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C'est une image que l'on connaît bien de la crise en Grèce : des centaines de retraités ont défilé ce matin dans les rues d'Athènes. Ce soir en effet le parlement devrait à nouveau voter la mise en place de mesures d'austérité. Cette fois, le projet de loi comprend pour 4,9 milliards d'euros de nouvelles hausses d'impôts et baisses de pensions de retraites. Les créanciers de la Grèce, la Commission européenne et le FMI, ont réclamé ce nouveau tour de vis budgétaire en échange du déblocage d'une nouvelle tranche de sept milliards d'euros, tout ça dans le cadre du plan d'aide 2015-2018. Mercredi, au moins 18.000 personnes ont manifesté à Athènes et à Thessalonique et une grève générale a été observée, à l'appel des syndicats du public et du privé. Le plan devrait, ce soir, être adopté, mais à une très faible majorité car seuls Syriza, le parti d'Alexis Tsipras, et la droite souverainiste ont prévu de voter pour.
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En Grèce, les défilés de syndicats et de travailleurs du 1er mai ont été marqués par une grève nationale de 24 heures. Les protestataires dénonçaient de nouvelles mesures de rigueur prévues en échange de la poursuite du versement de prêts internationaux. Ils étaient 10 000 manifestants à Athènes, 3 500 à Thessalonique selon la police. A l'extérieur du Parlement à Athènes, ils appelaient le gouvernement à ne pas céder à la pression de ses créanciers (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). 'Nous intégrons ce jour de lutte historique à notre lutte contre les politiques du gouvernement, nous sommes contre tous les partis politiques qui disent vouloir réviser le plan de sauvetage conclu. Cette révision ne sert qu'à détruire les gens et les retraités', explique ce représentant d'une association de retraités, Manolis Rallakis. En avril, le gouvernement a accepté de faire 3,6 milliards d'euros d'économies en prévoyant de rogner sur les retraites de 2019 et en alourdissant les impôts en 2020. 'Les travailleurs devront se soulever. Ils ne devraient pas brandir de drapeaux étrangers qui sont contre leurs intérêts. Ils devraient attaquer de manière organisée pour récupérer ce qu'ils ont perdu et sortir manifester pour saisir l'occasion de reprendre le pouvoir', explique Theodoris Sarantopoulos, ouvrier qui manifestait. Avec la grève, la plupart des magasins étaient fermés, comme les services publics. Les transports en commun ont été perturbés, tandis que la circulation des bateaux et des trains était carrément à l'arrêt. Les nouvelles mesures de rigueur devraient être approuvées mi-mai par le Parlement, et le gouvernement espère un accord global le 22 mai lors d'une réunion des ministres des Finances de la Zone euro. La Grèce souhaite un accord avec ses créanciers le plus tôt possible, car le pays endetté a besoin de nouvelles tranches de prêts pour payer ses créances de plus de sept milliards d'euros en juillet. Une grève générale est prévue le 17 mai par les syndicats pour protester contre ces nouvelles mesures. General Confederation of #Greece Workers (GSEE) and Civil Servants' Union (ADEDY) called general strike on May 17 opposing new measures- Manos Giakoumis (@ManosGiakoumis) 27 avril 2017
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En attendant la conclusion d'un accord décisif sur la dette grecque entre Athènes et ses créanciers, ce sont les retraités qui font de nouveau monter la pression. Mardi, des milliers d'entre eu sont redescendus dans les rues de la capitale grecque pour dénoncer une nouvelle coupe dans les pensions...la douzième baisse consécutive en sept ans. Ces retraités sont furieux : 'Hormis les personnes handicapées, tout le mondre devrait descendre dans la rue, explique cette manifestante. Car les créanciers vont demander d'autres coupes. C'est un tel appauvrissement que vous réfléchissez à deux fois avant d'acheter un yahourt.' _'Ils nous coupent nos pensions au moment même où ils nous disent qu'ils pourraient nous donner un coup de pouce, dit ce retraité. Non seulement ils ne nous donnent rien mais ils abaissent encore plus nos pensions'. _ Grèce : les espoirs de croissance douchés en pleine négociation avec l'Europe et le FMI >> https://t.co/QLU0E5iHDK #dette #grece #cqcc pic.twitter.com/dyAtktXhrc- Raphaëlle Laurent (@gRaphParis) 10 mars 2017 En échange d'une nouvelle tranche d'aide financière, le gouvernement d'Alexis Tzipras a accepté de nouvelles baisses des pensions d'ici 2018. Une décision qui pourrait affaiblir un peu plus encore la majorité au Parlement. Avec Agences
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Par sa visite, Vladimir Poutine rend la politesse à Alexis Tsipras, venu le saluer à deux reprises - en avril et en juin - l'an dernier à Moscou. Depuis, les deux hommes ont paraphé 50 accords bilatéraux. Mais elle est loin l'époque où la Russie était le premier partenaire commercial de la Grèce. Elle n'est plus que numéro 3. Le volume de leurs échanges a fondu de 34% entre 2014 et 2015 à 2,3 milliards de dollars. Du fait des sanctions européennes imposées à Moscou pour son rôle dans le conflit ukrainien d'une part, et du fait de l'embargo russe imposé en représailles sur les produits frais européens - notamment sur les olives et la Feta grecques. La chute des cours du brut a aussi joué sur les chiffres, puisque les hydrocarbures représentent 85% des exportations russes vers la Grèce. Certes, Moscou a suspendu son projet de gazoduc Turkish Stream via la Grèce, mais les investissements directs russes dans le pays atteignaient tout de même 653 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2015. La Grèce est enfin la troisième destination préférée des touristes russes, même si la dépréciation du rouble a fait chuter leur nombre de moitié en un an.
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Le Parlement grec doit se prononcer ce dimanche sur une réforme controversée des retraites, réclamée par les créanciers. En face du Parlement à Athènes près de 15 000 manifestants se sont rassemblés, pour exprimer leur épuisement face aux mesures d'austérité. Cette nouvelle réforme des retraites est qualifiée de 'pillage' par les syndicats. Le texte prévoit la réduction des retraites les plus élevées,l'augmentation des impôts et des taxes pour les moyens et hauts revenus, et la fusion de plusieurs caisses d'assurance. Liana Korobili, 37 ans, professeur au chômage: 'Nous sommes jeunes et nous ne pouvons pas accepter ces politiques. Nous n'avons pas d'assurance sociale, de soins de santé, de salaires décents et pour la plupart d'entre nous, même pas d'emploi. Nous ne pouvons pas vivre comme ça. Nous ne pouvons pas vivre au 21ème siècle avec des conditions de travail du 19ème siècle.' Le pays est paralysé par une grève générale de 48 heures. La réforme était exigée par les créanciers de la Grèce en échange du nouveau plan d'aide signé en juillet. Seuls les députés de la coalition gouvernementale, de la gauche Syriza et du parti souverainiste Anel, s'apprêtent à voter en faveur de ce projet. Les partis d'opposition, dont celui de la droite de la Nouvelle-Démocratie, ont indiqué qu'ils allaient voter contre. Apostolos Staik, euronews : 'La réforme des retraites du gouvernement est nécessaire, mais les travailleurs font valoir que dans quelques années , les pensions pourraient encore être réduites. Aux yeux du peuple, Syriza marche sur le chemin de l'austérité et des coupes budgétaires. Une politique mise en oeuvre par tous les gouvernements précédents.'
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C'est une pilule bien amère qu'Alexis Tsipras doit faire avaler à son parlement et aux Grecs, épuisés par des années d'austérité. Hausse de l'impôt de solidarité, de l'impôt sur les hauts revenus et de la taxe sur les dividendes des sociétés ; quant au plafond des revenus non imposables, il pourrait être abaissé. Mais la plus difficile à digérer reste la baisse de des retraites à partir de 2019 : à partir de 750 euros par mois, elles seront réduites de 15%. Les retraités touchant plus de 2000 euros par mois perdront 40%. Et ce, même si le système grec restera le plus généreux d'Europe, martèle le ministre du travail, George Katrougalos. C'est lui qui a défendu la réforme devant les députés. 'Nous sommes dans une situation où la richesse nationale est nettement plus faible. Nous sommes 25% plus pauvres que nous ne l'étions en 2010. Et il nous faut donc distribuer de plus petites retraites. Mais pour la première fois, cela se fera de façon juste,' a-t-il assuré. Ces économies, évaluées à 1,3 milliards d'euros par an, visent à obtenir dès lundi à Bruxelles, le feu vert de l'Eurogroupe, du FMI et de la BCE au versement d'une nouvelle tranche d'aide. La Grèce en a besoin pour honorer ses échéances de juillet auprès de la BCE. Elle compte aussi sur le soutien du FMI pour lancer une renégociation de sa dette.
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Les transports en commun, y compris les liaisons entre îles et continent, étaient paralysés vendredi en Grèce par une grève générale de 48 heures contre deux projets de réforme des retraites et de l'impôt sur le revenu. Ces réformes prévoient la réduction des pensions les plus élevées, la fusion des multiples caisses d'assurance, l'augmentation des cotisations, des taxes et de l'imposition pour les moyens et hauts revenus. Les deux projets de loi seront débattus à l'Assemblée à partir de samedi matin, puis soumis au vote des députés dimanche soir avant un important Eurogroupe lundi. Le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, qui ne dispose au Parlement que d'une faible majorité de 153 députés sur 300, mise sur l'adoption de ces deux projets de loi, exigés par les créanciers du pays (UE et FMI) avant une réunion cruciale des ministres des Finances de la zone euro lundi à Bruxelles. Athènes espère ainsi obtenir enfin le feu vert de ses pairs pour la conclusion d'une première évaluation du programme d'aide au pays de 86 milliards d'euros conclu en juillet, qui permettra la poursuite du versement des prêts et l'ouverture d'une discussion sur la réduction de la dette publique. Des manifestations sont prévues à Athènes et dans d'autres villes à partir de vendredi et ce week-end. L'Adedy et la GSEE ont appelé à des manifestation en bas du Parlement.
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Isabelle Kumar, euronews Il y a beaucoup de mouvements qui dénigrent l'Union européenne, de groupements politiques de droite mais aussi de gauche. En quoi DIEM25 est-il différent ? La démocratie au coeur de DIEM25 Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Ce n'est pas un mouvement qui dénigre l'Europe, c'est un mouvement qui a pour but de sauver l'Union européenne d'elle-même ! Elle se désintègre partout où nous regardons, le long des frontières; nous avons de nouvelles frontières, de nouvelles barrières, de nouvelles demandes pour des obstacles électrifiés à la liberté de mouvement, il y a de nouvelles divisions qui surgissent dans l'esprit des gens, des gouvernements qui se replient sur eux-mêmes et qui sont hostiles à l'idée de solidarité dans l'Union européenne. Nous avons une zone euro qui se désintègre très rapidement. euronews Ce qui m'amène à cette question : nous avons demandé aux internautes de nous envoyer des questions pour cet entretien et Jefferson Mattewa demande: 'Comment envisagez-vous l'avenir de l'Union européenne ? Que se passera-t-il dans 10 ans si rien ne change ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances L'Union européenne n'existera pas, ce sera une sorte de version burlesque de l'Union soviétique. Heureusement, l'Union européenne est encore le royaume de la liberté individuelle, il n'y a pas de KGB ou de goulag. Mais il y a des similitudes et ce n'est pas rassurant. Rappelez-vous, l'Union soviétique était une entité économiquement non viable qui a été maintenue grâce à une volonté politique et l'autoritarisme. Plus vous maintenez ensemble une grande entité, une entité multi-nationale qui ne peut pas survivre, et que vous le faites de force, plus vous vous rapprochez d'une implosion, et les coûts de cette implosion sont extrêmement élevés. C'est notre grande crainte. euronews C'est un peu extrême non ? Ne craignez-vous pas de perdre des soutiens en ayant un tel point de vue ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Parfois, vous avez besoin d'exagérer pour défendre un point de vue. Evidemment, il y a une exagération ici, mais ce n'est pas du tout extrême. Toutes les décisions importantes ont été transférées au niveau de Bruxelles et de Francfort, la Commision européenne, la Banque centrale européenne, le Mécanisme européen de stabilité, c'est une zone totalement exempte de démocratie. euronews Peut-il y avoir débat sur ce point ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances C'est bien pour cela que nous avons cette discussion. Mais je suis certain que si vous aviez été avec moi à l'époque où j'avais ces réunions, vous auriez été d'accord avec moi. Il y a un mépris de la démocratie, un mépris. Transparence sur les négociations de sauvetage financier euronews Vous avez dit que vous auriez aimé que ces réunions à huis clos soient filmées. Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Absolument. euronews Et si elles l'avaient été, si ces réunions tendues durant l'été avait été filmées, pensez-vous que l'histoire aurait pris un tout autre chemin ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Oui. euronews Pourquoi? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Permettez-moi de le dire ainsi. J'ai entendu des ministres et des hauts fonctionnaires dire certaines choses qui n'auraient jamais été exprimées si les gens qui leur ont permis d'accéder là où ils sont, qui paient leurs salaires, qui votent pour eux, étaient en train de les regarder et de les écouter. euronews Donnez-moi un exemple, un exemple concret. Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances D'accord. Le 25 juin 2015 - je représentais alors la Grèce en tant que ministre des Finances- on m'a présenté un ultimatum de la troïka concernant la politique budgétaire que nous devrions accepter, les réformes, le modèle de financement etc. J'ai commencé à discuter avec le chef de la BCE, avec le ministre allemand des Finances, avec la patronne du FMI, et bien tous les trois ont avoué, et j'utilise ce mot sciemment, ils ont avoué que ce programme n'avait aucune chance. Je peux vous assurer qu'on ne m'aurait pas posé d'ultimatum, si nos électeurs, si l'opinion publique partout dans le monde, si vous, en tant que journaliste, vous aviez suivi cette réunion en direct. euronews Ils disent qu'ils étaient prêts à un compromis, que vous avez essayé de les retenir de force avec le référendum, qu'un compromis était très proche. Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances N'est-ce pas la meilleure raison qui rend pertinent notre appel à diffuser en direct ces réunions ? Pourquoi nos électeurs ne pourraient-ils pas suivre en temps réel ce que nous disons ? euronews Avez-vous enregistré ces réunions ? Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances Je suis très fier de l'avoir fait, et n'importe qui peut me défier s'il le souhaite. La première réunion a duré 10 heures, et je peux vous assurer que je suis sorti de celle-ci dans le brouillard, étourdi, extrêmement épuisé et stressé. Ce sont des moments très stressants. Je devais rendre compte des discussions à mon Premier ministre, à mon cabinet, à mon parlement et au public européen. J'ai donc demandé à ma secrétaire une transcription des débats et elle m'a répondu qu'il n'y en avait pas ! Ni transcriptions, ni compte-rendus : il n'y a aucune trace de ce qui avait été dit. J'ai répondu quoi ??? Quand j'ai compris que c'était vrai, j'étais abasourdi. C'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à enregistrer en utilisant mon téléphone, pour mes dossiers personnels. euronews Allez-vous divulger ces enregistrements ? Yánis Varoufákis Non, je ne l'ai jamais fait. Les seules informations que vous avez de ces réunions proviennent de sms et de diverses fuites dans le Financial Times, de gens qui étaient présents. Ce n'est pas une façon de faire fonctionner une démocratie. Ce n'est pas une manière de diriger un organe décisionnel, dont les décisions détermineront l'avenir de millions, de centaines de millions d'Européens . euronews Revenons à votre mouvement DIEM25 car, fondamentalement, vous voulez être un mouvement pluripartite dans lequel vous aurez le soutien de la gauche et la droite. Étant donné que vous êtes associé à la gauche radicale, comment allez vous faire ? Yánis Varoufákis Revenons en 1930. Un an auparavant, Wall Street s'effondrait. Vous savez ce qui s'est passé ensuite en Europe. La monnaie commune de l'époque a commencé à se fragmenter. C'était l'étalon-or, c'est l'euro aujourd'hui. Et très peu de temps après, les Européens ont commencé à se dresser les uns contre les autres avec des résultats catastrophiques. Je pense - nous sommes sans doute tous d'accord - que le devoir des démocrates à l'époque était de s'unir, de mettre de côté leurs différences - qu'ils soient pro-marché, pro-imposition, contre, de gauche, de droite, les choses habituelles - et d'arrêter de glisser vers l'abîme qui est venu plus tard, menant à la Seconde guerre mondiale. Je pense que nous sommes dans la même situation. euronews Pensez-vous que vous êtes la bonne personne pour diriger ce parti ? Yánis Varoufákis Peut-être pas. Pourquoi quelqu'un d'autre ne le fait-il pas ? J'adorerais suivre une autre personne. euronews Je voudrais vous poser une autre question issue de nos réseaux sociaux, elle vient de quelqu'un se faisant appeler Minotavros. Le Minotaure a posé la question mais nous avons constaté dans certains des commentaires sur les réseaux sociaux qu'il y a des réactions négatives contre vous en Grèce. Et la question du Minotaure est: 'Comment Varoufakis pourra-t-il réparer l'Europe quand il a brisé la Grèce ? ' Yánis Varoufákis Il y a une affirmation intéressante et tout à fait fausse dans la question. Si j'avais brisé la Grèce alors bien sûr je serais en prison, je serais loin d'être d'être au coeur d'un mouvement démocratique en Europe. Mais je n'ai pas brisé la Grèce, je n'ai pas ce pouvoir. La raison pour laquelle ... Au fait, vous avez dit qu'il y a des réactions violentes contre moi en Grèce. Peut-être devriez-vous regarder les sondages d'opinion . Syriza et les médias euronews Comment vous situez-vous dans les sondages ? Yánis Varoufákis Pas trop mal, pas trop mal. Même quand j'étais ministre, il y avait ce choc étonnant, cette déconnexion si vous préférez, entre les gens dans la rue, le taux de satisfaction que j'avais- le gouvernement et moi - et ce que disaient les médias. Si vous aviez été en Grèce lors du référendum, vous auriez pu voir que toutes les chaînes, tous les journaux, tout le monde nous dépeignait moi et Syriza comme Méphistophélès, comme des gens qui détruisent la Grèce. Ils mettaient en garde les Grecs en leur disant que s'ils osaient voter "non" au référendum, l'apocalypse allait arriver. Et qu'ont fait les Grecs ? Ils ont voté à 62% (NDLR :contre le plan de sauvetage et les mesures d'austérité en juillet 2015). Se confronter à l'establisment européen euronews 'C'est vrai. Revenons à la troika et aux négociations. Vous étiez contre certains des hommes politiques les plus expérimentés, des économistes que l'Europe connaît. Vous êtes- vous jamais senti dépassé lors de ces négociations ? *Yánis Varoufákis * Je me serais senti dépassé si leurs états de service étaient à la hauteur. Jamais auparavant le FMI n'était allé dans un pays pendant cinq ans, en collaboration avec la Banque centrale européenne et tous ces merveilleux experts entre guillemets. Et le résultat a été 30% de perte du revenu national, l'augmentation du chômage de huit à 28%, l'effondrement complet du système bancaire, de l'argent emprunté aux contribuables européens, 50 milliards qui ont été donnés aux banques : le résultat étant que les banques étaient encore en faillite. Ce fut une catastrophe totale. Ces personnes, quand je les ai confrontées, et je l'ai fait avec un immense respect, mais néanmoins je ne pouvais pas être respectueux du programme qu'elles avaient préconisé. Isabelle Kumar, euronews Est-ce vrai que vous avez failli vous battre avec le président de l'Eurogroupe ? Yánis Varoufákis C'est totalement faux. euronews Totalement faux ? Yánis Varoufákis Evidemment c'est totalement faux. Nous avons eu des désaccords. Il y a eu un moment où nous avons tous les deux légèrement haussé le ton, ça n'a duré que quelques secondes. Je souhaite vraiment qu'il y ait des caméras partout lors de ces réunions, ainsi, vous n'aurez plus à dépendre de ce que je dis, de ce que les disent les autres, et des fuites. La Maison Blanche est entièrement connectée. Au musée Lyndon Johnson, le musée présidentiel à Austin au Texas, à la bibliothèque présidentielle de George W. Bush vous pouvez entendre toutes les conversations qui ont eu lieu. C'est fantastique. Pourquoi ? Parce que cela signifie que nous, représentants du peuple, nous pourrions toujours agir sous le contrôle de leur regard. Et c'est crucial ! Nous n'avons pas cela en Europe, nous devrions l'avoir !! A propos de sa démission euronews Il y a beaucoup d'interrogations et l'une d'elles est évidemment, êtes-vous parti de votre propre chef ? Avez-vous été poussé dehors par la troïka, par le Premier ministre Alexis Tsipras ? Que s'est-il passé ? Yánis Varoufákis 'Eh bien, il y a plusieurs niveaux de réponse correcte. La réponse rapide c'est que j'ai démissionné. On m'a invité à rester au sein du gouvernement - mais je ne pouvais pas le faire alors que j'étais totalement en désaccord avec la conversion du" non " en "oui" le jour où c'est arrivé. La troïka était clairement très désireuse de me marginaliser et de me voir poussé hors du gouvernement, et ce, pour une raison très simple qui n'était pas personnelle. Maintenant, c'est peut être quelque chose que notre public ne sait pas, que ces accords de sauvetage de la zone euro ont été signés par le ministre des Finances, et non pas par le Premier ministre, ni le président, ni par Dieu et ses anges, mais bien par le ministre des Finances. Ils savaient donc que je ne signerais pas, j'étais un obstacle sur le chemin de la poursuite de la crise et du paraître. L'extension de la crise dans l'avenir en prétendant que nous l'avions résolu avec un autre prêt insoutenable. Et si c'était à refaire ? euronews Une autre question à présent, d'Elias Toumasatos, qui dit : 'Si vous aviez une seconde chance en tant que ministre des Finances, que feriez-vous différemment ? Yánis Varoufákis J'aimerais poser une question avant de répondre à celle-ci. Aurais-je du recul ? Saurais-je ce qui est arrivé? Parce que bien sûr, avec le recul, vous faites les choses totalement différemment. *euronews * 'Avec le recul. Disons que vous avez vu comment les choses se sont passées. Qu'auriez-vous fait différemment?' Yánis Varoufákis C'est une question très difficile. Mon premier dilemme serait de savoir si je me présente aux élections et si je me présente pour devenir ministre. Le second dilemme, si je réponds oui au premier - serait de savoir comment je gére les gens de mon ministère et du gouvernement qui ne sont pas en accord avec la stratégie que nous avions conçue. Enfin, une erreur que je reconnais - et sans doute je ne l'aurais pas fait, même sans recul - serait ma signature sur le document de demande d'extension de l'accord grec jusqu'à la fin juin. Et la raison pour laquelle je dis cela, c'est parce qu'à ce stade, j'ai la preuve évidente que la troïka n'a pas voulu honorer l'esprit de l'accord de la réunion du 20 février de l'Eurogroupe, ce qui était très important. L'économie grecque va-t-elle se redresser ? euronews Aujourd'hui, Alexis Tsipras dit que la Grèce est à un tournant, que l'économie va se développer. Yánis Varoufákis J'entends cela depuis 5 ans, 6 ans maintenant, de la bouche des nombreux Premiers ministres qui ont succombé à un programme qui a échoué. Cela n'arrivera pas, il n'y a pas de preuve de cela. Je serais le premier à me réjouir s'il y avait une preuve de cela. euronews Alors pourquoi dit-il cela ? Yánis Varoufákis Pourquoi M. Samaras a dit la même chose il y a deux ans? euronews Pour rester au pouvoir ? Syriza aujourd'hui est à la traîne dans les sondages derrière le parti de la Nouvelle Démocratie. Yánis Varoufákis C'est une combinaison d'élements. C'est un désir, nous exprimons tous des désirs, nous nous plaisons à imaginer que quelque chose va arriver parce que nous voulons que cela se produise, et il y a l'attrait du pouvoir, la tentative d'inspirer les gens par la pensée positive. Mais cela ne fonctionnera pas. Vous devez aussi changer les fondamentaux. Divisions à gauche euronews Tsipras et Syriza ont-ils abandonné leurs principes ? Yánis Varoufákis La gauche a une histoire très longue et éprouvante, faite de trahison, de boycott, de dénonciation, et même de s'envoyer les uns les autres au Goulag, vous vous en souvenez probablement. Et je suis la dernière personne qui se retrournerait contre un camarade comme Alexis et qui le dénigrerait. Nous avons des différences très fortes. Ce sont des moments difficiles mais je reste fermement sur mes positions. Et je ne dénoncerais pas ou je ne traiterais pas de tous les noms mes camarades et mes amis, même si nous sommes en désaccord et plus amis. euronews Regrettez-vous de ne plus faire partie aujourd'hui du gouvernement ? Yánis Varoufákis Non pas du tout. Parce que de toute façon, vous le voyez, tout l'intérêt d'être au gouvernement, c'est d'apporter des changements positifs, d'améliorer les choses. Si la seule condition pour rester dans un bureau ministériel c'est d'adopter des politiques qui, vous le savez, échoueront, quel est l'intéret ? Sauf si vous aimez vraiment ce travail ce qui n'est pas mon cas. ' euronews Qu'avez-vous appris sur vous-même au cours de ces mois au pouvoir ? Yánis Varoufákis Ce que j'ai appris sur moi-même ? J'ai appris que je peux être beaucoup plus calme que je ne l'avais imaginé sous un déluge de mensonges déconcertants. Cela m'a permis de confirmer que je n'apprécie pas le pouvoir. Au final, la politique est très amusante tant que l'on reste convaincu. euronews Un de mes amis m'a dit que vous étiez un grand professeur, mais un mauvais politicien, que répondez-vous à cela ? *Yánis Varoufákis Certains de mes étudiants pourraient dire le contraire. J e ne sais pas, je ne suis pas mon propre juge. Le star system est une nuisance euronews Il y a eu des discussions, car vous avez capté l'attention des médias, que vous l'appréciez ou non. Je suppose que c'est à cause de vos t-shirts moulants, parce que vous faites de la moto, vous portez des vestes en cuir. Cela vous est-il monté à la tête ? Yánis Varoufákis 'Non, pas le moins du monde. Si quelque chose était un obstacle, une distraction et une gêne, une nuisance pour moi, je tentais de faire un travail très difficile. Le moment, le jour où je me suis déplacé dans le ministère, j'ai eu une réunion au département du Trésor et on m'a dit que dans 11 ou 12 jours, l'Etat grec allait faire faillite, que nous avions à choisir soit entre payer le FMI soit payer les retraites. Lorsque vous vous trouvez dans cette situation, tout ce que vous devez faire, c'est vous mettre au travail. Alors, le star système et tout ce que vous décrivez est une nuisance importante. euronews Mais alors pourquoi apparaître dans des magazines dans votre appartement ? Yánis Varoufákis C'était une grosse erreur. Je peux vous raconter la façon dont cela s'est passé. Cela va simplement montrer à quel point je suis naïf en ce qui concerne les médias, car je n'avais jamais eu en main un exemplaire de Paris Match. Quand on m'a demandé cet interview - on m'a dit que ce serait une bonne histoire alors j'ai dit: 'Ok', je vais d'abord faire l'ITW et ensuite je regarderai l'article; s'il me convient, alors je donnerai mon feu vert. L'article était très bien. Mais je n'avais pas imaginé qu'il y aurait toutes ces photos. J'ai couru à la maison, tout avait été préparé. Je devais sortir pour rejoindre le Premier ministre 15 minutes plus tard. J'ai tout fait très vite, je n'ai pas réfléchi, c'était une grossière erreur. Il n'y a aucun doute là-dessus : c'est une des choses que je regrette. Des honoraires controversés euronews Une dernière question à propos d'un point polémique, à propos du montant facturé pour vos discours, le fait que vous facturez des honoraires astronomiques pour intervenir lors d'événements. Comment réussissez-vous à combiner cela avec vos principes de gauche ? Yánis Varoufákis Je constate avec intérêt que vous lisez les articles qui me critiquent et non pas ma réponse sur mon blog qui a été largement diffusée. Savez-vous quelle était ma réponse ? Il s'agit de faire ce que je proclame et que nous devrions tous faire: la transparence totale. Sur mon blog, j'ai listé 24 ou 25 entretiens que j'ai donnés depuis ma démission. Je montre que j'ai été payé pour trois d'entre eux. J'ai donné les chiffres, le montant pour chacun, transparence totale. Alors, pourquoi je facture mes interventions ? Préféreriez-vous que les dépenses pour mettre en place un système politique ou un mouvement politique soient issues de dons occultes provenant de sociétés ? Est-ce cela la transparence ? J'aimerais que tous les politiciens révélent leurs sources de revenus, comme je l'ai fait. Son rêve d'Europe euronews Nous avons débuté cet entretien en regardant comment l'Europe pourrait être dans 10 ans si rien ne change. S'il était possible d'avoir l'Europe que vous souhaitez voir dans 10 ans, donnez-moi un aperçu de ce que cela pourrait être. Yánis Varoufákis Que diriez-vous d'une Europe fédérale, où vous avez une Constitution que nous avons rédigé ensemble à la suite de la convocation d'une assemblée constituante - avec des représentants de cette assemblée élus au niveau pan-européen ? Ainsi les Français pourraient voter pour les Grecs ou les Allemands, ou les Finlandais pour les représenter dans cette assemblée, et vice versa. Ce serait une Europe dans laquelle nous aurions un gouvernement fédéral sur la base d'un vote par personne. La question est de savoir comment y arriver ? C'est toute la difficulté. Comment arrêter la chute libre dans laquelle nous nous trouvons ? Comment stabiliser l'économie, la politique, la géopolitique et les divisions, ou au moins arrêter le développement de nouvelles divisions - et se placer dans une posture où une prospérité partagée et un système politique partagé peuvent devenir à nouveau des rêves communs.
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La réforme des retraites a à nouveau entraîné des manifestations ce jeudi en Grèce, et une grève générale de 24h a commencé. Selon la police, deux cortèges différents ont réuni près de 15.000 personnes dans le centre d'Athènes. La mobilisation est en baisse par rapport au dernier grand défilé du 12 novembre, qui avait rassemblé 20.000 personnes. 'Nous disons 'non' aux nouvelles mesures sociales, déclare ce manifestant, car leur but est de repousser l'âge de la retraite à 67 ans. Nous nous battons pour sauver nos salaires, nous nous battons pour nos enfants'. Hôpitaux, écoles, transports publics : le fonctionnement d'une grande partie des services publics a été perturbée. C'est par ailleurs dans la nuit de samedi que la Grèce doit adopter le budget 2016. A Athènes, notre correspondant Stamatis Giannisis : 'Après près de onze mois relativement calmes au niveau des manifestations, voici en moins de trois semaines la deuxième grève générale à laquelle le gouvernement grec de Syriza doit faire face, les travailleurs exprimant à nouveau leur mécontentement au sujet des nouvelles mesures d'austérité et de la réforme des retraites sur lesquelles Alexis Tsipras s'est mis d'accord avec les créanciers du pays'.
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Les vacances dans six îles grecques, dont Mykonos, sont devenues aujourd'hui plus chères. Conformément aux engagements pris dans le cadre du troisième plan d'aide financière, la Grèce a supprimé les taux réduits de TVA dont ses îles bénéficient. Pour l'instant, seules Naxos, Mykonos, Santorin, Rhodes, Paros et Skhiatos sont concernées. D'autres îles suivront la même évolution en 2016 et 2017. Pour la majorité des biens, la TVA passe de 16 % à 23 %. Mais pour d'autres biens et services, comme l'hôtellerie, elle passe de 5 % à 13 %. Certains envisagent de faire peser cette hausse à la fois sur les clients et sur les propriétaires. 'Nous travaillons trois mois l'été, donc le reste du temps, quand il y a juste des locaux ici, cela aura certainement un impact sur notre chiffre d'affaires, sur la consommation. Mais nos dépenses sont les mêmes. Cela va avoir un impact négatif sur tous les commerces. Nous devons joindre les deux bouts pour les huit mois d'hiver', explique un commerçant. La hausse de la TVA concerne aussi les produits agricoles. Elle a été imposée par les créanciers d'Athènes, et le gouvernement, qui y est opposé, n'a pas exclu à l'avenir de revenir sur le dispositif, si ces rentrées fiscales le permettent.
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À peine réélu, le chef du gouvernement grec Alexis Tsipras a reconduit la plupart des membres de son ancien cabinet. Parmi eux, le chef du parti souverainiste des Grecs Indépendants, Panos Kammenos, conserve le ministère de la Défense. Autre ministère clé, celui des Finances, auquel reste l'artisan du troisième plan de sauvetage controversé d'Athènes. Le pro-européen Euclide Tsakalotos avait succédé au trublion Yanis Varoufakis.Tsakalotos sera assisté d'un adjoint, Georges Chouliarakis. C'est lui qui a assuré l'intérim de ce portefeuille durant la campagne électorale. Également ministre sortant du gouvernement par intérim, Ioannis Mouzalas reste à l'immigration. Il a su gérer de manière efficace l'afflux des réfugiés en Grèce. Le nouveau cabinet doit prêter serment ce matin, avant qu'Alexis Tsipras ne s'envole pour Bruxelles où il assistera au sommet extraordinaire de l'Union européenne sur la crise des migrants. Avec AFP
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Alexis Tsipras a effectué sa prestation de serment à Athènes lundi soir, devant le Président de la République Prokopis Pavlopoulos. Le leader de Syriza s'est engagé à servir le peuple grec pour la deuxième fois cette année. Alexis Tsipras devient Premier Ministre à nouveau pour une durée de quatre ans. La cérémonie s'est tenue au palais à 19 heures, heure de Paris. Au cours des neuf derniers mois, il a remporté deux élections nationales, et un référendum. Avec plus de 35 % des suffrages, Syriza remporte 145 sièges sur 300 au Parlement. Ce mardi, le dirigeant de la gauche radicale doit annoncer la formation de son gouvernement. Alexis Tsipras a déjà déclaré qu'il formerait une coalition avec Panos Kammenos, leader du parti souverainiste. Un gouvernement qui devra mettre en place une série de mesures consécutive au plan d'austérité signé il y a près de deux mois avec les créanciers du pays.
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Alexis Tsipras signe pour un nouveau mandat. Le leader de Syriza sera le Premier ministre de la Grèce pour les quatre ans à venir. Mais sitôt la victoire savourée et le Parlement recomposé, les législateurs devront affronter la réalité, et voter une trentaine de nouvelles mesures d'austérité découlant de l'accord signé le 13 juillet dernier entre Tsipras et ses créanciers. Cet accord prévoyait en effet de sévères mesures de rigueur en échange d'un troisième plan d'aide et du maintien de la Grèce dans la zone euro. Ces mesures, bien que difficiles, sont inévitables aux yeux de Dimitris Sotiropoulos, professeur de science politique à l'Université d'Athènes : 'Il ne reste que très peu de mois avant la fin de l'année et durant cette très courte période, nous devons travailler à la recapitalisation des banques, sinon, il y a des chances pour qu'on assiste à un bail-in, un renflouement interne par des particuliers, qui affectera gravement les dépôts des citoyens grecs dans les banques grecques.' Selon les termes de l'accord scellé le 13 juillet, Athènes reçoit environ 86 milliards d'euros sur 3 ans. Une prochaine tranche d'aide de 3 milliards d'euros doit être versée en novembre. Autre priorité du gouvernement Tsipras, la négociation d'un allègement de la dette grecque, à peine inférieure à 170% du PIB. Par ailleurs, le Parlement va devoir approuver la hausse de nombreux taux d'imposition, à commencer par l'impôt sur le revenu des agriculteurs qui passerait de 13% à 26% d'ici 2016. Le secteur agricole emploie près de 13% de la population active grecque. L'impôt sur le revenu des auto-entrepreneurs croît quant à lui de 3 points à 29%. Enfin, les retraités, déjà touchés par 6 années d'austérité, vont devoir encore se serrer la ceinture, avec la baisse attendue des retraites principales et complémentaires, respectivement de 2 et 6%. Par ailleurs le montant de la pension étant indexé sur la croissance du PIB et l'inflation, une éventuelle entrée en récession de la Grèce peut conduire à des réductions automatiques des retraites. Le correspondant d'euronews à Athènes Stamatis Giannisis apporte un éclairage sur les défis qui se posent pour le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras. Elena Rizopoulou : Syriza a surpassé les attentes, y compris celles de ses partisans les plus optimistes, et a remporté une victoire écrasante face à Nouvelle Démocratie. Comment cela s'est-il produit? Stamatis Giannisis : Le résultat des élections a clairement montré que Syriza et Alexis Tsipras en particulier restaient très populaires pour la majorité des électeurs grecs, malgré le spectaculaire retournement politique du parti de la gauche radicale, qui a accepté en juillet les conditions dictées par les créanciers de la Grèce en échange d'un nouveau plan de sauvetage. Mais Syriza s'en est remis au vote, Alexis Tsipras a guidé sa campagne et remporté la victoire sur son rival du centre droit Evangélos Meimarakis, qui, aux yeux de l'électorat s'est montré un peu trop vieux et trop conservateur par rapport à Alexis Tsipras. Elena Rizopoulou : Une des raisons qui a conduit Alexis Tsipras vers les élections est la division au sein de son propre parti. Mais l'aile d'extrême gauche de Syriza, l'Union populaire, n'a pas obtenu de sièges au Parlement, que s'est-il passé? Stamatis Giannisis : Le fait que l'Union populaire n'obtienne pas de sièges a été une surprise, bien qu'environ un quart des députés étiquetés Syriza dans le précédent Parlement ait quitté le parti quand Mr Tsipras a accepté les conditions du nouveau plan de sauvetage avec les créanciers de la Grèce. Mais finalement ce parti rebelle s'est retrouvé pris entre Syriza et le Parti communiste grec tandis que d'autres électeurs opposés au plan de sauvetage ont choisi soit de s'abstenir, soit de voter pour des partis d'extrême gauche qui n'ont pas réussi non plus à être représentés au Parlement. Elena Rizopoulou : M. Tsipras insiste pour continuer à gouverner avec le parti des Grecs indépendants (ANEL), la droite souverainiste, pourquoi persiste-t-il dans cette alliance contre-nature, alors qu'il y a au moins trois partis du centre et de centre gauche, mais aussi de centre droit qui ont soutenu au Parlement l'accord sur le plan de sauvetage ? Stamatis Giannisis : Bien qu'incompatible sur le plan idéologique, le partenariat avec le parti des Grecs indépendants est à ce stade un choix prudent pour Mr Tsipras. Au-delà de la nécessité de former une majorité parlementaire pour rester au pouvoir, il veut aussi dominer le centre gauche de l'échiquier politique grec. Le fait qu'il reconduise son alliance avec le parti des Grecs indépendants lui permet de ne pas partager le pouvoir avec un parti idéologiquement plus proche de lui. Donc à l'avenir, il ne faut pas être surpris de voir Syriza former une telle coalition, qui lui permet de devenir un parti dominant sur le centre gauche. Elena Rizopoulou : Mr Tsipras a déclaré que son mandat lui donnait la chance de proposer sa vision. Il a également dit que son gouvernement se mettrait immédiatement au travail. Que devons-nous attendre maintenant, étant donné que de nombreuses réformes difficiles doivent être mises en oeuvre aussi rapidement que possible? Stamatis Giannisis : Il va y avoir une période difficile pour le nouveau gouvernement, durant disons un mois et demi, car un certain nombre de mesures d'austérité résultant de l'accord de Juillet dernier doivent être adoptés par le Parlement. Cela ne va pas être si facile parce que cette fois, Mr Tsipras aura l'opposition contre lui au Parlement , mais il devra en plus faire face aux protestations de divers groupes de citoyens contre l'austérité et contre ce qu'ils considèrent comme une atteinte à leurs droits professionnels ou sociaux.
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D'un côté, 145 députés pour Syriza, de l'autre 10 pour les Grecs Indépendants. Alexis Tsipras constitue à nouveau une alliance avec le minuscule parti conservateur de Panos Kammenos pour former une très courte majorité. 155 sièges sur 300. Pour les analystes, ces élections confirment le rejet des partis traditionnels et le talent politique d'Alexis Tsipras. 'La société grecque veut tourner la page de l'ancien système politique' explique l'éditorialiste de 'Ta Nea' Voula Kehagia. 'Le message de cette élection n'est pas seulement la réaffirmation du potentiel d'Alexis Tsipras mais le rejet du vieil establishment politique.' 'M Tsipras a bien choisi le moment pour ces élections afin que le scrutin tombe juste avant la tornade des nouvelles mesures d'austérité' estime pour sa part le journaliste politique de 'To Vima' Angelos Koveos. D'ici une dizaine de jours, les créanciers de la Grèce feront une première évalutation du programme de mise en place des réformes établies dans le plan de sauvetage du pays. Ces réformes prévoient notamment une augmentations des prélèvements et une réduction de la fonction publique. 'En neuf mois Alexis Tsipras a réussi a gagner deux élections nationales et un referendum' rappelle le correspondant d'Euronews à Athènes Stamatis Giannisis. 'La question est maintenant de savoir s'il parviendra aussi bien à mettre en place les réformes décidées avec les créanciers du pays en juillet dernier et à ramener l'économie grecque sur le chemin de la croissance.'
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Alexis Tsipras a pris un pari risqué. Convoquer des élections anticipées dont l'issue s'annonce bien incertaine pour le Premier ministre grec. Alexis Tsipras. Premier ministre grec : 'Vous, avec votre vote, vous jugerez si l'accord que nous avons négocié dispose des bonnes conditions pour surmonter l'impasse et peut contribuer au redémarrage de l'économie, et si cet accord nous permet de mettre fin au mémorandum et aux mesures d'austérité cruelles.' En finir avec l'austérité, c'était précisément l'argument électoral qui avait permis à SYRIZA de remporter les précédentes élections 7 mois plus tôt et de donner à mandat à son leader qui forme un gouvernement de coalition. Alexis Tsipras. dirigeant de SYRIZA (janvier 2015) : 'Le verdict énoncé par le peuple grec met fin, sans l'ombre d'un doute, au cercle vicieux de l'austérité dans notre pays'. Mais la réalité s'avère têtue. Après de nombreux aller-retours à Bruxelles sans parvenir à un accord avec les créanciers du pays, le 29 juin, alors qu'i ne peut rembourser une échéance du FMI, le gouvernement se voit dans l'obligation de fermer les banques pour enrayer la fuite des capitaux qui s'accélère parallèlement à l'incertitude sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro. Quelques jours plus tard, les Grecs refusent par referendum le programme de l'eurogroupe du 25 juin qui prévoyaient de nouvelles mesures d'austérité. Le lendemain, Yanis Varoufakis, ministre grec de finances et bête noire de l'eurogroupe, marque son désaccord avec Tsipras en démissionnant. Est-ce le signe d'un changement de cap ? D'une certaine manière. Le 13 juillet Athènes et l'eurogroupe scellent un accord qui permet à la Grèce de rester dans l'euro grâce à un troisième plan de sauvetage de 86 milliards d'euros... Mais c'est une nouvelle fois au prix d'énormes sacrifices. En août, l'accord passe au Parlement, mais révèle une profonde division au sein de SYRIZA : 43 de ses deputés s'abstiennent ou votent contre. Vingt cinq deputés décident de suivre l'ancien ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis qui forme un nouveau parti, Unité Populaire, qui devient la troisième force à la Vouli. Privé de facto de sa majorité parlementaire, le Premier ministre n'a plus trop le choix. Pour rester au pouvoir, il va devoir de nouveau passer par les urnes. Parmi les réformes prévues, les plus dures -qui passent par de nouvelles augmentations des impôts et des baisses des retraites- doivent être implémentées en octobre. Difficile dans ces cas-là d'obtenir la confiance des Grecs. -- l'analyse de notre correspondant à Athènes-- Nous rejoignons notre correspondant à Athènes, Stamatis Giannisis. Stamatis, quels sont les dernières informations relatives à la campagne électorale en Grèce ? Que révèlent les derniers chiffres ? Stamatis Giannisis, euronews Athènes : Avec une vingtaine de sondages nationaux, ces deux dernières semaines, l'ensemble des partis ont désormais une idée plutôt claire du pourcentage de votes qu'ils devraient obtenir dimanche, et c'est pour cette raison qu'ils ont tous redoublé d'efforts pour essayer d'attirer à eux ceux que l'on appelle les indécis, car ce sont eux qui devraient définir l'issue finale de ces élections. Quoiqu'il en soit, la vaste majorité des sondages montrent que les deux principaux concurrents, SYRIZA et Nouvelle démocratie, sont au coude-à-coude, avec moins de 1 % de différence. Ce qui pousse les analystes politiques à être très prudents quant à l'issue finale, parce qu'ils manquent de certitudes, par exemple quant à savoir si le vote des indécis va être réparti de manière égale entre les grands et les petits partis, ou si le gros de ces votes va se reporter sur l'un des deux plus grand parti voire permettre à l'un ou à l'autre d'obtenir la majorité absolue au final. Eleni Rizopoulou, euronews : Quel est l'état d'esprit en Grèce. Comment est-ce que les électeurs voient ces élections générales et le fait qu'ils doivent encore une fois se rendre aux urnes ? Stamatis Giannisis, euronews Athènes : Dimanche, ce sera la troisième fois en neuf mois que les Grecs se rendront aux urnes. La première fois, c'était en janvier pour des élections anticipées puisque le Parlement s'est montré incapable d'élire un président de la République. Puis en juillet, le gouvernement d'Alexis Tsipras a convoqué un référendum, demandant aux Grecs d'approuver ou de rejeter la proposition de sauvetage des créanciers du pays. Ce dimanche, il s'agit une nouvelle fois de législatives anticipées pour que le prochain gouvernement, peut-être une coalition, puisse mettre en oeuvre l'accord du Plan de sauvetage que monsieur Tsipras a décroché avant de démissionner. On peut bien sûr comprendre que les électeurs grecs soient fatigués. Ils ne rechignent pas à aller voter, mais ils ne sont pas aussi enthousiastes qu'en janvier ou pour le référendum de juillet, parce qu'ils estiment que quel que soit le vainqueur, il va malheureusement devoir mettre en place de nouvelles mesures d'austérité et faire passer des réformes qui vont rendre la vie quotidienne encore plus difficile qu'elle ne l'est déjà.
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Evángelos Meïmarákis est une figure bien connue de la politique grecque. Membre de Nouvelle Démocratie (ND) depuis les débuts du parti, il y a 41 ans, il a longtemps été député avant d'occuper, de 2006 à 2009, le poste de ministre de la Défense. Devenu, presque par défaut, président du parti conservateur, ce grand moustachu, à l'allure bonhomme, se révèle être au final un sérieux rival à Alexis Tsipras. Car ce sexagénaire s'est posé en rassembleur. Il a remis la barre du parti au centre, mis de côté les éléments les plus radicaux et propose une grande coalition, car dit-il ''les Grecs sont lassés des divisions''. Coalition dont l'idée est, d'emblée, rejetée par Alexis Tsipras. Mais l'homme parviendra-t-il à créer la surprise ? Il s'est bien gardé de définir en détail son programme, soucieux de ne pas faire de promesses intenables ; il prône la stabilisation de l'économie, le retour des investissements et l''amélioration' du plan de redressement. En juin 2012, il est élu président du Parlement. Il occupera cette fonction jusqu'en janvier 2015, qui marque le raz-de-marée de Syriza aux législatives. En juillet, après le non au référendum, Antonis Samaras démissionne de la direction de Nouvelle démocratie. Evángelos Meïmarákis est choisi pour le remplacer. Un intérim qui le place en première ligne. Après la démission, le 20 août, du Premier ministre Tsipras, le président grec, Prokopis Pavlopoulos, lui demande de former un gouvernement. Au terme de trois jours de négociations avec les leaders des différentes formations, dont le parti d'extrême-gauche eurosceptique ''Unité populaire'', né de la scission avec Syriza, il échoue dans sa mission. Mais c'est lui qui mènera Nouvelle démocratie aux élections. Si pour certains, Evángelos Meïmarákis incarne l'expérience, indispensable pour ramener la stabilité en Grèce, d'autres voient en lui un homme du passé, issu d'une élite politique discréditée.
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Alexis Tsipras a pris un pari risqué. Convoquer des élections anticipées dont l'issue s'annonce bien incertaine pour le Premier ministre grec. Alexis Tsipras. Premier ministre grec : 'Vous, avec votre vote, vous jugerez si l'accord que nous avons négocié dispose des bonnes conditions pour surmonter l'impasse et peut contribuer au redémarrage de l'économie, et si cet accord nous permet de mettre fin au mémorandum et aux mesures d'austérité cruelles.' En finir avec l'austérité, c'était précisément l'argument électoral qui avait permis à SYRIZA de remporter les précédentes élections 7 mois plus tôt et de donner à mandat à son leader qui forme un gouvernement de coalition. Alexis Tsipras. dirigeant de SYRIZA (janvier 2015) : 'Le verdict énoncé par le peuple grec met fin, sans l'ombre d'un doute, au cercle vicieux de l'austérité dans notre pays'. Mais la réalité s'avère têtue. Après de nombreux aller-retours à Bruxelles sans parvenir à un accord avec les créanciers du pays, le 29 juin, alors qu'i ne peut rembourser une échéance du FMI, le gouvernement se voit dans l'obligation de fermer les banques pour enrayer la fuite des capitaux qui s'accélère parallèlement à l'incertitude sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro. Quelques jours plus tard, les Grecs refusent par referendum le programme de l'eurogroupe du 25 juin qui prévoyaient de nouvelles mesures d'austérité. Le lendemain, Yanis Varoufakis, ministre grec de finances et bête noire de l'eurogroupe, marque son désaccord avec Tsipras en démissionnant. Est-ce le signe d'un changement de cap ? D'une certaine manière. Le 13 juillet Athènes et l'eurogroupe scellent un accord qui permet à la Grèce de rester dans l'euro grâce à un troisième plan de sauvetage de 86 milliards d'euros... Mais c'est une nouvelle fois au prix d'énormes sacrifices. En août, l'accord passe au Parlement, mais révèle une profonde division au sein de SYRIZA : 43 de ses deputés s'abstiennent ou votent contre. Vingt cinq deputés décident de suivre l'ancien ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis qui forme un nouveau parti, Unité Populaire, qui devient la troisième force à la Vouli. Privé de facto de sa majorité parlementaire, le Premier ministre n'a plus trop le choix. Pour rester au pouvoir, il va devoir de nouveau passer par les urnes. Parmi les réformes prévues, les plus dures -qui passent par de nouvelles augmentations des impôts et des baisses des retraites- doivent être implémentées en octobre. Difficile dans ces cas-là d'obtenir la confiance des Grecs.
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Efi Koutsokosta, euronews : 'Il y a quelques mois, les Grecs vous ont élu parce que vous leur aviez promis de mettre un terme à l'austérité et aux plans de sauvetage. Au final, vous n'avez pas tenu vos engagements. Pourquoi devraient-ils encore vous faire confiance ?' Alexis Tsipras : 'Il y a sept mois, nous avons promis aux Grecs que nous mènerions un dur combat, que nous allions lutter, saigner pour qu'ils cessent de saigner et que nous défendrions en même temps leur droit de réclamer un changement en Europe parce que nous savons que nous appartenons à la famille européenne et qu'on ne peut pas changer les choses uniquement dans un pays. L'Europe doit changer de direction. Nous avons tenu cette promesse et les Grecs le savent.' Efi Koutsokosta : 'Et aujourd'hui ?' Alexis Tsipras : 'Aujourd'hui, nous avons un accord à mettre en place. Vous l'avez décrit comme un plan synonyme d'efforts. On savait depuis le début que tout compromis nous mènerait à un accord. Notre objectif, c'était de trouver un accord et non d'aboutir à un Grexit ou à un démantèlement de la zone euro. Aujourd'hui, pour la première fois, la restructuration de notre dette est une question qui est encore ouverte pour la Grèce. On ne discute pas de savoir si on doit alléger notre dette - on le fera après un premier état des lieux - , on discute encore de l'ampleur et de la portée de cette tâche. La Grèce ne peut être présente sur les marchés et avoir la perspective d'être attractive avec une dette qui a progressé de 120 à 180% pendant les quatre ans où une politique d'austérité sans issue a été menée.' 'La partie financière de l'accord est une grande réussite' Efi Koutsokosta : 'Mais en 2012, l'Eurogroupe n'avait-il pas indiqué que la dette serait en discussion ?' Alexis Tsipras : 'C'est exactement cela ; cela a été mentionné, mais sans engagement concret et il a été dit que quand la Grèce dégagerait des excédents primaires, des décisions seraient prises. Il y en a pas eu. Et ce n'est pas seulement dû au fait que le gouvernement précédent de M. Samaras n'a pas mis ce sujet sur la table, mais il disait aussi à tout le monde que la dette était supportable. Aujourd'hui, nous avons des alliés très puissants. Même le FMI s'exprime sur une restructuration de la dette.' Efi Koutsokosta : 'Concernant la dette, quel sera votre objectif si vous êtes à la tête du prochain gouvernement ? L'allègement fait-il toujours partie de vos propriétés ?' Alexis Tsipras : 'Tout d'abord, je crois que la partie financière de l'accord est une grande réussite à mettre au compte de notre gouvernement. Je vous rappelle que les pays du nord dont l'Allemagne ne voulaient pas discuter d'accorder une aide financière à la Grèce. Et aujourd'hui, ce n'est pas qu'une question d'aide financière, mais tous les besoins du pays sont totalement couverts jusqu'en 2019 et il s'agit de facto d'une mini-restructuration de la dette parce que pour les obligations que nous devons rembourser à la BCE et au FMI avec un taux d'intérêt de 4,5 et 3,8%, le taux est aujourd'hui d'1,5% par le biais du Mécanisme européen de stabilité financière (MESF). Donc c'est une mini-restructuration en raison de la réduction du coût des emprunts. Les fonds de nos banques seront aussi garantis dans le cadre du processus de recapitalisation d'ici la fin de l'année. Donc cela se passera avant que les programmes de sauvetage ne démarrent en 2016. Ce qui veut dire que tous les dépôts de la population grecque sont garantis.' Efi Koutsokosta : 'Vous avez dans les mains un programme qui prévoit des réformes. La Grèce et ses gouvernements successifs sont critiqués pour ne pas les avoir appliquées. Que signifie le mot 'réforme' pour vous ? Parlez-vous le même langage que vos partenaires européens ? Les privatisations et la libéralisation des professions protégées représentent-elles des réformes selon vous ? Ce sont des mesures qu'attendent les créanciers.' 'Le leadership européen est dominé par une politique néolibérale dogmatique et rude' Alexis Tsipras : 'Ecoutez, je crois que le problème qui est au coeur du leadership européen aujourd'hui, c'est qu'il est dominé par une politique néolibérale dogmatique et rude. Il est vrai que la Grèce a besoin de réformes. Mais si on parle de l'ouverture des professions protégées, je ne commencerais pas par les coiffeurs, mais par les propriétaires de médias. Si on parle du besoin de réformes, il ne s'agira pas de la liquidation des biens publics, mais de la réforme de l'Etat pour qu'il devienne plus efficace et qu'il rende service aux citoyens. Par exemple, si nous avions eu le temps et que nous n'avions pas 'hérité' du Fonds de développement des biens de la République hellénique (Taiped) - qui est une mauvaise chose -, on aurait pu épargner des biens publics comme les 14 aéroports...' Efi Koutsokosta : 'Vous allez les privatiser ?' Alexis Tsipras : '... qui amènent des retombées de 350 millions d'euros par an. En l'espace de trente ans, elles pourraient être encore plus importantes. Mais vous me parliez des privatisations.' Efi Koutsokosta : 'En particulier des aéroports parce que c'est un sujet controversé.' Alexis Tsipras respectera tous les points de l'accord, y compris la privatisation des aéroports Alexis Tsipras : 'Je ne veux éviter aucune de vos questions. Vous comprenez bien que la privatisation des aéroports était une demande. Je ne veux pas commenter pourquoi. Je suppose que tout le monde peut le comprendre. Parce qu'il y avait des intérêts particuliers en jeu. Pour autant, nous sommes des gens honnêtes et nous honorons nos engagements. Quand nous nous sommes engagés à respecter un accord, nous le mettons en pratique. Nous demandons la même chose aux autres parties : parce que l'accord peut avoir des points négatifs comme celui que j'ai déjà mentionné, mais cela veut dire aussi qu'on reviendra à la concertation collective et que nos partenaires devront respecter cela. Les licenciements collectifs vont s'arrêter et nos partenaires devront respecter cela. Le secteur de l'énergie restera sous le contrôle de l'Etat et nos partenaires devront respecter cela. Nous allons mettre fin aux mises aux enchères de résidences principales pour ceux qui ne peuvent pas payer leurs crédits et nos partenaires devront respecter cela. Nous demanderons à nos partenaires d'honorer l'accord que nous avons passé et en contre-partie, nous serons obligés de faire la même chose sur les points que nous désapprouvons. C'est tout le sens d'un accord équitable.' Efi Koutsokosta : 'Très récemment, dans son discours devant le Parlement européen, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a dit que pendant les négociations, il vous avait proposé de mettre en place des taxes sur l'activité des armateurs et que vous avez plaidé contre.' Alexis Tsipras : (Rires) 'Je rigole parce que mon ami Jean-Claude était dans une situation très difficile. Il faut rappeler que le FMI et lui ont rejetté notre proposition d'augmenter les impôts sur les bénéfices des grandes entreprises. En réalité, quand nous avons fait cette proposition - je suis au courant de ce qui se passait en coulisses -, des entrepreneurs grecs appelaient la Commission et le FMI pour faire pression parce qu'ils voulaient éviter de payer davantage d'impôts. Et en effet, à l'époque, le FMI - Mme Lagarde - nous a dit que cette mesure allait à l'encontre de la croissance et n'aidait pas. Mais en revanche, tout le monde sait bien que baisser les salaires et les pensions, c'est bon pour la croissance ! Percevoir des impôts sur les bénéfices des grandes entreprises, c'est mauvais pour la croissance ! Je crois que Jean-Claude qui voulait éviter les critiques sur ce sujet a agi en homme politique d'expérience en mettant sur la table une question qu'il savait trop difficile à résoudre. 'Mon ami' Jean-Claude Juncker On n'a pas rejetté l'idée d'une taxation qui concernerait les armateurs. Au contraire, nous lui avons expliqué que vu le contexte constitutionnel - et on ne peut pas changer la constitution du jour au lendemain -, il est extrêmement difficile d'imposer des taxes s'appliquant aux armateurs parce qu'ils ne sont pas basés en Grèce. Ils ont des sociétés installées à l'étranger et on ne peut pas leur mettre la main dessus. Donc si on veut être efficace en mettant en place des taxes sur les richesses qui échappent à notre pays, on doit changer tout le contexte institutionnel européen concernant les entreprises offshore. Et si c'est ce que nous voulons, alors ne parlons pas de la Grèce, mais du Luxembourg de M. Juncker !' Efi Koutsokosta : 'En parlant de M. Juncker, vous venez de dire qu'il est votre ami.' Alexis Tsipras : 'Oui, parce que je pense qu'il est honnête et qu'il a de bons sentiments à l'égard des Grecs.' Efi Koutsokosta : 'Qu'en est-il pour vous ? Il a eu des paroles dures vous concernant pendant les négociations.' Alexis Tsipras : 'Non, je pense que nous avons eu une relation honnête. Je l'ai critiqué moi aussi. On n'a pas le même positionnement. Il est un homme politique de droite, je suis un homme politique de gauche. Pour autant, nous avons une relation honnête.' Pour le leader de Syriza, Yánis Varoufákis avait donné le maximum Efi Koutsokosta : 'Pour revenir à l'époque de ces rudes négociations, la personnalité qui les a incarnées pendant de longs mois avant le référendum, c'était le ministre grec des Finances Yánis Varoufákis et il n'a pas voté en faveur de l'accord que vous avez ramené en Grèce par la suite. Aviez-vous fait un mauvais choix en le nommant ?' Alexis Tsipras : 'Tous les Premiers ministres ont la possibilité de choisir le ministre qui obtient les meilleurs résultats. Et c'est comme au foot quand pendant un match, un entraîneur voit qu'un joueur a donné le maximum, il le remplace ; c'est ce que j'ai fait. Au début des négociations, Yánis Varoufákis a imposé une bonne dynamique. Mais après avoir été pris pour cible par la plupart de nos partenaires européens - ils ne lui parlaient plus, il ne pouvait plus communiquer avec eux -, j'ai dû le remplacer.' Efi Koutsokosta : 'Donc vous l'avez sacrifié à cause de ça ?' Alexis Tsipras : 'Cela n'a pas été un sacrifice, mais une proposition de solution. Et nous sommes tombés d'accord là-dessus. Rien n'est figé dans le temps. Et quand je me suis rendu compte que Yánis Varoufákis ne pouvait pas ramener d'accord, qu'il ne pouvait plus communiquer avec ceux qui étaient autour de la table, je lui ai dit : 'Yánis, tu ne peux pas ramener d'accord'. Il m'a répondu : 'Oui, tu as raison. Je ne suis pas la bonne personne pour ramener un accord.' Je crois que nous nous sommes séparés en amis.' Efi Koutsokosta : 'Revenons sur ces 17 heures pendant lesquelles vous êtes restés dans cette même pièce avec les autres dirigeants européens en vue d'obtenir un accord très attendu. La presse internationale a écrit que vos partenaires vous avaient torturé, d'autres ont dit qu'ils vous avaient crucifié ? Est-ce bien ça ? Est-ce que c'est ce que vous avez ressenti ?' 'Si vous voulez que je mette un panneau 'A vendre' sur l'Acropole, dites-le moi' Alexis Tsipras : 'S'il s'agit d'une crucifixion, alors c'est une bonne chose parce qu'après vient la résurrection. Mais à présent, il est temps de parler du besoin des Grecs de ressusciter car notre pays a souffert depuis cinq ans. Ecoutez, c'était une réunion très dure. Je leur ai dit clairement que je n'allais pas quitter la réunion sans qu'ils retirent une proposition terrible qui incluait la création d'un fonds à l'extérieur du pays, à savoir au Luxembourg, dont l'objectif aurait été de brader immédiatement pour 50 milliards d'euros de biens publics - ce qui représente le quart de notre PIB - à un prix très faible parce que pendant la crise, les prix sont extrêmement bas. Je leur ai dit : 'Si vous voulez que je mette un panneau 'à vendre' sur l'Acropole, dites-le moi.' J'ai dit : 'Je ne quitte pas la réunion, mais je ne signe pas l'accord.' Ils m'ont mis de plus en plus la pression, mais le matin suivant, ils ont réalisé qu'ils devaient revenir en arrière. Et c'est ce qu'ils ont fait. Il y en a qui m'en ont voulu parce que le référendum a mis en lumière le manque de démocratie en Europe et ils me disaient : 'qu'est-ce que je devrais dire à mes électeurs s'ils me demandent pourquoi je n'organise pas de référendum moi aussi ?' et je leur ai répondu que c'était leur problème ! Parce que la démocratie, c'est la valeur suprême en Europe.' Efi Koutsokosta : 'Et que se serait-il passé au moment où vous avez fait un référendum en Grèce, si les autres gouvernements avaient fait la même chose dans leurs pays en demandant à leurs électeurs s'il fallait ou non prêter encore de l'argent à la Grèce ? Selon vous, quel aurait été le résultat ? Qu'aimeriez-vous dire aux Européens au sujet de l'aide financière qu'ils accordent à la Grèce ?' Alexis Tsipras : 'Si vous pensez que la démocratie est le socle sur lequel l'Europe doit être construite, alors je dirais : 'Pourquoi pas ?' Que l'on laisse organiser des référendums un peu partout. Mais pas seulement au sujet d'un seul pays, mais au sujet de la direction de l'Europe. Lors de ces référendums, on devrait demander aux électeurs s'ils pensent que l'austérité est la seule voie possible ou s'il nous faut des politiques alternatives. 'Les Européens ont changé de vision sur les Grecs' La Grèce était dans l'oeil du cyclone. Il ne faut pas blâmer le peuple grec pour cela. Et au cours de ces négociations, nous avons réussi à changer la manière dont l'opinion publique européenne voit la population grecque. Avant, les Européens disaient souvent que les Grecs étaient paresseux et qu'ils voulaient vivre au-dessus de leurs moyens. Ils ont changé de vision et aujourd'hui, ils se disent surtout que la population grecque a été injustement torturée et a payé le prix de mauvais choix politiques et des erreurs de ses précédents gouvernements. Maintenant, il faut que nous allions de l'avant en rompant avec le passé.' Efi Koutsokosta : 'Est-ce que vous avez regretté d'avoir organisé un référendum à ce moment-là ?' Alexis Tsipras : 'Non, pas du tout. Si les électeurs grecs n'avaient pas participé à ce processus de négociations, nous aurions dû accepter des mesures très dures sans obtenir aucun financement. Nous aurions été dans une nouvelle impasse d'ici trois à cinq mois. Le référendum, c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, nous sommes en vie et capables de lutter et nous représentons un exemple pour les autres populations d'Europe. Si Syriza gagne - et c'est sûr que nous allons gagner - et si nous gagnons avec une forte majorité, le message que nous adresserons à l'Europe, ce ne sera pas que le gouvernement de Syriza a échoué, mais qu'il est debout et qu'il veut que l'Europe prenne une nouvelle direction. Et ce message sera très fort.' Efi Koutsokosta : 'La crise des réfugiés est une autre crise qui touche la Grèce. Toute l'Europe est concernée et Angela Merkel a estimé qu'elle est encore pire que la crise grecque. M. Tsipras, votre gouvernement a été critiqué pour ne pas avoir fait ce qu'il aurait dû, à savoir de demander à l'Union européenne de prendre les mesures nécessaires. Acceptez-vous cette critique ?' Alexis Tsipras : 'C'est un argument utilisé par nos opposants grecs dont la position sur la crise des réfugiés est inacceptable. Je ne parlerai pas de ce que nous avons fait en tant que gouvernement, mais je dirais que le précédent gouvernement n'avait rien fait. Crise des réfugiés : Alexis Tsipras condamne l'attitude de l'opposition grecque Ils nous accusent d'ouvrir les frontières et d'inviter les réfugiés à venir en Grèce. C'est comme s'ils vivaient sous cloche, comme s'ils ne savaient pas que jusqu'à maintenant, 800.000 réfugiés sont arrivés en Europe, comme s'ils ne comprenaient pas qu'il s'agit d'une crise mondiale qui a coïncidé avec le changement politique en Grèce. Mais ce n'est pas nous qui avons invité les réfugiés à venir en Grèce et ce n'est pas non plus Angela Merkel qui les a invité en Allemagne où il y aura environ 800.000 réfugiés d'ici la fin de l'année. Donc sur ce sujet, il y a une hypocrisie immense et très profonde du côté conservateur et populiste du paysage politique grec dont fait partie Nouvelle Démocratie. Et malheureusement, j'inclus aussi des partis qui appartiennent au groupe socialiste au Parlement européen et je dis 'malheureusement' parce que les sociaux-démocrates européens ne pensent pas comme nous, en particulier le parti centriste To Potami qui a la position la plus populiste sur le sujet - pour des raisons électoralistes - et qui du coup, est d'accord avec Aube dorée sur cette question des migrants.' Efi Koutsokosta : 'A propos des élections, dans les sondages, jusqu'à présent, Syriza arrive en tête, mais n'obtient pas de majorité absolue. Avec qui allez-vous faire alliance, en particulier si les Grecs indépendants - votre ancien partenaire de droite nationaliste - ne siègent pas dans le prochain Parlement ?' Alexis Tsipras : 'Lors des élections de janvier 2015, une grande majorité de Grecs voulaient voter pour nous, mais n'ont pas osé parce qu'ils ont eu peur de ce que disaient nos opposants à savoir que nous avions un programme secret et que nous voulions faire sortir le pays de la zone euro. Donc il nous a manqué deux sièges pour avoir la majorité absolue. Aujourd'hui, personne dans le pays ne peut nous accuser d'avoir un programme secret parce que nous avons prouvé que dans les situations critiques, nous avons assumé le coût et la responsabilité de maintenir le pays en Europe et d'éviter une catastrophe économique encore plus grave. Aujourd'hui, ces points-là ne sont plus en débat et nous avons véritablement de bonnes chances de remporter les deux sièges que nous souhaitons obtenir. Syriza sera sûrement le premier parti politique dans notre pays et je crois que la majorité absolue est un objectif totalement atteignable. Même si nous l'obtenons, nous chercherons des partenaires pour gouverner. Si nous ne l'obtenons pas, nous aurons notre programme, notre plan et il y aura toujours des partis ou des députés qui ne voudront pas prendre le risque de nouvelles élections. Donc je suis presque sûr qu'après le 20 septembre, dans les jours qui suivront, nous aurons un gouvernement qui poursuivra l'immense effort que nous avons enclenché le 25 janvier.' 'La récession sera terminée au cours du premier semestre 2016' Efi Koutsokosta : 'Quel est votre objectif prioritaire pour les quatre prochaines années dans l'éventualité où vous formiez un nouveau gouvernement ? Que ferez-vous ? Où voulez-vous emmener le pays et quelle est votre vision pour les dix prochaines années ? A quoi ressemblera la Grèce à terme ?' Alexis Tsipras : 'Dans quatre ans, le pays sera différent. Je crois que cet état transitoire de récession sera terminé au cours du premier semestre 2016. Nous en aurons fini avec les conséquences du contrôle des capitaux, la croissance sera de retour à la condition que nous obtenions une issue positive lors des négociations sur la dette. D'après moi, il est tout-à-fait réalisable que - si ce n'est pas pour fin 2016, alors pour début 2017 - notre pays soit de retour sur les marchés et que nous n'ayons plus besoin de prêts, de supervision et de subir cette situation difficile que nous avons vécue ces dernières années. Et bien sûr, il nous revient à nous de tourner la page du passé, d'éliminer et de détruire les sources de corruption qui nous paralysent.' Efi Koutsokosta : 'Qu'est-ce qui vous empêche de dormir la nuit quand vous êtes chez vous, seul avec vos pensées ? Qu'est-ce qui vous inquiète le plus ?' Alexis Tsipras : 'Maintenant, vous voulez que je me confie. C'est vrai que nous avons traversé des moments de grande angoisse. De nombreuses fois, j'éprouvais une telle inquiétude de savoir si le lendemain matin, le pays serait encore capable d'être debout, si les banques et notre économie seraient encore capables d'être debout. Et j'ai pris des décisions difficiles - qui avaient un coût -, mais toujours avec la conscience tranquille. Et de ce point de vue, je suis content parce que si j'avais du mal à trouver le sommeil, ça n'avait rien à voir avec ma conscience, mais avec la difficulté objective de savoir si les salaires allaient être payés, si les banques allaient être renforcées et si la stabilité économique et sociale allait être rétablie. Et je crois que les Grecs peuvent s'en rendre compte. Les Grecs avec calme et dignité ont réussi à supporter les difficultés. Et ils peuvent voir dans les yeux des hommes politiques, ceux qui leur mentent et ceux qui leur disent la vérité.'
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Gouvernement de gauche, de droite ou de coalition autour de Syriza ou de Nouvelle démocratie, grand rassemblement d'union nationale ? L'issue des élections législatives de dimanche prochain en Grèce reste ouverte. L'ex-Premier ministre Alexis Tsipras, qui attend une nouvelle légitimité de ce scrutin, a déjà exclu l'idée d'une grande coalition avec les conservateurs de Nouvelle démocratie. Il se veut résolument optimiste au micro d'euronews : 'Je suis sûr que Syriza arrivera en tête des élections et je crois qu'atteindre la majorité absolue est absolument faisable. Et si cela arrive, nous rechercherons des coopérations, s'il n'y en a pas, et bien, nous avons notre programme, notre plan et je crois qu'il y aura des forces politiques et des gens au parlement qui ne voudront pas prendre le risque de nouvelles élections. En conséquence, je suis sûr qu'après le 20 septembre, dans les jours qui suivront, on aura un gouvernement qui poursuivra l'énorme tâche que nous avons entamée le 25 janvier.' Vous pourrez retrouver un plus long entretien d'AlexisTsipras réalisé par Efi Koutsokosta, de la rédaction de Bruxelles, à partir de mardi soir, dans Global conversation à 20h40 cet. Cinq nouveaux sondages donnaient ce dimanche Syriza et Nouvelle démocratie au coude-à-coude avec moins d'un point d'écart. Vangélis Meïmarakis, successeur d'Antonis Samaras, a remis le cap au centre et s'est posé en rassembleur, au point de talonner en popularité Tsipras. Lui, souhaiterait voir émerger un gouvernement d'union nationale. Mais Tsipras l'exclut et envisagerait plutôt de travailler avec le Pasok ou les communistes dont le score devrait encore tourner autour de 5 %. Il faut 3 % des suffrages pour entrer au parlement grec. Avec Agences
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A huit jours des législatives anticipées en Grèce, Syriza reprend une courte avance sur les conservateurs de Nouvelle Démocratie. Un sondage paru ce vendredi pour Skai TV crédite Syriza d'une avance d'un point sur Nouvelle démocratie, à 28.5% des suffrages exprimés. La formation néonazie Aube Dorée conserve quant à elle la troisième place. L'ex-Premier ministre Alexis Tsipras a précipité ces élections en démissionnant le 20 août, sur fond de désaccords au sein de son parti Syriza à propos d'un troisième plan d'aide à la Grèce. Lors du vote au Parlement, seuls 118 députés de la Syriza et du parti Les Grecs indépendants, la formation de droite souverainiste associée à la Syriza dans la coalition gouvernementale formée fin janvier, ont voté en faveur du plan, alors qu'un gouvernement minoritaire doit en principe s'assurer du'au moins 120 voix. Pour ce troisième scrutin depuis le début de l'année, certains électeurs grecs font preuve de compréhension : 'Trois élections en huit mois, c'est beaucoup trop. Mais comment faire autrement vu que Siryza et le parti les Grecs indépendants, qui avaient formé une coalition, ont perdu la majorité?', interroge Theodosis Valartas, un enseignant de 69 ans. 'Je ne sais pas si je vais voter, hésite Maria, une Athénienne de 60 ans. Même si j'habite près du bureau de vote, je ne sais pas, j'y réfléchis, peut-être, peut-être pas... Parce que si je vote, est-ce que ça va faire une différence?' Selon la plupart des sondages les électeurs grecs souhaitent voir les deux premiers partis, la gauche radicale et les conservateurs gouverner ensemble à l'issue de ces législatives ; une option à laquelle adhère Nouvelle Démocratie, mais que rejette Syriza. _ Avec AFP_
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Ce sont encore plus de 2 500 migrants qui ont débarqué lundi sur le port du Pirée en provenance des iles de Kos et de Lesbos, principalement des réfugiés venus de Syrie. La plupart d'entre eux vont maintenant entamer un long périple en direction du Nord de l'Europe avec la frontière macédonienne comme première étape. 'C'est très dur, explique cet homme. A Mytilène, on est resté cinq jours dans la rue, sans nourriture, sans rien. Maintenant que je suis ici, je vais essayer de sortir de Grèce. Je pense que ce sera mieux hors de Grèce.' En Macédoine, les conditions ne sont pas forcément meilleure. Si les tensions des derniers jours se sont quelque peu appaisées, les camps de réfugiés restent surpeuplés et le flux de migrants difficile à gérer: Cet homme dénonce les conditions d'accueil: 'Pour eux c'est comme un business, un sale travail. Ces gens n'ont aucune humanité, vous me comprenez ? Ils nous traient comme du bétail: C'est le message que doit entendre le monde entier : Ici il n'y apas de droits de l'homme' Cette année, plus de 300,000 personnes ont traversé la Méditerranée, plus de la moitié ont débarqué en Grèce, à peine moins en Italie. Depuis deux mois, leur nombre augment chaque jour. Entre 2 000 et 4 000 migrants arrivent chaque jour sur les côtes du vieux continent.
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Au lendemain de sa désignation, le nouveau gouvernement par intérim grec a prêté serment. A sa tête Vassiliki Thanou, présidente de la Cour suprême. Mais le véritable enjeu ce sera le 20 septembre prochain, date désormais officielle des élections législatives anticipées. D'ici là, les nouveaux ministres vont parer au plus pressé et gérer la transition. Le ministre adjoint aux finances, Trifon Alexiadis, est un des rares resté à son poste. 'Nous avons beaucoup à faire concernant les déclarations d'impôts et le contrôle des taxes', dit-il, 'le ministre des finances travaille avec acharnement pour mettre en oeuvre le processus de transition institutionnelle'. Ce nouveau cabinet restera en place moins d'un mois. Le ministre en charge de la politique de migration va poursuivre sur la même voie que son prédecesseur. 'Nous devons poursuivre la politique européenne et faire ce que souhaite le président Pavlopoulos, c'est à dire un sommet', déclare Ionannis Mouzalas, 'car si le problème n'est pas réglé au niveau international, il n'y aura pas de solution'. Les Grecs retourneront aux urnes, pour la troisième fois cette année. Et malgré la défection d'une partie de ses troupes, le parti Syriza d'Alexis Tsipras, ex-Premier ministre, reste en tête des intentions de vote. 'Quelques heures avant que ne débute officiellement la période pré-électorale, les partis politiques apparaissent divisés', nous explique notre correspondante Efi Koutsokosta. 'Le principal enjeu au coeur du débat sera certainement le troisième programme d'aide. Le nouveau gouvernement qui sera formé après les élections à venir devra mettre en oeuvre des mesures impopulaires et des réformes difficiles, mais qui en même temps sont considérées comme nécessaires'.
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En Grèce, Vassiliki Thanou a prêté serment ce jeudi après sa nomination au poste de Premier ministre par intérim. La cérémonie d'investiture a eu lieu au siège de la présidence de la République. Cette femme de 65 ans, jusque-là présidente de la Cour suprême, devient ainsi la première femme à diriger un gouvernement en Grèce. Un poste qu'elle occupera jusqu'aux législatives anticipées prévues dans les prochaines semaines. Elle devrait faire connaître la composition de son équipe ce vendredi. Vassiliki Thanou succède à Alexis Tsipras qui a annoncé sa démission la semaine dernière, en raison des dissensions au sein de sa coalition. Les législatives anticipées sont censées redessiner le paysage politique au Parlement. Alexis Tsipras espère obtenir une majorité plus large pour gouverner. Cette crise politique se déroule sur fond de mesures d'austérité exigées par les créanciers en échange de soutiens financiers.
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Seulement un mois et demi après le 'non' retentissant de plus de 60% des électeurs aux mesures imposées par les créanciers... mesures pourtant finalement acceptées par leur Premier ministre, Alexis Tsipras, les Grecs plongent de nouveau dans l'inconnue, avec un paysage politique en voie de recomposition. 'Nous vivons dans l'espoir, confie un habitant d'Athènes. Nous espérons un avenir meilleur. Mais, jusqu'ici, les politiciens n'ont jamais tenu leurs promesses.' 'Je ne pense pas qu'on puisse échapper à de nouvelles élections en raison de l'éclatement de Syriza, estime un autre. Mais c'est peut-être une bonne nouvelle, car cela peut être l'occasion de clarifier le paysage politique. Sinon, dans la configuration actuelle, le parti au gouvernement ne pourrait pas respecter ses engagements envers les créanciers.' 'Syriza n'était plus assez fort au Parlement pour faire adopter des lois cruciales et Tsipras était en difficulté pour diriger le pays, commente une femme. Il aurait été dépendant, soit des dissidents de son propre parti, soit des dirigeants de l'opposition. Aussi, il n'avait pas d'autre choix que de demander des élections anticipées.' Des élections législatives qui constituent l'hypothèse la plus probable... mais dont l'issue est à ce jour très incertaine. 'Pour la troisième fois en neuf mois, commente l'un des correspondants d'Euronews en Grèce, Costas Tsellos, le pays se dirige vers les urnes. Le Premier ministre Alexis Tsipras a promis des 'jours meilleurs'. Mais la division de Syriza va conduire à une nouvelle période d'incertitude électorale. Et beaucoup de gens pensent que l'économie s'engage de nouveau dans une impasse.'
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La scission était prévisible, car à vrai dire, inévitable... Vingt-cinq députés dissidents de Syriza ont annoncé vendredi la constitution au Parlement grec d'un groupe autonome nommé Union populaire. Il sera dirigé par l'ancien ministre de l'Environnement et de l'Energie Panagiotis Lafazanis, qui accuse le Premier ministre Alexis Tsipras d'avoir 'trahi' ses électeurs en 'tournant le dos' à ses promesses, en acceptant de mener la politique d'austérité imposée par les créanciers de son pays. Ce virage a précisément conduit Tsipras à remettre jeudi sa démission et celle de son gouvernement au chef de l'Etat, Prokopis Pavlopoulos. Estimant que 'le peuple doit se prononcer à nouveau', il a proposé la tenue d'élections législatives anticipées le 20 septembre. Avec, bien sûr, l'espoir de trouver une nouvelle majorité parlementaire. Car, la semaine dernière, 49 députés de Syriza, soit près d'un sur trois, se sont opposés à sa politique, en votant non ou en s'abstenant. Mais, avant cela, deux autres partis vont se voir proposer de former un gouvernement. Le chef de l'Etat a ainsi confié au dirigeant du parti d'opposition de droite Nouvelle-Démocratie (ND) Vaguélis Méïmarakis un 'mandat exploratoire', autrement dit, la mission de tenter de former une coalition. S'il échoue, ce sera au tour d'Union populaire de tenter sa chance. La plupart des observateurs de la vie politique grecque parient sur l'échec de ces tentatives. Par conséquent, sur l'organisation d'élections législatives anticipées. Celles-là même que souhaite Tsipras.
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Il y a un à peine, il était encore l'étoile montante de la politique grecque depuis que la crise a brisé le bipartisme en place depuis des décennies. Alexis Tsipras, Ingénieur civil, est né à Athènes le 28 juillet 1974. En 2009 il entre au parlement pour la première fois avec Syriza, qui obtient 4,60% des voix. Avec l'éclosion de la crise entre 2010 et 2012, il prend position contre les plans de redressement de plus en plus durs imposés par la Troïka au Grecs. Le plus jeune des hommes politiques grecs va se forger une position de faiseur de rois en prônant une autre voie que celle de l'austérité. Aux élections de mai 2012 Syriza arrive en deuxième position et force la convocation de nouvelles élections pour juin de la même année. Son score s'envole à 26,9%. Tsipras est devenu le seul politique qui réussit à redonner aux Grecs un espoir dans l'avenir. Aux élections européennes de mai, Syriza arrive en tête en Grèce avec 26,57% de voix et depuis devance systématiquement la droite au pouvoir dans les sondages. Car après des plans d'austérité draconiens, les Grecs ont perdu 40% de leurs revenus, ils subissent un chômage a 27% et leur dette pèse 177% du PIB. Le 21 janvier dernier, Alexis Tsipras devient Premier ministre. Commence alors un court règne émaillé de réalisme politique et de sempiternelles négociations à Bruxelles sur la dette. Jusqu'à ce 20 août date de sa démission.
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L'indice ATHEX s'est effondré ce matin de plus de 22 % lors de ses premiers échanges. La plus forte baisse de son histoire selon l'agence Reuters. Les valeurs bancaires étant les plus impactées avec une chute d'environ 30 %. La dernière séance de la place financière remontait au 26 juin. Depuis, le gouvernement de la gauche radicale d'Alexis Tsipras avait décrété un contrôle des capitaux et la fermeture des banques et de la bourse. Les banques ont finalement rouvert le 20 juillet dernier, mais elles restent sous pression avec le retrait de plus de 40 milliards d'euros par les Grecs depuis décembre dernier. La Grèce et ses créanciers ont conclu le 13 juillet un accord aux forceps afin de négocier un troisième plan d'aide au pays. Les discussions sont difficiles et Athènes espère finaliser un nouveau prêt de trois ans d'un montant de plus de 82 milliards d'euros.
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Il a beau garder le sourire en toutes circonstances, le Premier ministre grec Alexis Tsipras sait qu'un rendez-vous crucial l'attend ce jeudi, un de plus. Son parti de gauche radicale, Syriza se réunit en comité central et devrait décider de la tenue d'un congrès exceptionnel. Il pourrait avoir lieu début septembre avant d'éventuelles législatives anticipées à l'automne que le chef du gouvernement a évoquées ouvertement pour la première fois à la radio ce mercredi. 'Il faudra un financement suffisant pour que le programme soit effectivement crédible avec la restructuration de la dette, qui permettra à l'économie grecque de marcher, non pas nécessairement sur deux jambes, comme je l'ai dit, mais sur quatre jambes, a estimé la directrice générale du FMI Christine Lagarde. Ca comprend les réformes fiscales de structure, le financement et la restructuration de la dette.' Par ailleurs, le procureur grec a ouvert une enquête après les révélations de l'ancien ministre des finances Yanis Varoufakis qui avait préparé dans le plus grand secret un système de paiement parallèle en cas de Grexit.
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Alexis Tsipras et les leaders des principaux partis politiques grecs se sont retrouvés autour d'un déjeuner ce vendredi au palais présidentiel à Athènes. Un déjeuner organisé à l'occasion du 41ème anniversaire de la fin de la dictature des colonels. L'occasion pour le Premier ministre d'évoquer les nombreux défis qui se dressent devant lui, à commencer par la finalisation, d'ici fin août, d'un plan d'aide de 86 milliards d'euros. Le gouvernement grec doit désormais s'atteler aux réformes exigées par les créanciers et déjà votées en partie par le Parlement. ''Nous avons obtenu des réponses du Premier ministre, souligne Stavros Theodorakis, leader du parti de centre-gauche Potami. Il nous a dit qu'il ferait tout son possible pour résoudre les problèmes qui ont surgi au cours des derniers mois et pour en faire en sorte que le peuple se sente plus en sécurité.'' ''Il n'y a plus de temps pour les mensonges, indique de son côté la numéro un du Pasok, Fofi Gennimata. Il est temps de prendre des décisions difficiles. Nous n'avons pas d'autres choix que de travailler ensemble pour assurer le parcours européen de la Grèce.'' De notre correspondant à Athènes, Stamatis Giannisis : ''Bien qu'il ait obtenu le soutien des principaux partis de l'opposition au Parlement, Alexis Tsipras se retrouve dans une situation délicate, plusieurs députés de sa formation Syriza ayant voté contre les réformes exigées par les créanciers. Le Premier ministre est confronté désormais au risque de mener un gouvernement minoritaire jusqu'à la fin de son mandat. Une perspective qui, pour beaucoup à Athènes, pourrait l'inciter à appeler à des élections anticipées à l'automne.''
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Le parlement grec vient d'adopter un nouveau paquet de réformes. Les négociations pour un 3ème plan de sauvetage vont pouvoir démarrer. Analyse avec André Sapir de l'Institut Bruegel... - Euronews : 'André Sapir, bienvenue sur Euronews. Le parlement grec vient de voter un nouveau paquet de réformes, quel impact est-ce que ça aura en Europe?' - André Sapir : 'Avec l'adoption des premières réformes la semaine dernière, ça signifie que les négociations entre la Grèce et ses créanciers peuvent commencer et, on l'espère, aboutir d'ici fin août.' - Euronews : 'Les mesures les plus douloureuses sont encore à venir. M. Tsipras a-t-il une majorité suffisante avec lui?' - André Sapir : 'Eh bien, on verra ce qui sortira des négociations. Il est vrai que la Grèce et quelques pays créanciers devront faire approuver l'accord par leurs parlements en septembre. J'espère que l'accord sera équilibré. On verra ce que les créanciers exigent en termes de mesures d'austérité mais aussi ce qu'ils proposent pour aider la croissance. Et puis, à un moment, il faudra discuter de l'allègement du poids de la dette grecque.' - Euronews : 'Les citoyens et le gouvernement grec ne veulent pas de ce paquet de réformes. Dans ces conditions, quelles sont les chances de succès?' - André Sapir : 'Il est vrai que le Premier ministre a répété devant le parlement qu'il ne croyait pas en ces mesures. Mais je pense que ces réformes peuvent être bonnes. Il y a des mesures que la Grèce doit absolument mettre en place si elle veut rester membre de la zone Euro. Il n'y a pas de doute là-dessus. Le fonctionnement du gouvernement doit être réformé et le système fiscal doit être modernisé. Le système des pensions doit aussi être revu. Mais à ce stade, la Grèce n'a surtout pas besoin de nouvelles mesures d'austérité. Donc, et c'est la partie la plus ardue, l'accord devra permettre de d'étaler ces réformes dans le temps, sans compromettre une reprise de la croissance en Grèce. Si ce n'est pas le cas, alors je pense que l'accord sera rejeté par le parlement et ce sera très grave pour la Grèce.'

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