accords économiques et commerciaux ont été signés avec Paris et Rome, mais Rohani a aussi eu à faire à des manifestations de défenseurs des droits de l'homme. Le reportage de la télévision publique portugaise sur la question. RSI La visite de Rohani en Italie a partiellement été assombrie par la controverse sur la dissimulation des statues de nus du Musée du Capitole de Rome. Une initiative prise par respect pour la culture et la sensibilité de l'Iran qui n'aurait rien demandé. Le gouvernement Renzi a ordonné une enquête pour trouver qui était responsable de ce qui s'avère être un acte d'auto-censure. La télévision suisse italienne a fait son enquête. RAI 3 Pendant une rencontre privée au Vatican, le Pape François a appelé Téhéran à jouer un rôle clef dans l'arrêt de la propagation du terrorisme et du trafic d'armes. Un message qu'Hassan Rohani a semblé vouloir prendre en considération, alors que l'Iran essaie d'améliorer globalement son image. La télévision italienne Rai 3 a suivi la rencontre. France 3 Le tourisme fait partie des secteurs de l'économie iranienne qui devrait bénéficier le plus de cette nouvelle ère de relation avec l'Europe. Une tendance déjà amorcée en France où les touristes sont de plus en plus attirés par cet ancien Etat paria. La télévision publique française a mené son enquête.
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Qualifié d'historique, l'accord sur le nucléaire iranien va mettre un terme à des années de sanctions contre la République islamique, notamment toutes celles imposées par les Nations unies entre 2006 et 2010. Mais l'histoire avait commencé bien avant. En 1979, la révolution islamique est suivie quelques mois plus tard par la prise d'assaut de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. La crise des otages américains durera 444 jours et obligera alors l'administration américaine Carter à rompre toutes relations diplomatiques avec Téhéran. Très rapidement, Washington impose les premières sanctions économiques en avril 80 : gel des avoirs iraniens aux Etats-Unis, puis interdiction des échanges de biens et services avec l'Iran. Une deuxième phase se déroule en 1995. Cette fois, c'est le pétrole qui est directement visé. L'Iran a été mis sur la liste noire des pays soutenant le terrorisme, et les Etats-Unis vont plus loin en interdisant le commerce du pétrole avec l'Iran, en interdisant aux compagnies du monde entier d'investir dans l'industrie pétrolière iranienne sous peine de sanctions commerciales avec eux. L'aggravation de ces mesures aura lieu à partir de 2005, avec l'arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad. Trois ans plus tôt, le monde a découvert l'existence d'un programme nucléaire iranien, un temps gelé, il reprendra après l'élection d'Ahmadinejad, celui-ci refusant de céder aux injonctions du conseil de sécurité de l'ONU. Entre 2006 et 2008, alors que les Etats-Unis durcissent les mesures déjà prises, c'est l'entrée en scène des résolutions de l'ONU et des restrictions commerciales imposées par l'Union européenne. L'économie iranienne commence à pâtir de ce régime de sanctions, mais le bras de fer se poursuit. En 2009, Ahmadinejad est réélu, non sans contestation. Il campe sur ses positions. Les sanctions se durcissent encore. Et cette fois, elles s'étendent aux banques et aux avoirs des membres du gouvernement. Du gel des avoirs, à de nouvelles sanctions commerciales, financières, bancaires, en passant par un embargo sur les armes et la confirmation de l'embargo sur le pétrole, tous les pans de l'économie iranienne sont alors touchés. Maintenant avec la levée des sanctions liées au programme nucléaire iranien, des responsables américains pensent que l'Iran pourrait rapidement toucher 50 milliards de dollars de ses recettes pétrolières, jusqu'ici bloqués dans des banques étrangères. Une manne qui devrait redonner du souffle à l'économie iranienne. Par contre, les Etats-Unis ont adopté de nouvelles sanctions pour protester contre le programme de missiles balistiques de l'Iran, cette fois-ci. Téhéran les a qualifiées 'd'illégitimes'. Elles concernent cinq ressortissants iraniens et un réseau d'entreprises basées aux Emirats arabes unis et en Chine, qui ont été ajoutée sur la liste noire financière américaine, selon le Trésor à Washington.
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Hossein Alavi, euronews : Commençons par l'une des grandes préoccupations du moment, qui est également un sujet important en Iran : l'environnement. Nous savons que l'Iran est confronté à une crise de l'eau et que de nombreuses ressources environnementales sont menacées. Face à un tel danger, quels sont les projets de l'Organisation de défense de l'environnement que vous dirigez ? Masoumeh Ebtekar : Ce que vous venez de souligner est tout à fait correct. Les premières mesures, adoptées par le gouvernement du Dr Rohani, ont consisté à changer les approches des administrations, concernant la gestion et l'usage des ressources en eau. Nous prêtons aussi une attention particulière à la préservation des ressources naturelles. Si les ressources naturelles avaient été préservées, nous n'aurions probablement pas eu de telles crises comme celles qui ont frappé le Lac d'Ourmia et d'autres zones humides importantes du pays. Une approche différente a donc été adoptée par le gouvernement. Le Conseil de l'eau et le Conseil suprême de l'environnement ont travaillé sur une meilleure gestion des ressources, en tenant compte de la situation de pénurie d'eau ; ils se sont aussi penchés sur un changement des habitudes agricoles. euronews : A quel point le peuple iranien est-il conscient de ce danger ? Les médias peuvent-ils parler et écrire librement sur ces sujets pour que les gens soient informés ? Et que font exactement les experts dans ce domaine ? Masoumeh Ebtekar : Ce sont des sujets qui sont très souvent évoqués. Le public est donc informé à la fois par les médias d'État et par les médias indépendants. De nombreux débats sont menés par des experts et des scientifiques. Fort heureusement, les universités et les centres de recherche travaillent sur ces problématiques. Et nous avons très souvent invité des consultants internationaux. euronews: Parlons un peu de politique. Vous êtes connue en Iran comme étant une figure réformiste. Après l'accord sur le nucléaire, on sait que Monsieur Rohani avait besoin d'un Parlement qui soutiendrait le gouvernement. C'est la raison pour laquelle, les prochaines élections parlementaires, qui se tiendront en février, sont très importantes. Le président Rohani a souligné que le prochain Parlement ne devrait pas être constitué d'une seule faction, mais qu'il devrait être multi-factions. Mais, avec le Conseil des Gardiens qui supervise les élections, comment les attentes de Monsieur Rohani peuvent-elles se concrétiser ? Masoumeh Ebtekar : Le président a dit plusieurs fois que son gouvernement souhaitait des élections équitables et libres afin que toutes les factions politiques, tous ceux qui croient en la Constitution iranienne, qui sont intéressés par l'avenir de l'Iran, puissent participer aux futures élections parlementaires. Le gouvernement, le ministre de l'Intérieur, les gouverneurs et le Comité exécutif des élections ont tous beaucoup de responsabilités. Il y a des défis, c'est évident. Mais comme d'autres pays, nous avons des divergences de vues et le gouvernement respecte toutes les différences d'opinions. Nous voyons cela comme une opportunité absolue ; bien sûr, tout cela doit se faire dans le respect de la loi et des règlements. La loi a le dernier mot ; d'ailleurs, notre Président, lui-même, est avocat. Compte tenu de la position prise par le gouvernement, nous espérons que les élections iraniennes seront une réussite, si Dieu le veut. euronews: Madame Ebtekar, en tant que vice-présidente, vous avez été la première femme à atteindre un tel niveau politique. Mais 37 ans après la Révolution, les femmes sont finalement peu présentes à de tels niveaux de responsabilité. Pourquoi ? Peut-on espérer, qu'à l'avenir, plus de femmes participeront à la vie politique et aux prises de décisions au plus haut niveau? Masoumeh Ebtekar : Eh bien, nous avons beaucoup progressé dans beaucoup de domaines en matière de représentation des femmes au cours des 37 dernières années. Par exemple, dans le domaine de l'Éducation, la présence de femmes iraniennes à différents niveaux est plus que remarquable. En matière de participation politique, nous avons eu beaucoup de hauts et de bas, comme n'importe quel autre pays. Mais, de manière générale, ce gouvernement prête beaucoup d'attention à la question de la présence des femmes. Le Dr. Rohani compte trois femmes parmi ses vice-présidents : une vice-présidente pour les affaires juridiques, une vice-présidente en charge des femmes, et moi-même, qui travaille dans l'agence pour l'environnement. Il y a des femmes qui occupent des postes de députés adjointes et de directrices générales dans de nombreux ministères. Au sein de l'organisation de défense de l'environnement, deux de mes adjoints sont des femmes ; il y aussi beaucoup de managers femmes. Par ailleurs, il est intéressant de constater que beaucoup de femmes ont réussi au niveau rural et que beaucoup d'entre elles ont intégré les conseils ruraux. euronews: Dernière question, Madame Ebtekar. En 1979, vous êtiez parmi les étudiants les plus actifs lors de la crise des otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Nous savons désormais que les Etats-Unis et l'Iran ont pris le chemin de la diplomatie et de la négociation. Quel est votre sentiment aujourd'hui ? Pensez-vous que, dans un avenir proche, nous allons assister à une amélioration des relations entre l'Iran et les Etats-Unis ? Masoumeh Ebtekar : Ce qui est arrivé en 1979 était le résultat d'une longue période d'interventions américaines en Iran. À cette époque, les étudiants étaient très inquiets qu'un évènement similaire au coup d'État de 1953 contre le gouvernement de Mohammad Mosaddegh puisse se reproduire. Ils étaient très inquiets que l'Histoire se répète et c'est probablement la raison pour laquelle ils avaient agi de la sorte afin d' empêcher que de tels évènements ne se reproduisent. Aujourd'hui, l'Iran veut ouvrir une nouvelle ère de relations avec le monde. Nous espérons fortement établir des relations logiques et justes avec tous les pays pour que nous puissions, si Dieu le veut, changer la situation et assister à des évolutions à la fois, en ce qui concerne les relations entre l'Iran et les Etats-Unis, mais aussi en ce qui concerne le rôle que l'Iran peut jouer dans toute la région.
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Mahmoud Ahmadinejad veut-il reconquérir le pouvoir ? Selon l'agence Associated Press, qui a fourni des images de l'ancien président iranien prises ce lundi à Téhéran, Ahmadinejad a lancé une campagne politique alors que des élections législatives sont prévues en février. En juin, des médias iraniens indiquaient déjà que d'anciens ministres d'Ahmadinejad, avaient créé un mouvement politique dans ce but. D'après Mehrdad Khadir, journaliste d'un site d'information sur internet Asr Iran, être au pouvoir est d'une importance cruciale pour Ahmadinejad. 'Il n'a pas de soutien parmi les citoyens de la classe moyenne dans les grandes villes, et même dans les petites. Mais les classes inférieures qui sont facilement attirées par de simples slogans, pourraient apprécier encore le style d'Ahmadinejad, même s'ils ne le préfèrent pas forcément en tant que personne'. Mahmoud Ahmadinejad a été un président controversé de 2005 à 2013. Une ère marquée notamment par la répression de la contestation postélectorale de 2009. Selon Mehrdad Khadir, le guide suprême 'pourrait saluer une participation de l'ancien président aux élections si cela ravive la concurrence, crée de l'enthousiasme et si' Ahmadinejad n'est pas soupçonné 'de corruption', comme l'ont été deux de ses anciens proches. Avec AP
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Le procès de Jason Rezaian, le correspondant du Washington Post détenu en Iran depuis près de 10 mois, s'est ouvert ce 26 mai, à huis clos. Rezaian est accusé 'd'espionnage', de 'collaboration avec des gouvernements hostiles', de 'collecte d'informations confidentielles et propagande contre la République islamique'. Un procès jugé indigne par le Washington Post. Douglas Jehl, service politique étrangère, Washington Post: 'Notre objectif a vraiment été de tout faire pour essayer de gagner la liberté de Jason. Nous avons travaillé avec à peu près tous ceux qui pouvaient éventuellement nous aider: les gouvernements, les émissaires privés, d'autres, dans l'espoir que l'Iran entendrait ce message qu'il était ridicule de détenir un journaliste comme ils l'ont fait pour Jason pendant maintenant 300 jours. ' Les analystes spécialistes de l'Iran à Washington considèrent l'affaire Rezaian comme le signe d'une lutte de pouvoir intense entre factions rivales à Téhéran, c'est le cas de Reza Marashi, du National Iranian American Council, proche de Rezaian: 'C'est une très grosse bataille politique qui se joue à Téhéran, il y a ceux qui veulent construire des ponts entre l'Iran et le monde extérieur, et il y a ceux qui veulent faire sauter ces ponts, avec des personnes innocentes comme Jason au milieu. Jason Rezaian, c'est un journaliste irano-américain, bien loin des batailles politiques internes en Iran, et qui n'a rien à voir plus largement avec les relations américano-iraniennes. Mais qui pourrait bien servir de pion à un groupe minoritaire en Iran voulant prendre des mauvaises décisions.' 'L'issue du procès est totalement imprévisible dans un pays dont le système judiciaire est décrit par les experts occidentaux comme inefficace et corrompu. Jusqu'à présent, l'affaire n'a eu aucune impact sur les négociations nucléaires iraniennes. Mais tout préjudice porté à Jason Rezaian pourrait empoisonner l'atmosphère diplomatique générale', conclut Stefan Grobe, notre correspondant à Washington. Stefan Grobe, euronews: Je suis maintenant au coté du frère de Jason Rezaian, Ali, qui vit à San Francisco. Merci beaucoup d'être avec nous. Je peux à peine imaginer l'expérience douloureuse que cela doit être pour vous. Pouvez-vous nous dire comment vous et votre famille avez vécu ces dix derniers mois? Ali Rezaian: Bien sûr. Ca dure depuis tellement de temps... C'est incroyable. Je pense que nous l'avons vécu tous différement. Ma mère vit à Istanbul, elle a un merveilleux groupe d'amis et de la famille dans le monde, qui la soutiennent via les réseaux sociaux, au téléphone, tout ça... Mais elle est vraiment inquiète pour Jason. Elle a vécu en Iran pendant près d'un an avec Jason, il y a deux ans. Elle connait bien la culture là-bas, et Jason n'avait jamais eu de problèmes de ce genre. En ce qui concerne les autres membres de la famille : nous avons de la famille en Iran, l'épouse de Jason est là-bas. Elle a été détenue pendant 72 jours, puis libérée sous caution. Mais depuis, ils continuent de l'appeler, des interrogateurs lui demandent: où êtes-vous allée, qu'est ce que vous avez fait, ça n'a jamais cessé une fois qu'elle est sortie de prison. Pour ma part, je me suis totalement impliqué. Ca a vraiment changé ma vie. euronews: Comment et quand avez-vous appris, pour le procès? Ali Rezaian: Pour le procès... Nous nous attendions à ce qu'il arrive maintenant, depuis environ un mois, mais ce n'était pas sur. Jusqu'à la semaine dernière, peut-être dix jours, quand notre avocat a été informé par le juge qu'il pourrait se tenir bientôt, et puis dans le milieu de la semaine dernière, cela a été confirmé. Ce que je peux vous dire, c'est que, comme Jason est isolé, qu'il n'a pas accès à son avocat, ce genre de choses, Jason a effectivement appris la tenue de son procès par la presse. Il l'a appris à la télévision : "Jason Rezaian aura son procès, le 26 mai'. Voilà comment les choses fonctionnent là-bas. euronews: Parlons du rôle du gouvernement américain. Du président Obama jusqu'en bas de l'administration, on nous a parlé régulièrement de cette affaire, des efforts pour libérer Jason. Que pensez-vous du rôle de Washington? Est-il approprié? Suffisant, ou non, selon vous? Ali Rezaian: Eh bien, vous savez, je suis le frère de Jason, rien n'est suffisant, tant qu'il n'est pas libéré. Je ne fais pas vraiment de politique, mais ce que je peux dire, c'est qu'à mon avis, le gouvernement iranien a pris des positions qui rendent les négociations difficiles pour les Etats-Unis. Et c'est intentionnel. Le gouvernement américain a tenu bon. La question, c'est : comment peuvent-ils vraiment peser sur ce qui se passe là-bas, parce que l'Iran a l'habitude de détenir des personnes, des personnes avec la double nationalité, et de les garder enfermées sur de longues périodes. Nous avons fait de notre mieux pour comprendre ce qui se passe, ils ont fait de leur mieux pour nous faire savoir ce qui se passe, et je crois qu'on a bien travaillé ensemble, avec le gouvernement. euronews: Pour conclure, quelle leçon tirer de tout cela? Ali Rezaian: A mon avis, ce qu'il faut retenir, c'est que c'est un endroit où ils ont des règlements, ils parlent des règlements, et ils parlent des lois, mais ils ne les suivent pas. Personne là-bas ne sera poursuivi pour avoir enfreint leurs propres lois, rompu les accords internationaux qu'ils avaient signé. J'ai parlé avec des dizaines et des dizaines de journalistes des Etats-Unis, d'autres pays, qui ont travaillé en Iran, je n'ai jamais entendu quelqu'un me dire: 'Je suis allé là-bas, je n'ai jamais eu de problèmes'. Chacun d'entre eux a été interpellé à un moment ou un autre. Peut-être juste deux ou trois heures sur le bas-côté de la route, peut-être deux ou trois jours, quelque part, dans leur hôtel, ou une semaine en prison, juste parce qu'ils étaient journaliste, accrédité pour être là. Ils faisaient leur travail, ils faisaient exactement ce qu'ils avait dit qu'ils allaient faire une fois accrédités, les endroits où ils allaient être, et quand. C'est la leçon que je retiens de tout ça.
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Ils l'ont fait. Au terme d'un marathon de négociations à Lausanne, les négociateurs occidentaux et iraniens sont finalement parvenus à un accord historique qui fixera certainement les bases d'un nouvel ordre mondial. Les explications de France 2. C'est John Kerry qui a mené tambour battant ces négociations côté américain. Le président Obama a salué cet accord même s'il sait qu'il devra affronter les foudres du Congrès et de l'allié israélien. La TVE. C'est sur les rives d'un lac paisible, en Suisse, que tout s'est joué. La Suisse au centre du monde pendant ces quelques jours, où tout s'est précipité à la fin, après une longue, très longue attente... Les reportages de la RTS. Des décennies que les Iraniens attendaient ce moment où leur pays cesserait d'être mis au banc des nations. La route sera encore longue, mais Javad Zarif a été accueilli en héros à son retour, et la fête battait son plein à Téhéran. Retour avec la RSI sur ces années noires.
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Une pose pour la presse, avant de se retrousser les manches. Les chefs de la diplomatie américaine et iranienne John Kerry et Mohammad Javad Zarif se réunissaient ce lundi matin à Lausanne en Suisse en vue d'un accord historique sur le programme nucléaire de Téhéran. Des divergences importantes demeurent à deux semaines de l'échéance. Après un accord provisoire conclu en novembre 2013, et le report à deux reprises de la date butoir pour un règlement définitif, Washington a prévenu qu'il n'y aurait pas d'autre prolongation. En cas d'accord politique d'ici au 31 mars, Téhéran et les grandes puissances du groupe dit 5 + 1, les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne, sont convenus de finaliser d'ici au premier juillet tous les détails techniques de ce règlement général.
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Le secrétaire d'État John Kerry estime pourtant que 'toute frappe iranienne contre l'EL en Irak est positive'. Auparavant, le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, avait déclaré que 'les Etats-Unis ne coordonnaient pas leurs activités militaires avec l'Iran et il avait ajouté qu'il appartenait aux forces irakiennes de contrôler leur espace aérien'. Un haut responsable iranien a toutefois démenti les informations selon lesquelles l'Iran aurait mené des frappes aériennes contre des positions de l'EI en Irak. La porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a précisé 'qu'il n'y avait aucun changement dans la politique iranienne. La République islamique continue de fournir une assistance, notamment des conseils et de l'assistance dans le cadre du droit international et à cet égard, il n'y a pas eu de changement'. Téhéran équipe déjà les milices chiites en Irak ainsi que des unités de l'armée irakienne. L'Iran a également mis à la disposition de l'Irak des avions de combat Soukhoï.
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Un an jour pour jour après un accord historique sur le nucléaire iranien entre les 5+1, Chine, Etats-Unis, France, Russie, Royaume Uni et Allemagne, et l'Iran les partenaires arrivent à la date butoir fixée pour la mise en oeuvre de ce qui était alors une grande victoire mais encore au stade préliminaire. L'étape finale, pour une solution globale à long terme se joue donc à Vienne et chacune des parties sait qu'elle tient là une chance et une opportunité inédite depuis de longues années, car au-delà, du nucléaire, c'est bien plus qui est en jeu. Tout commence il y a 12 ans, quand l'Iran annonce relancer son programme nucléaire et la construction de nouvelles centrales. D'emblée, la suspicion s'installe et les inspections de l'AIEA débutent. Mais les grandes puissances, Etats-Unis en tête veulent plus. En décembre 2003, l'Iran accepte de signer et d'appliquer le protocole additionnel au TNP qui permet notamment des inspections inopinées. Mais l'AIEA jugera que ces inspections ne s'effectuent pas de manière satisfaisante et commencent alors un long bras de fer et une valse de mesures et de rebondissements. Ce bras de fer se durcit avec l'arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad en 2005. Devant l'ONU, il défend le droit de l'Iran à développer un programme nucléaire civil, lequel est, en effet, inscrit dans le TNP. Mais Ahmadinejad adopte une ligne dure, lance le programme d'enrichissement d'uranium et entre en confrontation avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), provoquant la mise en place de sanctions. Pendant 8 ans, les deux parties tenteront en vain de relancer les négociations, mais les positions des deux côtés sont trop fermées. Il faudra attendre 2013 et l'arrivée de Hassan Rohani au pouvoir pour voir les premiers signes d'ouverture et une volonté de régler le problème. L'intention d'aboutir à un accord est sérieuse et permettrait sans nul doute de changer la face des relations non seulement entre l'Iran et les grandes puissances, mais aussi de la région. En jeu notamment, la possibilité de coopérations dans les crises en Irak et en Syrie. Une avancée politique évidente même si dans le fond, les positions n'ont guère évolué. L'Iran veut conserver sa capacité d'enrichissement d'uranium voire la renforcer et les 5+1 veulent la voir réduite de peur de voir le pays se doter de l'arme atomique. Au fond, une question de confiance, donc éminemment politique. La levée des sanctions et donc l'avenir de l'économie iranienne et la crédibilité de Rohani sont également en jeu.
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La situation en matière de droits de l'Homme en Iran est une nouvelle fois passée au crible. Dans un récent rapport, les Nations Unies ont fermement condamné les atteintes aux libertés civiles dans le pays. À Genève, euronews a recueilli la réponse du secrétaire du Haut Conseil iranien pour les droits de l'Homme à ces critiques. James Franey, euronews : 'On parle beaucoup de la situation des droits de l'Homme en Iran : on entend des allégations de torture, de répression des opposants politiques. Il y a beaucoup d'allégations sérieuses, pas seulement de la part des Nations Unies, mais aussi d'organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch. Comment réagissez-vous à tout ça ?' Mohammad Javad Larijani, secrétaire du Haut Conseil iranien pour les droits de l'Homme : 'Je pense qu'à l'heure actuelle, l'Iran est la victime d'un nouveau type de terrorisme : j'appelle cela, le terrorisme médiatique et politique. Au Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies, quand vous regardez le nombre de pays qui ont parlé de l'Iran, ils sont plus d'une centaine à avoir donné leur point de vue. Environ cinquante - les États-Unis et les Européens en majorité - ont critiqué l'Iran. Les autres qui sont plus de soixante-dix ont exprimé de la sympathie vis-à-vis de l'Iran. Pour nous, le monde, ce ne sont pas les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. On se place à l'échelle de la planète. Ces gens font beaucoup d'histoires et ils sont les porte-drapeaux des droits de l'Homme. Or la situation des droits de l'Homme aux États-Unis est mauvaise.' James Franey : 'Cette idée que certains feraient preuve de parti pris à l'égard de l'Iran semble fausse : parce que ces mêmes organisations - Amnesty International, Human Rights Watch - ont beaucoup critiqué la situation des droits de l'Homme aux États-Unis, notamment concernant Guantanamo. Il n'y a pas vraiment de parti pris, non ?' Mohammad Javad Larijani : 'Quand on voit les gouvernements qui nous mettent en cause, il est assez évident qu'on a affaire à des critiques construites politiquement, manipulées politiquement. Puis il y a ce que disent les ONG comme on les appelle. Il faut noter un deuxième aspect dans les critiques qui nous sont faites : on ne prend pas en considération nos différences. Depuis 35 ans, nous bâtissons un régime politique et civil qui repose sur la logique de l'Islam, qui est démocratique, mais qui n'est pas libéral d'un point de vue moral et qui n'est pas laïc.' James Franey : 'Vous êtes le pays qui affiche le taux d'exécution par habitant le plus élevé au monde. En tant que secrétaire du Haut Conseil iranien pour les droits de l'Homme, en êtes-vous fier ?' Mohammad Javad Larijani : 'Absolument pas. On ne s'en satisfait vraiment pas et ça nous inquiète. On est en train de faire évoluer les législations qui ont abouti à cette situation. Comme vous le savez - et on m'en a informé plusieurs fois -, près de 80 % de ces exécutions résultent de délits liés aux drogues. Je crois que si nous changeons la législation sur les stupéfiants, il y aura moins d'exécutions pour ce type d'infractions. C'est une première étape pragmatique en vue de réduire le nombre total d'exécutions.' James Franey : 'J'aimerais passer à des cas concrets. Le reporter du Washington Post Jason Rezaian est détenu depuis plus de 100 jours. Qu'a-t-il fait de mal ?' Mohammad Javad Larijani : 'Je ne suis pas en position de juger. Je peux simplement vous dire que des responsables de la sécurité ont engagé des poursuites contre lui pour son implication dans des activités qui vont au-delà du journalisme et qui portent atteinte à la sécurité de l'État.' James Franey : 'Le dernier article qu'il a écrit avant d'être mis en prison parlait de l'intérêt des Iraniens pour le baseball. Est-ce une menace pour la sécurité nationale ?' Mohammad Javad Larijani : 'Non, effectivement, ce n'est pas un motif de poursuite.' James Franey : 'Votre frère est à la tête du système judiciaire. Il a le pouvoir de recommander qu'une personne soit graciée par le Guide suprême. D'après vous, quelles sont les chances pour ce journaliste d'être libéré dans les prochains jours ?' Mohammad Javad Larijani : 'D'abord, il y a la procédure judiciaire. Ensuite, le tribunal décidera peut-être de le gracier lui-même en levant les charges qui pèsent contre lui et tout sera fini. Dans le cas contraire, il sera incriminé et après, il pourra y avoir une demande de grâce. Donc on doit respecter l'ensemble des procédures. On ne peut pas procéder directement.' James Franey : 'Et vous pensez que cela peut prendre une semaine ou deux ?' Mohammad Javad Larijani : 'Je dirais moins d'un mois.' James Franey : 'Je voudrais aussi évoquer le cas de Ghoncheh Ghavami : cette étudiante irano-britannique a participé à un rassemblement de femmes qui voulaient assister à un match de volley. Elle est aujourd'hui en détention depuis plus de 125 jours. Elle n'a pas pu rencontrer son avocat avant sa première confrontation avec un juge. Que s'est-il passé ?' Mohammad Javad Larijani : 'Le problème n'est pas de vouloir assister à un match : le problème, c'est qu'elle a enfreint les règles en suscitant de l'agitation et de la violence aux alentours. Dans les lieux où se déroulent les matchs, le climat est très instable. Vous avez ça dans les pays occidentaux : dans ces endroits, un acte isolé peut être à l'origine d'un déchaînement de violence.' James Franey : 'N'est-ce pas un signe de faiblesse que la République islamique d'Iran ait peur d'une étudiante en droit âgée de 25 ans ?' Mohammad Javad Larijani : 'Pas du tout. Pourquoi parlez-vous de faiblesse ? Nous faisons preuve d'une grande force dans la manière dont nous appliquons notre mode de vie et nos législations. Si une personne fait quelque chose de mal dans le métro de Londres, la police la placera en détention. Ce n'est pas une faiblesse qui nous ferait dire que le gouvernement britannique a peur : c'est la manière dont les lois s'appliquent partout dans le monde.' James Franey : 'Il y a de nombreuses irrégularités dans la procédure qui la concerne. Ses proches se disent bouleversés. Seriez-vous d'accord pour les rencontrer ?' Mohammad Javad Larijani : 'La porte de mon bureau est toujours ouverte quand il s'agit de rencontrer la famille d'un accusé ou la famille d'une victime. Ma porte est assurément ouverte. Selon moi, il n'y a pas d'irrégularités dans cette procédure. Ses proches peuvent venir nous rencontrer et nous leur donnerons des explications approfondies. Leurs avocats peuvent aussi venir nous voir, nous leur expliquerons les choses. Si on découvre qu'il y a une irrégularité, on se penchera immédiatement sur le dossier, on suivra la manière dont il est géré et on tirera les choses au clair.' James Franey : 'Donc est-ce que vous allez enquêter sur cette affaire ?' Mohammad Javad Larijani : 'Si on découvre qu'il y a une irrégularité, il est clair qu'on le fera.' James Franey : 'Impossible pour moi de ne pas vous interroger sur les négociations en cours avec le groupe 5 + 1 sur le nucléaire. Bien sûr, il dépendra de la bonne volonté de toutes les parties qu'un accord soit signé ou non ce mois-ci. Selon vous, quelles sont les probabilités pour qu'un accord soit conclu ?' Mohammad Javad Larijani : 'Je suis optimiste parce que je sais que la communauté internationale est en train d'arriver à la conclusion que l'Iran devrait être considéré comme l'un des pays les plus performants en matière de technologie nucléaire. Et l'Iran honore ses engagements. Si ces deux points sont reconnus à un certain degré, je pense que nous arriverons à un accord qui sera proportionné à ce degré de reconnaissance.' James Franey : 'Des responsables politiques aux États-Unis et en Israël - certains clairement de droite - pensent que vous voulez vous doter de la bombe atomique.' Mohammad Javad Larijani : 'Je pense que ces politiciens de droite aux États-Unis devraient consulter un psychiatre. Il y a quelque chose qui ne va pas dans leur état mental. Le monde n'est pas en train d'évoluer comme ils le souhaitent. Il est certain que nous représentons un pays fort à l'échelle de la planète et ils ne peuvent nous changer comme ils le voudraient. Il est temps pour ces pays qui prétendent diriger le monde, d'adopter des idées réellement valables pour affirmer leur leadership. Ce genre de soupçons et de préjugés du côté des extrêmes, ce n'est pas ce qui les rend capables de diriger le monde.'
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L'ennemi de mon ennemi est mon ami. Et en ce qui concerne la lutte contre le groupe État islamique, l'Iran et les Etats-Unis se trouvent du même côté de la barrière. Si elles restent fragiles, les relations entre les deux pays ont évolué positivement depuis l'arrivée d'Hassan Rohani à la tête de la république islamique. Ce réchauffement fait grincer des dents côté israélien. Éradiquer l'organisation État islamique, passe aussi, pour l'Iran, par apporter une aide régionale à son voisin irakien.Ce soutien, indispensable pour l'Irak, a été en grande partie redéfini lors d'une récente rencontre à Téhéran entre le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi et le président iranien Hassan Rohani. L'Irak et l'Iran, pays tous deux majoritairement chiites, ont noué des relations privilégiées depuis le renversement de Saddam Hussein par la coalition internationale menée par les Etats-Unis en 2003. L'Irak a d'ailleurs regretté l'absence de son voisin à la conférence sur la sécurité en Irak organisée à Paris en septembre. Téhéran n'avait en effet pas été convié. Peut-être, car l'Iran juge illégitime une coalition internationale dont l'objectif réel, reste, selon lui, de renverser le régime syrien. Entretien avec Alaeddin Boroujerdi, président de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du parlement iranien Omid Lahabi, Euronews : Monsieur Alaeddin Boroujerdi, parlons tout d'abord du groupe Etat islamique, ennemi commun de l'Iran et des Etats-Unis. Une coopération entre ces deux pays pour réprimer cette organisation est-elle envisageable ? Alaeddin Boroujerdi : 'Malheureusement, les Etats-Unis et leurs partenaires européens et régionaux ont joué un rôle dans la création de ce groupe terroriste. Nous, nous avons commencé à lutter dès les premiers jours. Les Américains, qui observaient cette situation catastrophique, n'ont réagit qu'après l'assassinat de deux de leurs journalistes par les jihadistes. Ils ont décidé d'entrer de la bataille sous la pression de l'opinion publique américaine. Donc nous ne pouvons pas faire confiance à la coalition, car il y a des pays qui ont, eux-mêmes, créé ce groupe et qui en même temps veulent l'éliminer. Compte tenu de cette contradiction et de ce manque de confiance, nous avançons seuls de notre côté et les Américains du leur dans le cadre de la coalition'. euronews : Parlons de la relation irano-américaine. Trente-cinq ans après la révolution iranienne, la compagnie Boeing a vendu des pièces détachées à l'Iran. Est-ce le signe d'un assouplissement des sanctions ou d'une évolution des relations entre l'Iran et les Etats-Unis ? Alaeddin Boroujerdi : 'L'accord de Genève et notamment les négociations avec les Etats-Unis, ont eu un effet sur l'atmosphère politique entre l'Iran et les USA mais également sur les relations entre l'Iran et l'Occident en général et sur la région. Malheureusement, certains pays de la région et d'autres en Europe, mettent la pression sur les Etats-Unis. Ils ne veulent pas qu'un accord final soit conclu et que les sanctions soient levées. Donc, la raison de notre transaction avec Boeing et la vente de pièces est le résultat de négociations. Nous verrons ce qui va se passer le 24 novembre, la date butoir pour parvenir à un accord sur le nucléaire iranien'. euronews : L'Europe entretient des relations musclées avec la Russie en raison de la crise ukrainienne. Actuellement, les Européens sont préoccupés par leur approvisionnement énergétique. L'Iran pourrait-il remplacer la Russie et fournir du gaz à l'Europe ? Alaeddin Boroujerdi : 'Le débat sur l'approvisionnement en gaz de l'Europe par l'Iran est un vieux débat. Jusqu'à présent, les Américains s'y sont opposé. Vous le savez, les discussions sur la prolongation jusqu'à l'Europe du gazoduc qui relie l'Iran à la Turquie étaient très sérieuses, mais encore une fois, les Américains ont mis la pression pour que cela ne se fasse pas. Maintenant, je pense que les lignes directrices de la politique Américaine sont toujours les mêmes'.
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Ce que vous entendez, c'est un extrait de la lettre d'Adieu de la jeune iranienne exécutée, un message émouvant daté du 1er avril dernier que Reyhaneh Jabbari adresse à sa mère. La jeune iranienne a été pendue samedi matin, suscitant l'indignation de plusieurs pays. Dans cette lettre, Reyhaneh demande à sa mère 'de ne pas porter son deuil' et de 'la donner au vent pour qu'il l'emporte'. Lien vers l'audio du message complet en iranien Décoratrice d'intérieur, âgée de 26 ans, la jeune femme avait été condamnée à mort en 2009 pour le meurtre en juillet 2007 de Morteza Abdolali Sarbandi, un chirurgien et ancien employé du ministère des Renseignements, au terme d'un procès 'partial' selon Amnesty. La jeune femme accusait sa victime de l'avoir violée, mais la justice iranienne l'a condamnée pour meurtre avec préméditation. Des artistes et des personnalités de la société civile avait appelé à la clémence, tout comme des organisations internationales des droits de l'Homme. Sur la page Facebook créée en soutien à Reyhaneh Jabbari apparaît désormais le message 'Repose en paix' et des photos de la jeune fille lorsqu'elle était encore enfant. Voici la traduction complète de son message publié sur le site du Conseil national de la résistance iranienne, qui fédère une faction de l'opposition iranienne à l'étranger contre la République islamique d'Iran. Cette lettre a été révélée par des militants pacifistes iraniens : 'Chère Sholeh, j'ai appris aujourd'hui que mon tour est venu de faire face à Qisas (la loi du Talion). Je me sens blessée que tu ne m'aies pas avertie toi-même que j'en étais à la dernière page du livre de ma vie. Ne penses-tu pas que j'aurais dû le savoir ? Tu sais combien je me sens honteuse de te savoir si triste. Pourquoi n'as-tu pas saisi l'occasion (d'une visite) pour me laisser embrasser ta main et celle de papa ? Le destin m'a permis de vivre pendant dix-neuf ans. Cette horrible nuit, c'est moi qui aurais dû être tuée. Mon corps aurait été jeté dans un recoin de la ville et quelques jours après, la police vous aurait appelés à la morgue pour l'identifier et là, vous auriez également appris que j'avais été violée. Le meurtrier n'aurait jamais été trouvé puisque nous n'avons ni leur argent, ni leur pouvoir. Votre vie se serait alors poursuivie dans la souffrance et la honte, et quelques années plus tard, vous seriez morts de cette souffrance et tout serait terminé. Cependant, avec ce coup fatal, l'histoire a changé. Mon corps n'a pas été jeté n'importe où, mais placé dans le tombeau qu'est la prison d'Evine et ses quartiers d'isolement et maintenant dans la prison de Chahr-e-Ray, qui est aussi un véritable tombeau. Mais pense que c'est le destin et ne te plains pas. Tu sais bien que la mort n'est pas la fin de la vie. Tu m'as appris qu'on vient sur cette terre pour gagner en expérience et apprendre une leçon et qu'une responsabilité vient s'ajouter sur nos épaules à chaque naissance. J'ai appris que parfois, on doit se battre. Je me souviens quand tu m'as dit que le conducteur avait protesté contre l'homme qui me fouettait, mais ce dernier s'est tourné vers lui et, avec sa lanière, lui a cravaché la tête et le visage au point qu'il en est mort. Tu m'as dit que pour créer quelque chose de vraiment valable, il fallait persévérer même si on doit en mourir. Tu nous as appris que puisque nous allions à l'école, nous devions nous conduire avec dignité, comme des grands, face aux querelles et aux plaintes. Est-ce que tu te rappelles combien tu insistais sur la manière de nous conduire ? Ton expérience ne m'a pas servie. Quand cet incident est survenu, ce que j'avais appris ne m'a pas aidée. Lorsque j'étais devant les juges, j'ai été présentée comme une meurtrière de sang-froid et une criminelle cruelle. Je n'ai pas pleuré. Je n'ai pas supplié. Je n'ai pas hurlé, car je faisais confiance à la loi. Mais on m'a condamnée pour mon indifférence face à ce crime. Tu vois, je ne tuais même pas les moustiques et je prenais les cafards par les antennes pour les éloigner. Et maintenant, je suis devenue une meurtrière qui a tué avec préméditation. Le traitement que je fais aux animaux a été interprété comme le signe que je voulais être un garçon et le juge ne s'est même pas préoccupé du fait qu'à l'époque de l'incident, j'avais les ongles longs et vernis. Comme nous avons été naïves d'attendre de la justice de la part d'un juge. Il ne s'est jamais interrogé sur le fait que mes mains ne sont pas rugueuses comme celles d'une sportive, particulièrement d'une boxeuse. Et ce pays dont tu m'as inculqué l'amour n'a jamais voulu de moi et personne n'est venu à mon aide quand je hurlais sous les coups de l'interrogateur et que je l'entendais me couvrir d'insultes. Quand j'ai retiré mes dernières traces de beauté en me rasant la tête, j'ai été récompensée : 11 jours d'isolement. Chère Sholeh, ne pleure pas de ce que tu entends. Le premier jour que je me suis trouvée au poste de police, un agent âgé, célibataire, m'a frappée à cause de mon vernis à ongles et j'ai compris que la beauté n'était pas acceptée à notre époque. La beauté de ce que l'on montre de soi, la beauté des pensées et des désirs, une belle écriture, la beauté des yeux et du regard, et même la beauté d'une voix. Ma bien chère Maman, mes idées ont changé et tu n'en es pas responsable. Mes mots sont sans fin et je les donne tous à quelqu'un afin qu'ils te soient remis au cas où je serais exécutée en ton absence et sans que tu le saches. Je t'ai laissé en héritage beaucoup de textes manuscrits. Cependant, avant ma mort, je souhaite que tu fasses quelque chose pour moi, que tu dois me donner dans toute la mesure de tes possibilités et par n'importe quel moyen. En vérité, c'est la seule chose que je veuille en ce monde, de ce pays et de toi. Je sais que tu auras besoin de temps pour le faire. C'est pourquoi je te dis une partie de mon testament à l'avance. S'il te plaît ne pleure pas et écoute. Je veux que tu ailles au tribunal et que tu leur fasses part de ma requête. Je ne peux pas écrire de l'intérieur de la prison une telle lettre qui a à être approuvée par le responsable de la prison ; de sorte que tu vas encore souffrir par ma faute. C'est la seule chose que même si tu devais avoir à supplier pour le faire, je ne m'en fâcherais pas, bien que je t'aie souvent dit que je ne voulais pas que tu supplies pour m'éviter l'exécution. Ma douce mère, chère Sholeh, toi qui m'es plus précieuse que la vie, je ne veux pas pourrir sous la terre. Je ne veux pas que mes yeux ou mon jeune coeur se transforment en poussière. Supplie pour qu'aussitôt après la pendaison, mon coeur, mes reins, mes yeux, mes os et toute partie de moi qui peut être transplantée soient retirés de mon corps et donnés en cadeau à quelqu'un qui en a besoin. Je ne désire pas que le receveur connaisse mon nom, m'achète des fleurs ni même qu'il prie pour moi. Je te dis du fond du coeur que je ne désire pas être placée dans une tombe devant laquelle tu viendrais pleurer et souffrir. Je ne veux pas que tu portes le deuil pour moi. Fais tout ton possible pour oublier ces jours funestes. Donne-moi au vent pour qu'il m'emporte. Le monde ne nous a pas aimés. Il n'a pas voulu de mon destin. Et maintenant, je me rends et j'attends la mort à bras ouvert. Parce que devant le jugement de Dieu, j'accuserai les inspecteurs, j'accuserai l'interrogateur Shamlou, j'accuserai le juge, et les juges de la cour suprême du pays qui m'ont battue quand j'étais éveillée et n'ont pas arrêté de me harceler. Devant le tribunal du Créateur, j'accuserai le Dr Farvandi, j'accuserai Qassem Shabani et tous ceux qui par ignorance ou par leurs mensonges m'ont fait du tort et ont piétiné mes droits et n'ont pas tenu compte du fait que la réalité est parfois différente de ce qu'elle paraît être. Chère Sholeh au coeur tendre, dans l'autre monde c'est toi et moi qui serons les accusatrices et les autres qui seront les accusés. Nous verrons ce que Dieu veut. J'aimerais t'embrasser jusqu'à ma mort. Je t'aime. Reyhaneh, 1er avril 2014 '
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Un ministre proche des réformateurs a été révoqué par une motion de censure votée au Parlement iranien, dominé par les conservateurs. Reza Faraji Dana, ministre des Sciences, de la Recherche et de la Technologie était parmi les membres les plus populaires du gouvernement. Les députés conservateurs lui reprochent d'avoir nommé dans son cabinet des responsables ayant participé au mouvement de contestation en 2009 contre la réélection de l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad. Ces derniers jours, les réformateurs et les modérés dont le président Hassan Rohani s'étaient mobilisés pour défendre le ministre. En vain. Sur les 270 députés ayant pris part au vote, 145 ont approuvé la motion de censure, contre 110 ayant soutenu M. Faraji Dana et 15 absentions. Les conservateurs l'accusent également d'avoir réintégré dans les universités des étudiants recalés par les autorités 'pour des raisons morales et politiques' et d'avoir le soutien des médias 'contre-révolutionnaires' en persan basés à l'étranger.
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Cela fait 3 ans et 5 mois que les trois dirigeants du Mouvement vert iranien vivent sous résidence surveillée. Parmi eux, Mehdi Karoubi, un des initiateurs de ce mouvement né au lendemain de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. Mehdi Karoub est assigné à domicile depuis février 2011, accusé par le régime d'avoir organisé des manifestations à Téhéran dans le sillage des protestations dans le monde arabe. Notre envoyé spécial a rencontré son fils, Mohammad Taghi Karoubi, le fils de Medhi Karoubi. Il est professeur de droit à Londres. -'Monsieur Karoubi, bienvenue sur Euronews'. -'Votre père est assigné à résidence depuis février 2011. Le ministre de la Justice et le maire de Téhéran ont tous les deux déclaré que le cas de votre père était désormais entre les mains du Conseil national de sécurité. Récemment, un parlementaire iranien a déclaré que le Guide Suprême lui avait lui-même dit que si les dirigeants du Mouvement vert étaient jugés, le verdict serait très dur. Pourquoi la République islamique n'agit-elle pas dans la transparence ?' -'Depuis le début, l'attitude du régime envers les leaders du mouvement de contestation n'est pas claire. C'est dû en partie au fait que la police secrète en civil est placée sous la responsabilité du régime. Or ce sont des hommes de la police secrète qui ont récemment agressé mon père à son domicile, mettant le feu à la porte et jetant une grenade à percussion à l'intérieur.' 'Alors d'une part le régime ordonne ce genre d'actions et d'autre part il n'assume pas ses responsabilités et évite toute évocation officielle des dirigeants du Mouvement vert.' 'A cet instant, personne n'a officialisé l'assignation à résidence des leaders du Mouvement. Le chef de la police et d'autres officiels ont déclaré que cette action ne s'était pas faite sous leur responsabilité.' 'Récemment, c'est finalement le Guide Suprême qui a déclaré que ce genre de cas était de son ressort. Cela n'est pas étonnant pour nous mais cela prouve que cette affaire concerne les plus hauts niveaux du régime.' -'Votre père insiste sur le fait qu'il est prêt à répondre aux questions de la Justice pour se défendre de ce dont on l'accuse. Mais le Guide Suprême rétorque qu'il a commis un délit gravissime, tout en rappelant que le régime a toujours traité justement votre père et ses camarades. Pensez-vous que le Guide Suprême va agir sans s'embarasser d'un procès ?' -'La constitution iranienne applique le principe de la présomption d'innocence tant qu'un tribunal n'émet pas de jugement. Depuis qu'il a été assigné à résidence, mon père a dit à plusieurs reprises qu'il était prêt à être jugé dans le cadre d'un procès ouvert et accessible au public, en respect de l'article 168 de la constitution. Mais pour cela, il doit être autorisé à parler en public. Or le régime refuse toujours que mon père puisse d'exprimer librement.' 'Le Guide Suprême a dit que les leaders du Mouvement vert étaient coupables alors que leur cas n'a pas encore fait l'objet d'un procès. C'est un procès et un procès seulement qui doit déterminer s'ils sont coupables et déterminer leur peine s'ils sont coupables. Le Guide Suprême a déjà imposé son verdict.' 'Pourtant il dit à qui veut l'entendre que le régime a toujours été bienveillant à l'encontre des dirigeants du Mouvement. Or tout montre que cette affaire n'a jamais été confiée aux instances judiciaires. La Justice n'est pas indépendante,encore moins dans ce genre de cas, parce que les opposants ont le pouvoir d'influencer le peuple iranien.' -'L'an dernier, l'élection présidentielle a porté des modérés au pouvoir. Le peuple est descendu dans la rue et on a pu entendre des chants qui mentionnaient les noms des dirigeants du Mouvement vert. Que cherche à faire le régime en maintenant ces assignations à résidence ?' -'Après avoir arrêté les figures de l'opposition, le régime a utilisé la propagande habituelle et les médias d'Etat afin de leur coller une image négative. Ils ont été accusés sans pouvoir se défendre. Les leaders étudiants et les activistes étaient en prison, ils n'ont pas pu réagir.' 'L'énorme erreur historique commise par le régime a été d'essayer de laver le cerveau de la société iranienne en chargeant les dirigeants de l'opposition. Mais cette stratégie a échoué parce qu'aujourd'hui leur popularité est grandissante.' -'Revenons à l'assignation à résidence de votre père. Au départ, il était chez lui avant d'être transféré dans un appartement des services de renseignement. Aujourd'hui, il est de retour à son domicile. Pourquoi tous ces mouvements ? Mir Hossein Mosavi et Zahra Rahnavard, qui sont eux aussi assignés à résidence, n'ont pas subi le même traitement.' -'Mon père était assigné chez lui. Après quelques mois, il a été transféré dans un immeuble appartenant au ministère du Renseignement. Notre famille pense que c'était pour lui mettre la pression. Il a tenu bon pendant deux ans et demi en vivant seul dans un petit appartement avec un confort et un équipement basique. Sans soleil et sans air frais, il a souffert de crises d'asthme et de rachitisme. Ces huit derniers mois, il a subi quatre opérations chirurgicales. Le régime a alors constaté que ce type de détention lui ruinait la santé. Et il a été autorisé à retourner chez lui, toujours sous résidence surveillée.' -'Quand des personnes sont ainsi coupées du monde, la nourriture est un problème. Qui est autorisé à fournir des vivres à votre père ?' -'Le ravitaillement est de la responsabilité de ma famille. Ma mère a le droit de sortir de la maison pour faire des courses. Mais quand il était dans l'immeuble des services secrets, ce sont eux qui s'en occupaient et qui présentaient l'addition à ma famille, qui devait payer. Ils lui donnaient des denrées non-cuisinés et pendant une courte période, ils lui ont fourni des plats cuisinés parce qu'il était seul.' -'Qui est autorisé à lui rendre visite ?' -'En ce moment, mes frères, leurs femmes et leurs enfants ont le droit de le voir. Chaque rencontre dure entre une heure et demi et deux heures. Un de mes frères cependant est été interdit de visite parce qu'il lui avait raconté les dernières nouvelles de la politique nationale. Il a été privé de visite pendant plus d'un an.' -'Etes-vous en contact avec des associations de défense des droits de l'Homme ?' -'Nous avons alerté certaines ONG au sujet des conditions de détention de mon père et de Monsieur Mosavi il y a déjà plus de trois ans. Mais rien ne s'est passé. Pourtant le devoir de chaque organisation de défense des droits de l'Homme est d'exposer publiquement les injustices partout dans le monde. Nous n'avons aucun contact non plus avec les organisations gouvernementales. Pourtant on peut s'attendre aussi à ce que ce genre d'institutions se mobilise pour le cas de mon père.'
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