Alors que la banque HSBC est dans le collimateur de la justice pour démarchage illicite et blanchiment de fraude fiscale, l’ex-ministre du Budget est accusé d’avoir été informé de ces activités mais de ne pas y avoir donné suite.

Alors que la banque HSBC est visée, depuis le 23 avril, par une information judiciaire pour démarchage bancaire illicite et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, Jérôme Cahuzac est de nouveau pointé du doigt : selon Mediapart, l’ex-ministre, qui était alors président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, aurait reçu en 2010 des informations compromettantes sur les activités illicites de la banque mais n’aurait pas donné suite.

Selon Mediapart, sa fonction accordait pourtant à Jérôme Cahuzac de « larges pouvoirs d’enquêtes parlementaires », mais « il n’a pas utilisé ces informations ». Le site d’information rapporte qu’Arnaud Montebourg lui avait, en 2010, transmis un procès-verbal de 25 pages sur les activités de la banque. Un courrier, semble-t-il, qui est resté lettre morte pour des raisons d’ordre personnel. D’après Mediapart, le frère de Jérôme Cahuzac, Antoine Cahuzac, était alors l’un des « principaux dirigeants de la HSBC Private Bank France ».

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Soupçonnée d’avoir démarché de riches Français et de les avoir convaincus d’ouvrir un compte en banque chez eux, en Suisse, HSBC est aujourd’hui dans le viseur de la justice. Une liste de 3 000 personnes a pu être établie. L’enquête devra déterminer dans quelles conditions ces comptes ont été ouverts, et s’ils ont servi, ou non, à dissimuler de l’argent aux yeux du fisc français. Jérôme Cahuzac a-t-il tenté de protéger son frère ? Cash Investigation, un reportage sur les évadés fiscaux diffusé ce mardi soir sur France 2, revient également sur cette affaire.  

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