Au cours d’un entretien accordé à Libération, l’ancienne ministre de la Justice n’a pas mâché ses mots pour dire tout le bien qu’elle pense de la manière dont Les Républicains abordent les questions d’immigration.

A contre-courant des idées de son propre camp. Rachida Dati fait certes partie des Républicains (LR) mais elle n’est pas pour autant d’accord avec toute leur ligne politique. Et elle le fait savoir ! La maire LR  du 7e arrondissement de Paris a récemment accordé une interview à Libération, au cours de laquelle elle a notamment pointé les "surenchères" de son parti sur les questions d’immigrations.

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"Parler clairement ? D’accord. S’attaquer au politiquement correct ? Très bien", a-t-elle d’abord concédé avant de déplorer : "Mais cela ne doit pas être dans la brutalité. Je veux bien qu’on se dise décomplexé, mais cela n’autorise ni l’injure ni la stigmatisation. Car toute personne se sentant stigmatisée ou brutalisée devient sourde au dialogue et refuse tout". Des propos qui font très certainement échos aux récentes actions menées par le patron des Républicains, même si l’ex-ministre a pris soin de ne pas le nommer. Au cours de ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy a en effet relancé les débats sur le droit du sol et la laïcité, mais aussi été pointé pour avoir ironisé sur l'afflux de migrants.

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"A ce petit jeu, le FN sera toujours 'meilleur'"Autant d’éléments qui ont semble-t-il déplu à Rachida Dati. "A entendre certains discours, l’étranger est nécessairement un musulman intégriste, un migrant clandestin, un délinquant ou un allocataire de l’aide médicale d’Etat. Des milliers de personnes sont choquées par ces raccourcis racistes", a-t-elle déploré dans les colonnes du journal. Et celle –ci de s’interroger : "Mais dans quelle société vit-on ?", avant d’assurer : "A ce petit jeu, le FN sera toujours 'meilleur'. Les Français n’attendent pas de nous que l’on soit une caisse de résonance de leurs angoisses".

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Ce n’est pas la première fois que Rachida Dati attaque Nicolas Sarkozy sur ce point. En octobre dernier, elle avait pointé les propos tenus par l’ancien président lors d’un discours à Nice. Il a "raison de vouloir une réforme en profondeur de Schengen pour lutter contre l’immigration clandestine", mais "j'aurais aimé entendre un projet plus abouti sur l'immigration et l'intégration qui réponde aux besoins de la France d'aujourd'hui ; un besoin tout autant d'apaisement que d'autorité, un besoin de rassemblement grâce à une vision expliquée de l'avenir", avait-elle expliqué.

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