Il y a un an, le gouvernement abolissait la mesure mise en place par Nicolas Sarkozy, qui soustrayait à l’impôt les heures supplémentaires. Un député PS propose de la réinstaurer pour les plus modestes.

« Travailler plus pour gagner plus ». La formule choc de Nicolas Sarkozy s’était traduite dans les faits par une défiscalisation des heures supplémentaires en 2007. Il y a un an, le gouvernement abolissait cette mesure, dans le but d’inciter les employeurs à recruter plutôt qu’à faire travailler davantage leurs salariés. Toute heure supplémentaire travaillée est donc de nouveau soumise à l’impôt et aux charges sociales.  Un député PS dénonce aujourd’hui les « effets pervers » de ce retour en arrière.

Des heures supplémentaires défiscalisées pour les plus modestesThierry Mandon, député de l’Essonne, et porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, appelle le gouvernement, sur son blog, à revoir sa position. Il estime en effet que si la réforme est « totalement justifiée », elle a cependant quelques effets pervers, en particulier chez les plus modestes. Selon lui, « les salariés [qui] font un nombre modeste d'heures supplémentaires dans l'année, souvent d'ailleurs avec des rémunérations modestes », ont vu se réduire leur pouvoir d’achat. Il propose donc d’ « engager une réflexion afin d’améliorer ce dispositif en proposant une mesure de franchise des heures supplémentaires exceptionnelles et faiblement rémunérées qui permettrait aux salariés le plus modestes d’être exonérés d’impôt sur le revenu ». Les 500 ou 1 000 « premiers euros » pourraient ainsi être défiscalisés.

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« Une erreur sur laquelle il faut revenir »Une position qui semble partagée par d’autres parlementaires. C’est le cas de Laurent Grandguillon, député PS de la Côte d’Or. « Je considère que c’est une erreur sur laquelle il faut revenir en ciblant la mesure pour en limiter le coût » écrit-il sur son blog à lui. Les syndicats avaient déjà mis en garde le gouvernement contre les effets de cette mesure sur les salariés les plus modestes au moment du vote de la loi : selon les chiffres, 36% des employés gagnant moins de 17 000 euros par an déclaraient avoir recours aux heures supplémentaires pour obtenir un complément de revenu, contre 17% des salariés touchant plus de 58 600 euros par an.

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