Des proches du ministre délégué aux Anciens combattants sont actuellement dans le viseur de la justice, soupçonnés d’avoir été favorisés par le Conseil régional de Midi-Pyrénées lors de l’attribution de marchés publics.

La majorité vit actuellement des heures difficiles au lendemain du remaniement et à l’aube du vote de confiance au-dessus duquel plane le spectre d’une dissolution. En effet, les membres de la nouvelle équipe gouvernementale ne font pas l’unanimité, des frondeurs menacent de s’abstenir de voter leur confiance à Manuel Valls le 16 septembre prochain et un secrétaire d’Etat a été contraint de démissionner après que l’on a découvert qu’il n’avait pas payé ses impôts pendant trois ans. Aussi, les accusations portées par deux élus UMP au Conseil régional de Midi-Pyrénées à l'encontre de proches du ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif, promettent de ne rien arranger.

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Les autres entrepreneurs "étaient systématiquement écartés"Selon Elisabeth Pouchelon et Vincent Terrail-Novès, cités par le Canard Enchaîné de cette semaine, deux sociétés appartenant toutes deux à des proches parents de Kader Arif auraient été favorisées lors de l’attribution de marchés par le Conseil de région dirigé par le socialiste Martin Malvy et ce, depuis 2008. En six ans, ces deux sociétés spécialisées dans la sonorisation (AWF musique) et l’éclairage d’évènements publics (AWF) auraient ainsi empoché près de 2 millions d’euros grâce à des contrats passés avec la région. Toujours selon les deux élus de l’opposition, en 2010 AWF musique aurait même décroché un contrat de quatre ans avec la région. "Chaque fois que la région Midi-Pyrénées a besoin de lumières et de sono pour ses sauteries, elle passe une commande à AWF", résume par ailleurs le Canard Enchaîné. Et l’élue UMP d’ajouter : "Des entrepreneurs de la région qui travaillent dans le domaine de l’évènementiel nous ont alerté sur le fait qu’ils en concourraient plus aux appels d’offre de la région dans ce domaine, parce qu’ils étaient systématiquement écartés".

 Une enquête préliminaire a été ouverteAutant d’éléments qui ont poussé Elisabeth Pouchelon et Vincent Terrail-Novès à déposer un "signalement" lundi auprès du Conseil régional pour "anomalies dans les relations contractuelles existant entre la région et certaines sociétés". Une enquête préliminaire a ensuite été ouverte pour faire la lumière sur cette affaire et vérifier si les allégations des deux élus de l’opposition sont fondées ou non. "On a une dénonciation circonstanciée de certains faits. J’ai le devoir de vérifier que qu’il en est", a indiqué le procureur Michel Vallet.

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"La transparence est totale"De son côté, le Conseil régional a tenu à réagir dans un communiqué. "Que la société (…) soit dirigée par le parent d’un membre du gouvernement n’est en rien répréhensible puisqu’aucun membre du gouvernement n’est intervenu ni directement ni indirectement pour favoriser l’attribution d’un marché qui concerne la région et elle seule", a-t-il d’abord fait valoir. Avant de poursuivre : "Les marchés qui lui ont été attribués l’ont été au terme d’appels d’offres qui ont fait l’objet de larges publications d’appels à la concurrence. Ils l’ont été par la Commission d’appel d’offres dont la composition comprend des élu de l’opposition régionale (…) La transparence est totale".

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