Au lendemain du vote de la partie "recettes" du budget 2015 lors duquel Benoit Hamon et Aurélie Filippetti se sont abstenus, la tension est extrême au Parti Socialiste. Plus de détails.

Rien ne va plus pour la majorité. En cause, l’abstention des anciens ministres Benoît Hamon et Aurélie Filippetti lors du vote du volet "recettes" du budget 2015 mardi 21 octobre. Ayant rejoint de fait le camp des frondeurs, les deux ex-membres du gouvernement affichent leur profond désaccord avec la politique menée par l’exécutif. Et comme si l’abstention ne suffisait pas, les protagonistes s’en sont donnés à cœur-joie dans la presse.

Combat par médias interposés

Invité sur RFI ce matin, l’ex-ministre de l’Éducation nationale a dégainé en premier. Pour ce dernier, l’orientation économique du gouvernement "menace la République, parce qu’elle réduit les capacités d’intervention de la puissance publique". Et Benoît Hamon de prédire "un immense désastre démocratique" préparant le terrain pour "l’arrivée au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen" voire à la présidence du pays.

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Sur RTL, c’est Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, qui a sorti le bazooka. En effet, ce dernier est revenu sur l’abstention des ex-ministres en déclarant : "Je trouve que ce n'est pas loyal par rapport à son camp. C'est une attitude déplorable". Le député de Paris s’est également dit "choqué que "deux ministres de la République, qui avaient accepté les arbitrages budgétaires au mois de juillet se (soient) abstenus".

Après la salve du patron de Solférino, au tour d’Aurélie Filipetti de se jeter dans la bataille sur le plateau d’I>Télé. Réagissant aux propos de Jean-Christophe Cambadélis, l’ex-ministre de la culture a déclaré qu’elle n’avait "aucune leçon de recevoir de qui que ce soit". Dans sa riposte, l’élue de Moselle n’a pas manqué de relever "une part de mauvaise foi" dans les critiques adressées par le premier secrétaire du PS.

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Remonté, Stéphane Le Foll s’est lui aussi donné au jeu des tirs croisés. Plaidant pour le respect des "devoirs quand on est dans une majorité", le porte-parole du gouvernement s’est insurgé des propos tenus par Benoît Hamon. "La cohérence serait qu’il quitte le PS" a lâché le ministre de l’agriculture sur le plateau de BFMTV. Au lendemain des propos de Gérard Filoche suite à la mort de Christophe de Margerie, l’ambiance est loin d’être rose au PS…

 La bagarre se poursuit sur Twitter

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Si les protagonistes se sont affrontés par micros interposés, les fidèles de chaque camp y sont aussi allés de leurs commentaires sur Twitter. Si certains comme François Kalfon demandent la tenue d’un congrès en urgence, d’autres à l’image de de Jean-Jacques Urvoas s’indignent de la position des ex-ministres. Ci-dessous, un florilège de réactions.

La proposition de Stéphane Le Foll n'a d'ailleurs pas manqué de faire réagir Jean-Luc Mélenchon.