Première femme maire de la ville de Paris, Anne Hidalgo a fait taire les nombreuses critiques qui émanaient de son élection il y a un an, rendant une copie de belle facture. Retour sur la carrière et le parcours d’une femme accomplie dont les maîtres-mots sont patience, fidélité et persévérance.

Pour commencer à marcher sur les traces de la maire de Paris, il faut sortir du traditionnel cadre hexagonal et se rendre près de Cadix en Andalousie dans la ville de San Fernando. D’une famille de gauche profondément républicaine, Anne Hidalgo née le 19 juin 1959 a rapidement quitté le bastion ibère pour se rendre dans la banlieue lyonnaise du côté de La Duchère.

Naturalisée française avec ses parents le 25 juillet 1973 (elle obtiendra la double nationalité en 2003), elle entreprend des études de droit avec une ascension politique qui se veut à pas comptés. Devenue inspectrice du travail, elle est nommée en 1984 à Chevilly-Larue (Val-de-Marne), mais préfère s’installer à Paris dans le XVe arrondissement. Elle exercera ce métier pendant sept années avant de devenir directrice de l'Institut national du travail.

Entrée au Parti socialiste en 1994, cette passionnée de dessin et de flamenco à ses heures perdues va travailler lors du retour de la gauche au pouvoir en 1997, dans trois cabinets ministériels : conseillère technique de la ministre de l’Emploi Martine Aubry, puis de Nicole Péry, secrétaire d'Etat aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle, et de Marylise Lebranchu, ministre de la Justice.

Dans le sillage de son « mentor » Bertrand Delanoë

L’un des premiers tournants de sa carrière se déroule un soir de novembre 1998 lors de sa rencontre fortuite avec Bertrand Delanoë, prémices d’une complicité sans failles. En concurrence avec une fabiusienne pour être tête de liste dans le XVème arrondissement, Anne Hidalgo perd néanmoins sa bataille face à la droite mais est élue au Conseil de Paris, où la gauche devient majoritaire. Bertrand Delanoë - maire de Paris de 2001 à 2014 - fait de cette quasi-inconnue sa numéro deux en charge du "bureau des temps" et de l’égalité hommes/femmes.

En parallèle, cette proche de Martine Aubry qui rêvait petite fille de devenir artiste pris de plus en plus de poids au sein de son parti. Nommée secrétaire nationale du PS à la formation professionnelle (2000) puis à la culture (2003), elle devient conseillère régionale d’Ile-de-France en 2004, mandat du reste qu’elle détient toujours. En 2008, année de sa réélection, Bertrand Delanoë lui confie une délégation de premier plan, celle de l'urbanisme. A ce poste, elle supervise la mise en chantier de 10% du territoire de la capitale, des Batignolles à Bercy-Charenton en passant par l'emblématique chantier des Halles. En prenant l’une des délégations les plus importantes de la région, ce pur produit PS prend clairement du galon.

Deux ans de terrain récompensés

Dans l'ombre de son "mentor" Bertrand Delanoë pendant 13 ans, Anne Hidalgo décide en septembre 2012 de sa lancer dans la campagne des municipales de 2014. Début d’une longue route de près d’un an et demie de terrain à l’assaut de la capitale. Après avoir essuyé un refus d’un ministère en mai 2012, celle qui se voyait maire de Paris depuis 2009 se jette à corps perdu dans ce défi.

Au détour d’une des campagnes les plus longues de l’histoire (19 mois), sa montée en puissance se déroule sans véritable coup d’éclats ni d’accroches hormis quelques velléités avec sa rivale UMP Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette féministe de toujours établit son programme autour de plusieurs fondements : le rassemblement - avec les communistes, les écologistes, le parti de gauche - la parité des têtes de liste et le non-cumul des mandats. Récompensée par sa patience, son dévouement et sa grande fidélité, Hidalgo devient à 54 ans la première femme maire de la capitale en remportant le second tour des élections municipales avec 54% des suffrages.

Un bilan de belle facture

A peine investie dans sa mission de répondre aux multiples attentes de la première collectivité de France avec un budget de 8 milliards d’euros, l’élue du 15ème arrondissement a mis en pratique très rapidement les mesures phares de son programme : 10 000 logements doivent être produits chaque année, lancement des principaux chantiers de transport en commun, mise en œuvre du budget participatif.

La personnalité politique socialiste la plus importante après Hollande a également rapidement déchanté sur certains sujets comme les problèmes liés aux coûteux droits de succession, à la réforme des rythmes scolaires et au dossier aussi bien épineux que cornélien du Tour Triangle. Un projet de gratte-ciel qui malgré de nombreuses tractations et de consensus des uns et des autres ne verra pas le jour.

Connue pour son art de la concertation et du compromis, cette socialiste pragmatique s’endurcit au gré des obstacles qui se dressent sur sa route : extension de Roland-Garros, montée de la grogne des employés des piscines et des stades municipaux. Prenant de l’assurance au fil des évènements, elle a joué un rôle crucial dans le choix de voir Paris se porter candidat aux Jeux Olympiques de 2024. Mesurée dans un premier temps avec encore en mémoire ce triste 6 juillet 2005 où Paris fût coiffé sur le fil par Londres, cette passionnée du PSG notamment s’est rapidement rangée à l’avis du comité sportif et sera donc au cours du mandat scrutée de près également par le monde du sport. Un nouveau poids pour celle qui fait de "son origine sociale très modeste" un atout pour sa carrière politique.

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Autour de sa garde rapprochée Mathias Vicherat (directeur de cabinet), Bruno Julliard (premier adjoint), Jean-Louis Missika (Adjoint chargé des grands projets) et Hervé Marro (Conseiller de presse), Hidalgo sait qu’après cette première année de mandat qui fût une réussite, le plus dur l’attend, à savoir la deuxième année, celle de la confirmation.

En vidéo sur le même thème : François Hollande est-il le père du fils d'Anne Hidalgo ? Elle répond 

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